Le blues des maires « Je suis parti à leur rencontre pendant un mois »
Agression, crise des « gilets jaunes », les maires ont été malmenés cette année. Prévu de longue date, le texte qui réforme le statut de l'élu qui vient d’être voté Sénat a permis au gouvernement de répondre à une partie de leur demande. Sont-ils satisfaits des mesures prises ? Correspondent-elles à leurs attentes ? Pendant un mois Jérôme Rabier, a sillonné les routes de France à leur rencontre.

Le blues des maires « Je suis parti à leur rencontre pendant un mois »

Agression, crise des « gilets jaunes », les maires ont été malmenés cette année. Prévu de longue date, le texte qui réforme le statut de l'élu qui vient d’être voté Sénat a permis au gouvernement de répondre à une partie de leur demande. Sont-ils satisfaits des mesures prises ? Correspondent-elles à leurs attentes ? Pendant un mois Jérôme Rabier, a sillonné les routes de France à leur rencontre.
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Pourquoi souhaitiez-vous réaliser un documentaire sur les maires de France ?

Jérôme Rabier : Cette année a été chargée pour les élus locaux. D'abord très sollicités lors du mouvement des Gilets Jaunes, les maires de France ont ensuite participé au grand débat avec le président de la République. À cela s'est aussi rajoutée la mort de Jean Michel, maire de Signes (Var), renversé par un fourgon le 5 août dernier, ainsi qu’une série d’agressions commises sur des élus durant l’été. Ces événements ont remis sur le devant de la scène la sensation d’impuissance que ressentent les maires de France. Mais le projet de loi « engagement et proximité » voté par le Sénat mardi dernier est en quelque sorte l'aboutissement du grand débat entre Emmanuel Macron et les maires, dont l’objectif est de répondre aux problèmes que rencontrent les élus. Donc je suis parti à leur rencontre pendant un mois.

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« Ce projet de loi n’est pas le grand soir du statut de l’élu. Ce sont plusieurs dispositions pratiques pour faciliter l'exercice de leur mandat ».

Que va changer le projet de loi « engagement et proximité » ?

J.-R. Ce projet de loi n’est pas le grand soir du statut de l’élu. Ce sont plusieurs dispositions pratiques pour faciliter l'exercice de leur mandat. Cela passe par exemple par la possibilité de faire fermer un établissement bruyant ou d’être en mesure d’établir des amendes administratives. C’est aussi garantir la protection juridique des élus lorsqu’ils se font agresser, en leur payant les frais d’avocats lorsqu’ils sont à la tête d’une commune de moins de 3 500 habitants. Ce texte va également instaurer une formation pour les nouveaux élus qui ne connaissent rien du fonctionnement et du rôle de maire. Les heures de garde des enfants seront aussi prises en charge lorsque l’élu est retenu pour l’exercice de ses fonctions. Cela va leur permettre de mieux concilier leur vie professionnelle, personnelle et vie d’élu. Mises bout à bout, ces dispositions donnent aux maires la capacité d’exercer leur mandat.

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« Mises bout à bout ces dispositions donnent aux maires la capacité d’exercer leur mandat ».

Ce texte satisfait-il les maires ?

J.-R. Je dirais que les maires ne sont pas dupes. Pour beaucoup, ce texte n’a que pour but de retisser des liens entre le gouvernement et les élus locaux. Depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, ils ne se sentent pas considérés, puis il y a eu l’épisode #balancetonmaire qui n’a pas arrangé les choses… Le projet de loi est la suite logique de la main tendue par le président de la République lors du grand débat, en vue des élections municipales. Ils reconnaissent néanmoins qu’avec ces propositions les choses vont avancer.

« 80 % du projet émane de propositions faites par le Sénat. Elles restaient cependant lettre morte faute d'une adoption par l'Assemblée nationale ».

Maire est "un statut envié quand on ne le connait pas"
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Comment est construit le documentaire « Le blues des maires » ?

J.-R. J’ai souhaité dès le début du documentaire, rentrer dans le vif du sujet à travers le témoignage de Jean-Pierre Muselier, le maire de Saint-Myon (Puy-de-Dôme) agressé au couteau quelques jours après le décès du maire de Signes. Il revient sur leur rôle d’officier de police judiciaire et souligne notamment le manque de moyens physiques et financiers pour l'assumer. J’ai ensuite filmé la journée type du maire de Castanet Tolosan (Haute-Garonne) et suivi la formation sur les finances des collectivités avec trois élues qui aspirent à devenir maire. Tout au long de ce magazine, Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales, intervient. Il ponctue le reportage fort de son expérience de maire. À travers lui, le gouvernement a entendu une réalité qui ne l’a pas été pendant longtemps même s'il assume que 80 % du projet émane de propositions faites par le Sénat. Elles restaient cependant lettre morte faute d'une adoption par l'Assemblée nationale.

Le texte doit encore passer à l’Assemblée nationale, mais le ministre a bon espoir qu’il soit rapidement adopté afin que tous les candidats aux prochaines municipales se présentent en connaissance de cause.

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