« Le Covid-19 doit être reconnu comme maladie professionnelle », pour la sénatrice Christine Bonfanti-Dossat
La sénatrice LR de Lot-et-Garonne, Christine Bonfanti-Dossat, a interpellé la ministre du travail Muriel Pénicaud pour que le Covid-19 soit reconnu comme maladie professionnelle. Depuis, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé le 21 avril que le coronavirus serait reconnu automatiquement comme maladie professionnelle pour les soignants, tout en éludant la question pour les autres travailleurs en première ligne.

« Le Covid-19 doit être reconnu comme maladie professionnelle », pour la sénatrice Christine Bonfanti-Dossat

La sénatrice LR de Lot-et-Garonne, Christine Bonfanti-Dossat, a interpellé la ministre du travail Muriel Pénicaud pour que le Covid-19 soit reconnu comme maladie professionnelle. Depuis, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé le 21 avril que le coronavirus serait reconnu automatiquement comme maladie professionnelle pour les soignants, tout en éludant la question pour les autres travailleurs en première ligne.
Public Sénat

Par Flora Sauvage

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Pour Christine Bonfanti-Dossat, infirmière libérale pendant 35 ans et aujourd’hui sénatrice LR de Lot-et-Garonne, c’est « un premier pas ». Mais elle souhaite « aller plus loin ». Actuellement les personnels non soignants des hôpitaux, les caissières de supermarché, les routiers, les aides à domicile et les forces de l’ordre qui contractent le Covid-19, dans le cadre de leur travail considéré comme « essentiel », ne peuvent pas faire reconnaître le virus comme maladie professionnelle.

Après l’éloge du président la République sur « ces soldats de première et de deuxième ligne », c’est la douche froide. Les autres professionnels seront donc soumis aux procédures classiques, qui impliquent la saisine d’un comité médical chargé de déterminer si la contamination a eu lieu du fait de la profession et des contacts rapprochés dus au travail. La notion qui entre en jeu est celle de « l’imputabilité ».

Une reconnaissance qui permettrait la prise en charge à 100 % des frais médicaux

Actuellement à la tête d’une association d’aide à domicile qui emploie 30 salariés, la sénatrice soutient les auxiliaires de vie qui se rendent chaque jour chez des personnes âgées pour leur faire la toilette ou les repas. Des salariés qui sont exposés au Covid-19 dans le cadre de leur travail. Christine Bonfanti-Dossat se remémore le cas de l’une de ses salariées « contaminée par un bénéficiaire dans le cadre de ses visites à domicile ».  

La reconnaissance d’une maladie professionnelle permet la prise en charge à 100 % des frais médicaux. Cela permet aussi de recevoir une indemnité en cas d’incapacité temporaire ou permanente, et même une rente pour les ayants droit. Sans cette reconnaissance, les salariés qui vont contracter le virus vont « avoir à démontrer qu’ils ont été confrontés à la maladie dans le cadre de leur travail, un processus long et difficile », explique Mme Bonfanti-Dossat.

Avancer « par étapes »

Alors que l’Académie de médecine s’est déclarée favorable à la reconnaissance du coronavirus comme maladie professionnelle pour toutes les professions dites essentielles au bon fonctionnement de la nation, certains syndicats et la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath) souhaitent aller plus loin en créant un fonds d’indemnisation à l’image du fonds d’indemnisation pour les victimes de l’amiante. Selon la Fnath, la reconnaissance comme maladie professionnelle n’est pas suffisante, car elle n’inclut pas les indépendants et les professions libérales.

Christine Bonfanti-Dossat estime qu’il faut avancer « par étapes ». À ses yeux, il serait déjà bien de parvenir à inscrire le Covid-19 dans le tableau des 170 maladies professionnelles pour les métiers « essentiels » avant de mettre en place un fonds d’indemnisation. Membre de la commission des affaires sociales du Sénat, Christine Bonfanti-Dossat rappelle que les droits accordés aux travailleurs reconnus comme malades, sont financés par la branche ATMP (accidents du travail et maladies professionnelles) de la Sécurité sociale. Et elle rappelle que « le déficit de la sécurité sociale pour cette année est déjà estimé à 41 milliards d’euros ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: discussion on the adoption of the special bill at the National Assembly
5min

Politique

Encadrement du temps de parole sur les réseaux sociaux : « Une très mauvaise réponse à une très bonne question » 

A travers une proposition de loi, le député Renaissance Paul Midy souhaite encadrer le temps de parole sur les réseaux sociaux durant les périodes électorales et leur appliquer des règles similaires à celles que respectent les médias audiovisuels. Le texte suscite un certain scepticisme, tant sur le plan juridique que sur le plan technique.

Le

Philippe
7min

Politique

Présidentielle : Edouard Philippe met en place son organigramme pour « élargir au maximum le socle » et dépasser Horizons

Le candidat à la présidentielle réunit les cadres d’Horizons, ce dimanche, à Reims, pour montrer qu’il est prêt, avec la mise en « place d’une architecture de campagne ». Mais il s’agit aussi de « passer à une autre phase » et « ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons », décrypte un proche, pour mieux s’adresser à l’ensemble des Français, dans la perspective de 2027, mais aussi accueillir de futurs soutiens…

Le

Controles au Poste Frontiere Franco-Italien de Menton
6min

Politique

Pacte européen sur la migration et l’asile : les sénateurs alertent le gouvernement sur le « défi logistique et financier » de sa transposition dans le droit français

A quelques jours de l’examen, au Sénat, du projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration, la commission des affaires européennes a remis plusieurs recommandations, ce jeudi 7 mai. L’occasion pour les élus de rappeler à l’exécutif son insatisfaction sur la méthode employée.

Le