Le coronavirus met l’Elysée sous cloche, mais Macron veut rester mobile
L'Elysée ne voit plus entrer que les seuls conseillers indispensables au président. Mais Emmanuel Macron refuse de rester cloîtré...

Le coronavirus met l’Elysée sous cloche, mais Macron veut rester mobile

L'Elysée ne voit plus entrer que les seuls conseillers indispensables au président. Mais Emmanuel Macron refuse de rester cloîtré...
Public Sénat

Par Laurence BENHAMOU, Jérôme RIVET

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4 min

Publié le

L'Elysée ne voit plus entrer que les seuls conseillers indispensables au président. Mais Emmanuel Macron refuse de rester cloîtré et s'est rendu mercredi, avec une délégation très restreinte et sans presse, dans un hôpital où sont soignés des malades du coronavirus.

Cette sortie à l'hôpital Avicenne de Bobigny était la première du chef de l'Etat depuis qu'il a annoncé, lundi soir, un confinement inédit des Français.

Elle n'a pas été annoncée à l'avance et s'est déroulée dans une grande discrétion puisqu'aucune image n'a été diffusée, en l’absence de toute caméra.

Seul un tweet a été publié à l'issue de la visite, dans lequel Emmanuel Macron rend de nouveau hommage au personnel soignant, qui ne compte "pas ses heures face à cette crise inédite". "Nous savons ce que nous vous devons et nous mettrons les moyens nécessaires pour vous aider", leur dit-il.

A l'hôpital, le chef de l'Etat a rencontré médecins et infirmières en respectant les distances de sécurité et en portant un masque, selon l'Elysée.

L'exécutif veut faire savoir que les strictes consignes sanitaires passées aux Français sont respectées au plus haut niveau.

Au conseil des ministres de mardi, Emmanuel Macron a ainsi appelé "l'ensemble du gouvernement à l'exemplarité: nos concitoyens doivent savoir que le gouvernement est à la tâche mais également que nous nous appliquons les mêmes principes, qu'ils soient sanitaires, de vie sociale, que l'ensemble de nos compatriotes", selon des propos rapportés par la porte-parole Sibeth Ndiaye.

Ces dernières semaines, l'Elysée comme Matignon et les centres névralgiques de l'Etat ont mis en place graduellement des mesures de plus en plus strictes de "distanciation" sanitaire et réduit le nombre de personnes présentes au minimum indispensable pour assurer la continuité des opérations.

Dans le cadre du "plan de continuité" mis en oeuvre, un nombre restreint de réunions physiques continuent à se tenir à l'Elysée et autour du président, dans des salles nettoyées avant et après, avec des distances d'un mètre au moins entre les participants. Mais personne ne porte de masque.

Emmanuel Macron, qui ne s'est pas fait tester car il ne présente pas de symptômes, continue à réunir ainsi régulièrement ses "chefs de pôle", une dizaine de personnes-clés, comme son chef d'état major particulier, l'amiral Bernard Rogel, son bras droit Alexis Kohler, son conseiller spécial Philippe Grangeon, ses conseillers en communication et sa conseillère santé.

- "Je limite au maximum" -

Mais seule une dizaine de membres du gouvernement ont participé physiquement aux deux conseils des ministres qui se sont tenus mardi et mercredi à l'Elysée. Les autres l'ont suivi en visioconférence, installés dans neuf ministères.

Et le Premier ministre Edouard Philippe leur a explicité mardi les nouvelles règles de communication: "plus de déplacements, d'interviews sur les plateaux de télévision, de conférence de presse physique sauf exceptions après autorisation de Matignon", indique son entourage. Lui-même a été longuement interrogé mardi au 20H00 de France 2 en duplex depuis son bureau à Matignon.

Le Parlement bouleverse aussi son fonctionnement pour examiner jeudi et vendredi les deux projets de loi à valider en urgence. Car "l'enjeu est de respecter les consignes sanitaires" mais "aussi de faire vivre notre démocratie, toute aussi vitale pour notre pays", explique Richard Ferrand, le président de l'Assemblée, où la représentation de chacun des huit groupes politiques sera limitée au président et à deux membres.

Au moins 18 députés et deux sénatrices ont déjà été contaminés par le coronavirus, sans compter les collaborateurs et membres du personnel.

De Lille à Bastia, la classe politique s'est mise au diapason. "J'ai changé totalement mes habitudes. Moi qui avais l'habitude de beaucoup me déplacer, je limite au maximum" les sorties, témoigne le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand.

A l'Elysée, l'adaptation à la situation de crise touche différemment les services. Si certains sont en surchauffe, d'autres sont presque à l'arrêt, comme la Direction des opérations, chargée des déplacements du chef de l'Etat et des événements au Palais.

Or, il n'y a plus ni visites à l'étranger ni réceptions jusqu'à nouvel ordre. Les effectifs des cuisines ont été réduits à six personnes maximum en même temps. Le médecin de l'Elysée, lui, reste sur place.

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