Le Crif dénonce les « propos inadmissibles » de Mélenchon à son endroit
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a dénoncé les "propos inadmissibles" du patron de LFI Jean-Luc...

Le Crif dénonce les « propos inadmissibles » de Mélenchon à son endroit

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a dénoncé les "propos inadmissibles" du patron de LFI Jean-Luc...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a dénoncé les "propos inadmissibles" du patron de LFI Jean-Luc Mélenchon, qui avait critiqué ses "ukases" et son "communautarisme" en commentant le résultat des élections britanniques.

Plusieurs ministres, dont ceux de l'Intérieur Christophe Castaner et de l'Education Jean-Michel Blanquer, ont eux aussi fustigé ces déclarations.

Ces propos "relèvent d'un amalgame aussi choquant que surprenant: quel lien existe-t-il entre le Crif et les élections britanniques ?", note le président du CRIF, Francis Kalifat, dans un communiqué publié samedi soir sur Twitter, en estimant que M. Mélenchon "tombe dans une dérive complotiste qui en dit long sur l'évolution de sa pensée". Selon lui, ces propos "inadmissibles" sont "inspirés d'une rhétorique vichyste du complot juif".

M. Mélenchon avait évoqué le Crif dans un post de blog commentant la défaite historique du travailliste Jeremy Corbyn, accusé pendant la campagne de manque de fermeté face à l'antisémitisme au sein de sa formation du Labour.

"Retraite à points, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases arrogants des communautaristes du Crif : c'est non", y écrit le chef de file de la France insoumise (LFI).

Il y explique que M. Corbyn a "passé son temps à se faire insulter et tirer dans le dos", y compris dans son propre camp, et a "dû subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël)". "Au lieu de riposter, il a passé son temps à s’excuser et à donner des gages. Dans les deux cas il a affiché une faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires".

Christophe Castaner a dénoncé samedi sur Twitter des propos "choquants et inappropriés à notre débat républicain". "La haine et le complotisme se nourrissent de sous-entendus douteux et de préjugés nauséabonds. La République est toujours plus forte quand elle est rassemblée", a-t-il ajouté.

"Castaner l'éborgneur bave de vieilles ficelles de politiciens en déroute : l'insinuation pour mendier des soutiens communautaires. Qui sème la haine sinon la violence qu'il organise ?", a répliqué M. Mélenchon sur Twitter.

Son entourage s'est défendu de tout antisémitisme auprès de l'AFP en soulignant qu'il voulait par ces mots dire qu'il ne se laisserait "pas influencer par des lobbys quels qu'ils soient, financiers ou communautaristes".

Dimanche, deux autres membres du gouvernement ont critiqué les déclarations de M. Mélenchon. "C'est ignoble, il n'y a pas d'autres mots. Quand j'ai lu ça je n'en ai pas cru mes yeux", a déclaré sur RTL Jean-Michel Blanquer.

Ces propos "sont gravissimes" parce qu'ils "laissent entendre qu'on pourrait imputer une défaire politique, celle de Jeremy Corbyn, à des réseaux juifs", a déclaré le secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Gabriel Attal, sur Radio J. Selon lui, "Jean-Luc Mélenchon doit s'expliquer" sur ces propos "inacceptables" car ils peuvent rappeler les "thèses infamantes" de l'antisémitisme des années 1930.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Simone Veil
9min

Politique

Bernadette Chirac, l’ancienne Première dame, est morte à 93 ans 

L’épouse du président Jacques Chirac, lui-même disparu en 2019, est morte vendredi 5 juin dans la soirée à 93 ans, annonce sa fille Claude à l’AFP. L’ancienne Première dame qui a progressivement pris la lumière durant les années passées à l’Elysée, a aussi mené une longue carrière d’élue locale, d’abord dans l’ombre de son mari, puis de manière indépendante.

Le

France Missing Girl
7min

Politique

Affaire Lyhanna : « Il y a une chaîne judiciaire qui n’a pas fonctionné, c’est assez accablant », affirme Isabelle Florennes

Depuis les révélations autour du profil de Jérôme Barella mis en examen pour enlèvement et séquestration de Lhyanna dans le Gers le 29 mai, la classe politique jusqu’à Emmanuel Macron pointe les failles de la justice. Les sénateurs attendent que les résultats de l’enquête administrative diligentée par le gouvernement leur soient présentés dans les semaines à venir.

Le

PARIS Gerald Darmanin place Vendome
4min

Politique

Affaire Lyhanna : que dit la circulaire de Gérald Darmanin de 2025 ?

Une semaine après la disparition de la jeune Lyhanna à Fleurance, Gérald Darmanin dénonce les « dysfonctionnements » de l’État dans le suivi du principal suspect, actuellement mis en examen. Le ministre de la Justice fait notamment référence à sa circulaire de politique pénale générale, envoyée en janvier 2025, où il appelait au « traitement prioritaire » des violences sur enfants. Celle-ci n’aurait pas été respectée.

Le