François Fillon, englué dans une affaire d'emplois présumés fictifs, a de nouveau exclu mardi tout retrait de la course présidentielle.
Le candidat de la droite a également réussi à calmer une fronde lancé contre lui par des députés de son camp.
Une vingtaine de parlementaires du parti Les Républicains avaient souligné lundi soir leur "impossibilité de faire campagne" face aux dégâts provoqués par l'enquête sur les emplois d'assistants parlementaires accordés par François Fillon à sa femme et à ses enfants.
Un retrait de sa candidature "créerait une crise majeure" avec un risque "d'effacement" de la droite à la présidentielle, a rétorqué le candidat lors d'une longue réunion destiné à calmer cette fronde interne, en estimant qu'il n'y avait pas de "solution alternative" .
"Honnêtement, ça serait peut-être plus facile pour moi personnellement et ma famille de ne pas être dans cette compétition aujourd’hui. Cette décision (de rester), je l’ai prise, je ne reviendrai pas dessus", a insisté le vainqueur de la primaire de la droite.
"Je suis harcelé par la presse nationale. J’ai le harcèlement judiciaire. Je ne voudrais pas avoir en plus le harcèlement parlementaire parce que ça va commencer à devenir difficile", a-t-il encore dit en appelant les parlementaires à faire bloc autour de lui.
François Fillon en campagne à Saint-Denis de la Réunion, en France, le 13 février 2017
AFP/Archives
Selon des participants à cette réunion à huis clos, la "grande majorité" des députés ont soutenu François Fillon pendant la rencontre qui a duré près de deux heures. Mais "beaucoup ont aussi témoigné de leurs difficultés sur le terrain" avec "des électeurs choqués par les sommes" versées aux proches de François Fillon, qui avoisinent les 900.000 euros sur plus de dix ans.
A l'issue de la rencontre, "le groupe était totalement rassemblé" derrière M. Fillon, a assuré son porte-parole Thierry Solère, qui se voit épinglé à son tour par Le Canard enchaîné.
L'hebdomadaire d'investigation, à l'origine des révélations sur les Fillon, affirme dans son édition à paraître mercredi que M. Solère a "omis de régler une partie de ses impôts" entre 2010 et 2013, des soupçons de fraude fiscale qui font l'objet d'une enquête.
"Chasse à l'homme", a dénoncé M. Solère, qui veut porter plainte pour diffamation.
De son côté, François Fillon doit poursuivre mercredi sa campagne après un déjeuner avec l'ancien président Nicolas Sarkozy, qu'il a battu lors de la primaire en novembre.
Le candidat conservateur s'est félicité de voir les intentions de vote en sa faveur - en net repli ces dernières semaines - commencer "à remonter un peu", à environ 20%, selon un sondage Opinionway publié mardi.
Celui que tous les sondages donnaient favori à l'élection présidentielle des 23 avril et 7 mai pointe désormais en troisième position, derrière la candidate d'extrême-droite Marine Le Pen (27%) et le centriste Emmanuel Macron (22%).
Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.
Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.
Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.
Si la décision de la Cour de cassation dans quelques mois est déterminante sur la fin de la campagne de Marine Le Pen, la candidate devra aussi s’assurer que sa candidature passe le filtre de la validation du Conseil constitutionnel.