Laurent Nuñez pressenti à la préfecture de police de Paris : « Un grand fonctionnaire, qui connaît la maison »
La nomination de Laurent Nuñez à la préfecture de police de Paris pourrait être annoncée en Conseil des ministres mercredi, selon une information de BFMTV. L’ancien secrétaire d’Etat prendrait ainsi la suite de Didier Lallement, arrivé en 2019, et dont le départ est attendu depuis plusieurs semaines.

Laurent Nuñez pressenti à la préfecture de police de Paris : « Un grand fonctionnaire, qui connaît la maison »

La nomination de Laurent Nuñez à la préfecture de police de Paris pourrait être annoncée en Conseil des ministres mercredi, selon une information de BFMTV. L’ancien secrétaire d’Etat prendrait ainsi la suite de Didier Lallement, arrivé en 2019, et dont le départ est attendu depuis plusieurs semaines.
Romain David

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Laurent Nuñez devrait être nommé préfet de police de la ville de Paris, en remplacement de Didier Lallement, à l'issue du prochain Conseil des ministres mercredi. L’ancien secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, durant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, a été choisi pour prendre la tête des services de sécurité et de protection de la capitale et des trois départements de la petite couronne, les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93) et le Val-de-Marne (94), selon une information de BFMTV. De son côté, Didier Lallement quittera ses fonctions après trois ans passés à ce poste. À plus de 65 ans, il a dépassé la limite d’âge au sein du corps préfectoral.

Réputé pour être un homme de dialogue, « adepte du travail collectif » selon Le Monde, Laurent Nuñez pourrait marquer dans sa façon de faire une nette rupture avec le style très martial de Didier Lallement. Régulièrement critiqué par les oppositions, l’actuel préfet de police avait été nommé en pleine crise des « Gilets Jaunes », suite au limogeage de son prédécesseur, Michel Delpuech. Son départ intervient moins de deux mois après le fiasco de la finale de la Ligue des Champions au Stade de France, entachée par de nombreuses scènes de violences.

« Retrouver un préfet de police respectueux des citoyens et des élus »

Du côté de la mairie de Paris, cette nomination est accueillie non sans un certain soulagement, tant les relations entre le préfet et la majorité municipale étaient devenues exécrables au fil des mois. « Laurent Nuñez est un grand fonctionnaire, qui connaît la maison. Il saura revenir à une conception républicaine de la fonction », estime auprès de Public Sénat le sénateur PS de Paris Rémi Féraud, proche d’Anne Hidalgo et président du groupe « Paris en commun » au Conseil de la ville. « Didier Lallement a été nommé par un pouvoir qui avait peur de la rue. Il faut à présent retrouver un préfet de police respectueux des citoyens et des élus. J’espère que c’est une page qui se tourne. »

Ancien bras droit de Christophe Castaner

À 58 ans, Laurent Nuñez, ancien énarque, a effectué l’essentiel de sa carrière au ministère de l’Intérieur où il est nommé administrateur civil à la Direction des collectivités territoriales en 1999. Sous François Hollande, il a travaillé en tant que directeur de cabinet pour Michel Cadot, alors préfet de Police de Paris, avant d’être lui-même nommé en 2015 préfet de police des Bouches-du-Rhône. Un an plus tard, une charge de police visant à déloger les opposants à la loi Travail qui occupaient la raffinerie de Fos-sur-Mer fait polémique. Laurent Nuñez se défend en invoquant une intervention « inévitable ».

Éphémère directeur général de la sécurité intérieure, c’est-à-dire des renseignements intérieurs français, de 2017 à 2018, Laurent Nuñez est ensuite appelé pour épauler Christophe Castaner au ministère de l’Intérieur, sous le deuxième gouvernement d’Edouard Philippe. Sa connaissance du renseignement et de la police en fait la personne toute désignée pour assurer la bonne coordination des différentes forces de sécurité chapeautées par la place Beauvau, dans un contexte de crise sociale et de forte menace terroriste. Il quitte le gouvernement après l’arrivée de Jean Castex à Matignon et le remaniement de juillet 2020. Depuis tout juste deux ans, il était en charge de piloter la coordination du renseignement et de la lutte contre le terrorisme.

Son parcours apparaît quelque peu hétéroclite aux yeux du sénateur de Paris Philippe Dominati (apparenté LR) : « Il est plutôt d’usage de faire ses preuves dans un corps de la fonction publique avant de devenir ministre. Laurent Nuñez a fait le chemin inverse. Je ne peux que lui souhaiter de réussir », commente l’élu, qui décrit l’ancien secrétaire d’Etat comme un « homme convivial, agréable et à l’écoute des gens ». Mais, ajoute-t-il, « qui change de poste tous les deux ans. Dans ces conditions, nous n’avons jamais pu contrôler son action, ni vérifier son retour d’expérience. »

Le dossier olympique

À Paris, Laurent Nuñez aura à gérer un chantier inédit : la sécurisation des Jeux Olympiques 2024, avec des épreuves sportives prévues en ville et en périphérie, et surtout une cérémonie d’ouverture qui s’annonce hors normes puisqu’elle se déroulera sur la Seine, le long d’un parcours de 6 km. Il pourrait servir de cheville ouvrière entre l’exécutif et la ville de Paris, dont les relations ont parfois été tendues au cours des cinq années écoulées. « Bien sûr, c’est un dossier extrêmement important, et qui nécessite un travail partenarial de qualité. De ce point de vue-là, un changement de préfet était devenu nécessaire. On ne peut que s’en réjouir », commente Rémi Féraud.

« Les Parisiens se moquent un peu des JO », objecte Philippe Dominati. « Pour l’heure, ils n’en voient que les travaux, et redoutent de payer pour une addition qui ne les concerne pas vraiment. En revanche, vous avez des crimes qui sont commis tous les jours dans les rues de Paris, même dans les arrondissements les plus bourgeois. Nous verrons comment Laurent Nuñez s’attaque à ce problème. »

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