Le budget de la sécurité adopté en commission au Sénat
Depuis le budget 2021, la Chambre haute reconnaît un effort budgétaire de l’exécutif pour les crédits de la police et de la gendarmerie, notamment en ce qui concerne les dépenses de fonctionnement et d’investissement. Reste la question de la pérennité de ces investissements une fois le plan de relance et l’élection présidentielle passés.

Le budget de la sécurité adopté en commission au Sénat

Depuis le budget 2021, la Chambre haute reconnaît un effort budgétaire de l’exécutif pour les crédits de la police et de la gendarmerie, notamment en ce qui concerne les dépenses de fonctionnement et d’investissement. Reste la question de la pérennité de ces investissements une fois le plan de relance et l’élection présidentielle passés.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat n’a pas toujours été aussi enchanté par les budgets régaliens du gouvernement. Après avoir rejeté les budgets 2018, 2019, et 2020 de la police et de la gendarmerie, le Sénat s’était déjà montré plus clément à l’égard du budget 2021 en adoptant un budget gonflé par le plan de relance. Les différentes « missions » du budget 2022 commencent à être discutées par la commission des Finances et les rapporteurs spéciaux, souvent issus de la majorité sénatoriale, donnent en général le ton qui présidera à l’examen des crédits en séance. En l’occurrence, Philippe Dominati, rapporteur spécial de la mission « sécurité », rassemblant les crédits destinés à la gendarmerie, à la police et à la sécurité routière, a proposé ce matin à la commission des Finances d’adopter le budget de la sécurité présenté par le gouvernement. Ce budget sera probablement amendé lors de son examen en séance, mais pour le sénateur apparenté LR de Paris « toutes les demandes formulées par le Sénat ces dernières années ont été remplies. »

» Lire notre article sur le dernier examen du budget de la police et de la gendarmerie par le Sénat : Police, gendarmerie : le Sénat adopte un budget gonflé par le plan de relance

« C’est un budget qui méritait d’être adopté »

D’après Philippe Dominati, la dynamique inaugurée l’année dernière par le plan de relance se confirme : « Avant, on remettait uniquement des moyens dans les effectifs et cela se faisait au détriment du budget de fonctionnement et d’investissement. » Après avoir discuté des crédits 2022 de la mission sécurité, le rapporteur spécial affirme que « ce rapport s’est inversé. » Si, l’année dernière, les crédits du plan de relance « bouleversaient la donne », les investissements dans le parc automobile des forces de l’ordre ou l’immobilier sont maintenus cette année. De même sur la formation des policiers, où le gouvernement est revenu à un an, après être descendu à 10 puis à 8 mois. « C’était ce que demandait le Sénat depuis 4 ans », rappelle Philippe Dominati. Finalement, « c’est un budget qui méritait d’être adopté », concède le rapporteur spécial.

Beaucoup espèrent un budget aussi flamboyant en 2023

Ce qui inquiète plutôt les sénateurs, c’est la pérennité de ces investissements consentis par le gouvernement dans la police et la gendarmerie. « Ce genre de budget tombe, comme par hasard, à quelques mois de la présidentielle » pointe le sénateur apparenté LR de Paris, qui poursuit : « Beaucoup sont sceptiques et espèrent un budget aussi flamboyant en 2023. Mais qui sera ministre de l’Intérieur en 2023 ? » Effectivement, avec l’élection présidentielle qui approche, l’incertitude sur des éventuelles inflexions politiques d’ici le prochain budget sont inévitables, même si Emmanuel Macron devait être réélu. Mais, même au-delà d’un éventuel calcul politique, c’est plus largement la conjoncture économique et budgétaire qui interroge la majorité sénatoriale. « On finance tout ça par de l’emprunt et ce budget bénéficie finalement d’un effet d’aubaine sur le plan financier, qui permet de répondre à des déficiences », explique Philippe Dominati. Au fond, la majorité sénatoriale s’inquiète des équilibres budgétaires plus généraux liés au « quoi qu’il en coûte », mais en ce qui concerne spécifiquement les crédits de la police et de la gendarmerie, la copie du gouvernement semble avoir plutôt convaincu la majorité sénatoriale.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le budget de la sécurité adopté en commission au Sénat
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote un texte vidé de sa substance, la gauche dénonce un « sabotage » de la droite

Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.

Le

Le budget de la sécurité adopté en commission au Sénat
3min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote le principe « du droit opposable au soulagement » 

Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ». 

Le

Le budget de la sécurité adopté en commission au Sénat
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat, divisé, vide le texte de sa substance en rejetant l’article phare sur « l’aide à mourir »

Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
4min

Politique

Budget : quand Sébastien Lecornu zappe les sénateurs dans sa lettre aux parlementaires…

Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.

Le