Larcher : « Un gouvernement qui ne rend pas de comptes est un gouvernement contestable »
« Le Sénat a des propositions solides à faire. Je crois qu’il sera au rendez-vous » de la révision constitutionnelle, prévient Gérard Larcher, à la veille d’un discours d’Emmanuel Macron pour les 60 ans de la Constitution de la Ve République.

Larcher : « Un gouvernement qui ne rend pas de comptes est un gouvernement contestable »

« Le Sénat a des propositions solides à faire. Je crois qu’il sera au rendez-vous » de la révision constitutionnelle, prévient Gérard Larcher, à la veille d’un discours d’Emmanuel Macron pour les 60 ans de la Constitution de la Ve République.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

A la veille du 60e anniversaire de la Ve République, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, a rendu hommage au texte de 1958 dans l’hémicycle. Il en a profité pour rappeler ses exigences en matière de révision constitutionnelle. Le discours d’Emmanuel Macron ce jeudi au Conseil constitutionnel est attendu sur le sujet.

Avant que les discussions reprennent début janvier à l’Assemblée, le président de la Haute assemblée envoie un message clair au chef de l’Etat : « Renforcer les prérogatives du Parlement est en réalité indispensable à notre démocratie. Un gouvernement qui ne rend pas de comptes aux représentants du peuple, un gouvernement qui n’est pas régulé dans sa production législative est un gouvernement contestable » (voir la vidéo ci-dessus). Gérard Larcher ajoute :

« Montesquieu l’exprimait, pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut, par la disposition des choses, que le pouvoir arrête le pouvoir ».

Traduction : le Parlement, et en l’occurrence le Sénat, doit pouvoir jouer le rôle de contre-pouvoir face à un exécutif tout puissant. La majorité sénatoriale LR-UDI cherche à endosser – s’arroger, diraient certains – ce rôle face à la majorité présidentielle. S’il est limité sur le plan législatif, la Constitution donnant aux députés le dernier mot pour le vote de la loi, la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla a en revanche renforcé le Sénat, autant dans son image que politiquement. L’époque du Sénat bashing, sous François Hollande, semble loin.

« La révision constitutionnelle devra s’inscrire dans la continuité de celle de 2008 »

Gérard Larcher dessine ce que serait, à ses yeux, la réforme rêvée. « La révision constitutionnelle devra s’inscrire dans la continuité de celle de 2008 (initiée par Nicolas Sarkozy, ndlr). Elle doit avoir pour objet de mieux faire la loi, de réconcilier nos compatriotes avec les parlementaires et assurer la représentation des territoires ». « Le Sénat a des propositions solides à faire. Je crois qu’ils sera au rendez-vous » insiste le sénateur des Yvelines.

Larcher : "Le dialogue bicaméral, la navette parlementaire, comme la Commission mixte paritaire, sont des conditions de la qualité de la loi"
02:35

Alors que dans son projet, l’exécutif veut simplifier le processus législatif, au détriment du Sénat en cas de désaccord entre députés et sénateurs, il rappelle que « le dialogue bicaméral et la navette parlementaire, à laquelle je suis attaché, comme la CMP (commission mixte paritaire), sont des conditions de la qualité de la loi » (voir la vidéo ci-dessus). Autre condition que Gérard Larcher répète depuis des mois : la défense des territoires ruraux. Il souhaite a minima un sénateur par département. « Au prétexte de réduction du nombre de parlementaires, on ne doit pas condamner au quasi silence certains territoires de notre pays au prétexte que leur démographie serait plus faible ». Applaudissements nourris des sénateurs.

Les futures discussions sur le niveau précis de la réduction du nombre de parlementaires, que Gérard Larcher souhaite limiter, devrait être sympathiques… Pour les sénateurs, Gérard Larcher fixe le bon niveau autour de 270 sénateurs, voire 280, plutôt que les 240 prévus par la réforme. Même pour les grands débats, le diable se niche dans les détails.

Partager cet article

Dans la même thématique

Larcher : « Un gouvernement qui ne rend pas de comptes est un gouvernement contestable »
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le