Malgré les lignes rouges fixées par Emmanuel Macron, qui refuse de voir des membres de l’extrême droite ou de l’extrême gauche participer à un éventuel pacte de gouvernement, le député Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons et soutien de la majorité, estime que la recomposition parlementaire impose de « parler » avec l’ensemble des forces en présence pour pouvoir légiférer.
Laurent Marcangeli (Horizons) : « On peut avoir des amendements portés par le RN qui peuvent améliorer la loi »
Malgré les lignes rouges fixées par Emmanuel Macron, qui refuse de voir des membres de l’extrême droite ou de l’extrême gauche participer à un éventuel pacte de gouvernement, le député Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons et soutien de la majorité, estime que la recomposition parlementaire impose de « parler » avec l’ensemble des forces en présence pour pouvoir légiférer.
Par Public Sénat
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La première ministre Élisabeth Borne poursuit ses consultations auprès des oppositions, afin de déterminer si la formation d’un gouvernement de coalition reste possible, ou du moins identifier les points sur lesquels Emmanuel Macron pourra dégager des majorités de circonstance. « S’il veut que les textes passent, le gouvernement va devoir avoir une nouvelle méthode pour préparer la loi. Je crois que la Première ministre l’a bien compris : être plus à l’écoute et dans la co-construction. Les Français ont décidé de nous le faire faire à marche forcée », relève au micro de « Bonjour chez vous », sur Public Sénat, le député Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons, le parti d’Edouard Philippe, à l’Assemblée nationale, composante de la majorité présidentielle. « Je le dis à mon groupe : nous devons tenir compte de ce que les Français ont dit et nous ne devons pas avoir une attitude de dédain vis-à-vis des oppositions. Je serai un président de groupe qui tendra la main aux autres groupes pour essayer de construire. Parler est nécessaire », enjoint-il.
« Il va falloir être pragmatique, sortir des postures idéologiques »
Emmanuel Macron a fixé une ligne rouge à sa cheffe de gouvernement : pas de main tendue aux membres des extrêmes. Le chef de l’Etat n’envisage pas de laisser rentrer dans le « gouvernement d’action » qu’il veut mettre en place début juillet des membres de La France insoumise ou du Rassemblement national. Mais sur les bancs de l’hémicycle, la frontière pourrait se révéler bien plus ténue. « Il y aura peut-être des amendements de bon sens qui viendront de la Nupes et j’irai même jusqu’à dire que, sur certains textes, on peut avoir des amendements portés par le RN qui peuvent améliorer la loi », lâche Laurent Marcangeli. « Il va falloir être pragmatique, sortir des postures idéologiques et que l’on se dise que le confort de la majorité absolue n’est pas acquis et, à mon avis, ne sera pas acquis durant cette mandature », ajoute celui qui est encore, pour quelques jours, maire d’Ajaccio.
Première séance, premières polémiques
Il fustige également l’attitude du LFI Louis Boyard, deuxième plus jeune député de la nouvelle assemblée et qui, à ce titre, a été choisi comme secrétaire du Bureau pour la séance d’ouverture de la législature. Le jeune élu a ostensiblement refusé de serrer la main des députés RN montés à la tribune pour participer à l’élection du président de l’Assemblée nationale. « Je n’aime pas ça. Ne pas serrer la main de quelqu’un dans une institution où nous sommes tous égaux, parce que nous représentons tous une part de la souveraineté populaire à travers le vote, n’est pas ma manière de concevoir la vie politique. On peut combattre quelqu’un mais quand même lui serrer la main », estime Laurent Marcangeli.
En revanche, notre invité tient à minimiser la polémique autour des propos sur l’Algérie tenus par le doyen de l’Assemblée nationale, José Gonzalez, qui présidait la première séance. Evoquant sa jeunesse en Algérie française dans les années 1940 et 1950, ce dernier a notamment déclaré : « J’ai laissé là-bas une partie de ma France ». « J’ai trouvé le discours de José Gonzalez plutôt sobre. Il n’a pas profité de la tribune pour partir dans de mauvais chemins », balaye Laurent Marcangeli. « Il a parlé de lui, ce n’est pas scandaleux ».
Élisabeth Borne va-t-elle demander un vote de confiance ?
Prochaine étape du calendrier parlementaire : le discours de politique générale d’Élisabeth Borne, mardi 5 juillet. Le décret publié au Journal officiel ce mercredi, ne précise pas si la locataire de Matignon demandera, ou non, le vote de confiance aux députés. Quelques Premiers ministres, dont Michel Rocard, s’y sont soustraits par le passé. « Je lui ai dit qu’il était préférable d’aller chercher le vote de confiance », confie Laurent Marcangeli qui s’est entretenu lundi avec la Première ministre. « Des motions de censure pourront toujours être déposées, et le débat aura quand même lieu sur un vote de confiance au gouvernement », relève-t-il.
En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.
Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.
La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.
Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.