Après Brexit : « Soit les Britanniques s’alignent sur nos normes, soit l’Union, leur sera fermée », selon Yves Bertoncini
Après plusieurs années de négociations, le Royaume-Uni a enfin quitté l’Union européenne, pour le plus grand bonheur de Boris Johnson, Premier ministre britannique et fervent brexiter. Mais que seront, désormais, les relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ? Les liens entre Londres et le vieux continent survivront-ils à ce divorce ? C’est à cette question que tentent de répondre les invités de Rebecca Fitoussi, pour Un Monde en Docs, sur Public Sénat.

Après Brexit : « Soit les Britanniques s’alignent sur nos normes, soit l’Union, leur sera fermée », selon Yves Bertoncini

Après plusieurs années de négociations, le Royaume-Uni a enfin quitté l’Union européenne, pour le plus grand bonheur de Boris Johnson, Premier ministre britannique et fervent brexiter. Mais que seront, désormais, les relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ? Les liens entre Londres et le vieux continent survivront-ils à ce divorce ? C’est à cette question que tentent de répondre les invités de Rebecca Fitoussi, pour Un Monde en Docs, sur Public Sénat.
Public Sénat

Par Hugo Ruaud

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le 31 décembre dernier, à minuit, le droit de l’Union européenne a cessé de s’appliquer au Royaume-Uni. Ce fut long, parfois laborieux, mais les deux parties ont finalement trouvé un terrain d’entente pour entériner leur divorce, tout en évitant un « no deal ». Presque cinq ans après le référendum remporté par le « non », le Brexit est devenu effectif. La récente tension entre Paris et Londres concernant la pêche aux abords de Jersey vient le rappeler : le Royaume-Uni a bel et bien tourné le dos à l’Europe. Pour se concentrer sur le Commonwealth et recréer du lien avec les pays anglophones ? « Les ex-colonies et les anciens dominions vont jouer un jeu important, surtout les pays émergents, en particulier l’Inde » explique Marc Roche, journaliste correspondant à Londres. « Cela fait partie du mythe impérial que le Royaume-Uni tente de ressusciter » selon Yves Bertoncini, président de Mouvement Européen. Mais la place du pays au sein du Commonwealth reste à redéfinir, à l’heure où la Grande-Bretagne a perdu en prestige et en influence. « On n’est plus au temps de la colonisation, et l’Inde est aujourd’hui plus intéressée par l’Europe car le marché est plus grand. Les Britanniques essayent de négocier des accords commerciaux, mais pour l’instant on ne voit pas venir grand-chose » conclut-il, sceptique.

Diversifier ses partenaires : la stratégie du triptyque

Pour Marc Roche, la situation est plus nuancée. Si le Royaume-Uni va bien tenter d’établir ou de renouveler ses relations avec ses partenaires d’antan, il va avant tout essayer de jouer sur plusieurs tableaux en même temps : « La stratégie du Commonwealth va parallèlement avec une stratégie pro américaine et bien sûr de rester proche de l’Europe. C’est un triptyque : Etats-Unis, Europe, Commonwealth ». Un plan de route qui peut sembler sinueux et paradoxal, mais qui s’explique très bien par la personnalité et l’opportunisme politique de Boris Johnson, qui veut satisfaire son électorat tout en sachant qu’il ne peut se permettre de se couper du monde : « Boris Johnson est nationaliste dans les bastions brexiters du Nord et des Midlands, et cosmopolite dans le Sud des services et des populations un peu plus éduquées » explique Marc Roche.

« Le Royaume-Uni reste un pays européen »

Derrière le symbole fort que représente le Brexit, le Royaume-Uni devrait donc tout faire pour ménager l’Europe et continuer d’entretenir des relations fortes avec le vieux continent, c’est en tout cas dans ses intérêts : « Le Royaume-Uni est totalement lié à l’Union européenne. Militairement, diplomatiquement, et évidemment économiquement : c’est son premier partenaire commercial. Mais le Royaume-Uni reste un pays européen, où vivent énormément d’Européens ». Revient alors une question : pourquoi avoir quitté l’Union européenne si les liens entre les deux ensembles perdureront inévitablement ? Avant tout pour une question de souveraineté, bien sûr. L’argument phare des « Brexiters » était la volonté de laisser les Britanniques définir leurs propres règles, leurs propres normes, plutôt que de les voir décidées à Bruxelles ou à Strasbourg. Mais selon Yves Bertoncini, ce sera toujours le cas : « Désormais, soit ils s’alignent sur nos normes, soit ils s’en éloignent trop et à ce moment-là il y aura des conséquences, et l’Union européenne, son plus grand marché, lui sera fermé ». Difficile dès lors de considérer cela comme une souveraineté retrouvée.

 

Retrouvez le replay de notre émission Un Monde en Docs, sur notre site internet.

Vous pouvez également retrouver ici le replay du documentaire, « Boris Johnson, l’illusionniste du Brexit ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Après Brexit : « Soit les Britanniques s’alignent sur nos normes, soit l’Union, leur sera fermée », selon Yves Bertoncini
2min

Politique

Un collaborateur de Raphaël Arnault embauché sous pseudo : « C’est particulièrement choquant », réagit Claude Malhuret

Après l’arrestation de onze suspects, dans le cadre de l’enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, le Parisien révèle que l’un d’eux est un deuxième collaborateur parlementaire du député LFI et fondateur du mouvement antifa, Raphaël Arnault. Mais, il a été recruté sous pseudonyme. « Inacceptable », pour le sénateur Claude Malhuret.

Le

Après Brexit : « Soit les Britanniques s’alignent sur nos normes, soit l’Union, leur sera fermée », selon Yves Bertoncini
3min

Politique

Peine d’inéligibilité en cas de condamnations pour violences : « Cela me paraît parfaitement normal », déclare François-Noël Buffet

Lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin a annoncé qu’il comptait faire passer un texte visant à introduire une peine d’inéligibilité en cas de condamnation pour violences. Un texte qui pourrait avoir le soutien de la droite sénatoriale.

Le

Après Brexit : « Soit les Britanniques s’alignent sur nos normes, soit l’Union, leur sera fermée », selon Yves Bertoncini
4min

Politique

Mort de Quentin : Gérald Darmanin souhaite une peine d’inéligibilité contre « toute personne condamnée pour avoir encouragé à la violence physique » 

Les interventions se sont multipliées au Sénat, ce mercredi, pendant la séance de questions d’actualité au gouvernement, autour de la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. Les élus de droite et du bloc central ont largement reproché à LFI sa proximité avec la mouvance d’ultra gauche, citée dans cette affaire. Le garde des Sceaux a annoncé vouloir assortir les condamnations pour incitation à la violence d’une peine d’inéligibilité, visant explicitement le député LFI Raphaël Arnault.

Le