Larcher veut rouvrir le débat sur le non-cumul des mandats et tend la main à Macron sur les collectivités
Le non-cumul des mandats « est un sujet qui mérite d’être interrogé à nouveau » affirme Gérard Larcher, qui appelle Emmanuel Macron à « travailler ensemble », notamment sur les collectivités. Mardi, le chef de l’Etat a ouvert la porte à un ajustement du non-cumul pour les petites collectivités.

Larcher veut rouvrir le débat sur le non-cumul des mandats et tend la main à Macron sur les collectivités

Le non-cumul des mandats « est un sujet qui mérite d’être interrogé à nouveau » affirme Gérard Larcher, qui appelle Emmanuel Macron à « travailler ensemble », notamment sur les collectivités. Mardi, le chef de l’Etat a ouvert la porte à un ajustement du non-cumul pour les petites collectivités.
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Le chaud et le froid. Les relations entre Emmanuel Macron et le Sénat, ou plutôt Gérard Larcher, semblent connaître des hauts et des bas. Parfois en même temps. Le dimanche, dans sa lettre aux Français, le chef de l’Etat évoque la transformation du Sénat, sans en prévenir le président du Sénat. La pique est vécue comme une provocation par les sénateurs. Le mardi, le même s’appuie sur les travaux des sénateurs sur la loi NOTRe et salue leur apport sur le statut de l’élu.

Entre les deux, lundi, Gérard Larcher a eu une explication franche, les yeux dans les yeux, avec Emmanuel Macron. Le deuxième personnage de l’Etat a demandé au premier s’il voulait la peau de la Haute assemblée. Le chef de l’Etat lui a répondu que non. « Il n’est pas question de fusion dans ma tête entre le Conseil économique social et environnemental et le Sénat » lui a assuré Emmanuel Macron, raconte ce jeudi 17 janvier Gérard Larcher, lors de sa conférence de presse devant la presse parlementaire (voir notre article). De toute façon, le Sénat, dont l’aval est nécessaire au nom de l’article 89 de la Constitution, s’y opposerait, a prévenu Gérard Larcher.

Point de crispation sur le Sénat évacué

Ce (gros) point de crispation évacué, les deux hommes semblent pouvoir être en mesure de trouver un terrain de rapprochement sur la question des collectivités et des élus. Ça tombe bien, Gérard Larcher est leur premier défenseur et Emmanuel Macron cherche à retrouver leur appui. Ils ont abordé ce sujet, aussi, lundi. Il n’a pas échappé à Gérard Larcher qu’en lançant le grand débat, Emmanuel Macron s’est dit « prêt à ajuster de manière pragmatique la loi NOTRe. C’est tout simple, c’est la proposition de loi Darnaud et la proposition de loi Gatel », souligne le sénateur des Yvelines. Il ajoute :

« Si on essayait de travailler ensemble ? Je crois que la situation nous amène à la nécessité de travailler ensemble sur un certain nombre de sujets. Et ce n’est pas un alignement ou la vexation de quiconque. Mais travailler ensemble pour écouter et essayer de dire ensemble le bien commun, ça doit être notre rôle ».

Gérard Larcher retrouve finalement ici le ton qu’il avait, après l’élection présidentielle, quand il défendait un Sénat « constructif » avec le pouvoir.

Larcher pointe l’« erreur majeure » de la loi sur le non-cumul des mandats

« Content qu’(Emmanuel Macron) renoue avec les territoires » en allant rencontrer 600 maires, dans l’Eure, mardi, Gérard Larcher l’encourage à faire un pas supplémentaire vers les élus. Comment ? En revenant sur la loi sur le non-cumul des mandats, adoptée sous François Hollande. Une majorité de sénateurs s’était battue bec et ongles contre la réforme en 2013. Lors du passage du texte au Sénat, ils s’étaient exclus de son application.

« Il y a une question née d’une erreur majeure, qui était très à la mode il y a 6 ans. L’idée que quelqu’un qui détient un mandat exécutif territorial ne puisse pas être parlementaire. Cela est en train de construire une déconnexion. Et c’est un sujet qui mérite d’être interrogé à nouveau. Ça c’est un sujet » selon Gérard Larcher.

Macron n’a « pas de tabou » sur le non-cumul

Il a « échangé avec le Président » de la question, lors de leur dernière entrevue. Emmanuel Macron sera-t-il prêt à suivre ? Il semble que le chef de l’Etat a eu une oreille attentive. Interrogé mardi par un maire sur le sujet, il a ouvert la porte à un ajustement sur le non-cumul pour les petites collectivités.

« Sur le cumul des mandats, je vous ai entendu. Ce n’est pas à la mode ce que vous avez dit. Mais je ne vais pas reprocher aux gens de dire des choses pas à la mode. Ça doit être mis au débat » a soutenu Emmanuel Macron. Si le cumul « permettait de bien faire à peu près aucune chose », le Président s’est dit « assez partisan de redonner du temps au législateur pour aller sur le terrain. Faut-il en même temps lui permettre de réavoir des mandats locaux, en tout cas dans une certaine proportion, sans être dans des exécutifs de premier plan ? Peut-être. C’est à vous et aux parlementaires d’avoir ce débat ». Il ajoute : « Il n’y a pas de tabou sur ce sujet non plus. Il faut trouver les moyens pour que notre démocratie respire comme il se doit » (voir la vidéo ci-dessous). Pour Emmanuel Macron, comme pour Gérard Larcher, cela passe notamment par les élus.

Emmanuel Macron n’a « pas de tabou » sur le non-cumul des mandats
02:32

Bruno Retailleau pointe le « double discours » d’Emmanuel Macron

Face à ces mouvements contraires, lancés à l’égard du Sénat par le chef de l’Etat, Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, reste pour sa part prudent. « Je ne sais pas si sa parole est sincère au moment où il la prononce » glisse le sénateur de Vendée, après la conférence de presse de Gérard Larcher. « Il a un double discours sur la représentation des élus et le Sénat » ajoute Bruno Retailleau, qui s’interroge : « Que veut-il ? » Peut-être une question pour le grand débat.

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