Laurent Wauquiez renonce à briguer la tête de LR : « Les choses sont claires, il annonce sa candidature pour 2027 »

Laurent Wauquiez renonce à briguer la tête de LR : « Les choses sont claires, il annonce sa candidature pour 2027 »

Le président de la région Auvergne Rhône-Alpes, perçu comme l’un des principaux favoris pour reprendre les rênes des Républicains après le départ de Christian Jacob, a fait savoir dimanche qu’il ne serait pas candidat à la présidence du parti. Il explique en revanche vouloir se concentrer sur l’échéance de 2027.
Romain David

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Dans un long, très long post publié sur Facebook, le président de la région Auvergne Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a indiqué dimanche qu’il ne briguerait pas la présidence des Républicains. Il dit toutefois vouloir « consacrer toute son énergie à [la] refondation à laquelle aspire notre pays » avant le « rendez-vous du grand choix démocratique de 2027 », laissant ainsi la porte ouverte à une éventuelle candidature pour la prochaine élection présidentielle.

Trois ans après avoir quitté la tête du parti, qu’il a dirigé de 2017 à 2019, Laurent Wauquiez faisait à nouveau figure de favori pour prendre la suite de Christian Jacob, qui a quitté la direction de LR le 30 juin dernier, après les législatives. L’ancien ministre de Jacques Chirac avait d’ailleurs estimé auprès du Figaro que Laurent Wauquiez « rassemblait toutes les qualités » pour prendre sa suite. Ces derniers jours, c’est le président du groupe LR au Sénat, l’ex-filloniste Bruno Retailleau, qui militait activement pour que l’ancien maire du Puy-en-Velay reprenne le flambeau. « Laurent Wauquiez a le bon profil. Il est très attendu. S’il faisait un pas de côté, la déception serait très grande. Je veux croire qu’il prendra cette responsabilité », expliquait-il encore dans un entretien publié dimanche par le JDD.

Faire de la politique autrement

Peine perdue. « Aujourd’hui, après avoir beaucoup réfléchi, j’ai décidé de ne pas être candidat à la présidence des Républicains », indique Laurent Wauquiez sur sa page Facebook. L’ancien ministre de François Fillon explique vouloir se consacrer à l’élaboration d’un projet politique qui implique de prendre ses distances avec les batailles politiciennes. « Ce choix, je le fais parce que je crois qu’il faut consacrer toute son énergie à cette refondation à laquelle aspire notre pays. Une telle exigence ne supporte aucune dispersion », explique-t-il, fustigeant « le jeu des petites phrases et des polémiques stériles ».

« L’alternative que nous devons construire doit dépasser les questions d’appareils, travailler avec des personnalités aux parcours différents, frotter sa cervelle avec tous ceux qui voudront aller chercher ce sursaut, d’où qu’ils viennent », développe encore Laurent Wauquiez, et d’ajouter : « J’ai la conviction que c’est le seul chemin qui permettra d’être au rendez-vous du grand choix démocratique de 2027 ».

« Laurent Wauquiez fait le choix de la liberté »

« Les choses sont claires : il annonce sa candidature pour la prochaine présidentielle », réagit auprès de Public Sénat le sénateur LR de Haute-Loire, Laurent Duplomb. « Vouloir parler directement aux Français est un très bon principe, il pourra repartir de la base sans avoir à souffrir du carcan du parti. Prendre la tête de LR, c’était perdre du temps pour le reste. Maintenant, il peut mettre en avant ce qu’il a conduit à l’échelle de sa région, et construire une candidature », décrypte l’élu.

« On savait qu’il était hésitant », relève la sénatrice Valérie Boyer. « Son message est réfléchi, plein d’apathie. Il dresse un bilan, mais ce qu’il ne dit pas, c’est que le parti l’a maltraité. Les instances dirigeantes ne ressemblent pas toujours à ce que pense la base militante, ni même la majorité des Français. Même si je pense qu’il est important d’avoir une base, une structure historique comme cadre de travail au service d’un projet, Laurent Wauquiez fait le choix de la liberté », glisse-t-elle. Une manière de rappeler que le départ de Laurent Wauquiez en 2019, après l’échec de la droite aux élections européennes, s’est aussi fait sous la pression de nombreuses personnalités politiques.

« Voire démissionner quelqu’un qui a d’énormes qualités m’a posée problème », confie Pascale Gruny, la vice-présidente LR du Sénat. « Malgré tout, je préfère qu’il ne reprenne pas la présidence du parti. Les élections européennes de 2024 arrivent, et cela reste un sujet. En revanche, je souhaite qu’il puisse occuper des fonctions actives au sein de la direction. »

Le bal des prétendants

Une défection au service d’une ambition personnelle, en résumé, et qui ouvre le champ des possibles à la tête du parti. De nombreux noms circulent pour briguer la présidence : celui du député du Lot Aurélien Pradié, actuel numéro deux du parti et chef de file de la jeune garde ; du député des Alpes-Maritimes et finaliste du congrès de décembre, Éric Ciotti, ou encore du président de l’influente Association des maires de France, David Lisnard. « On nous dit pliés de toute part. En vérité, notre problème ce n’est pas le manque d’idées mais le manque d’incarnation », soupire Valérie Boyer. Plusieurs élus évoquent également Bruno Retailleau et Rachida Dati parmi les personnalités susceptibles d’avoir les épaules assez larges pour reprendre en main un parti qui n’en finit plus de mourir et attend l’heure du sursaut. « Tout cela pourrait aussi donner des idées à Annie Genevard, qui assure l’intérim de Christian Jacob », ajoute une parlementaire de droite, échaudée par les années que Laurent Wauquiez a passées à la tête du parti. « C’est une personnalité consensuelle sur tous les sujets. Mais est-ce qu’elle aura l’autorité pour tenir tête aux barons ? », interroge-t-elle.

Pourtant, les soutiens du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes veulent croire que sa démarche servira aussi les intérêts de la droite. Pour Laurent Duplomb, Laurent Wauquiez n’abandonne pas la droite mais lui adresse « un électrochoc » : « Ce qu’il nous dit, c’est que la seule chose qui devrait nous occuper, plutôt que de savoir s’il faut tendre la main ou non à Emmanuel Macron, c’est de préparer une candidature pour 2027. » Valérie Boyer, de son côté, imagine déjà un retour en grâce : « On peut très bien avoir une personnalité qui s’impose à côté du parti. En 2012, François Fillon avait eu une démarche similaire à la sienne, et ça lui a plutôt réussi. Quatre ans plus tard, il a gagné la primaire haut la main, même s’il était soutenu par très peu de personnalités. » Et de conclure : « Laurent Wauquiez est là pour relever la France, pas le parti ! »

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