Le débat « fake news » s’éteint provisoirement à l’Assemblée, continue dans médias
Après le débat inachevé sur des textes de loi contre les fausses nouvelles en période électorale, la majorité a continué vendredi...

Le débat « fake news » s’éteint provisoirement à l’Assemblée, continue dans médias

Après le débat inachevé sur des textes de loi contre les fausses nouvelles en période électorale, la majorité a continué vendredi...
Public Sénat

Par Sami ACEF

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après le débat inachevé sur des textes de loi contre les fausses nouvelles en période électorale, la majorité a continué vendredi à défendre la lutte contre les manipulations, alors que les oppositions dénoncent des mesures "liberticides" ou inutiles.

"Ce que je ne veux pas, c'est qu'un jour dans notre pays on ait un Trump élu par un Poutine". Au lendemain d'un marathon de huit heures de discussions qui n'ont pas abouti à un vote, faute de temps, le député LREM Stanislas Guerini a pris vendredi la défense des deux propositions de loi controversées de la majorité.

"Ce qu'on cherche à faire, c'est que, particulièrement pendant les périodes électorales (...), on puisse non pas censurer (...) mais réguler les choses et particulièrement sur les plateformes" (Facebook, Twitter, etc)", a défendu le député de Paris sur Radio Classique.

"Macron invente la censure privée !", rétorque de son côté le chef de file des députés LFI Jean-Luc Mélenchon. "Tout cela est bidon et ne débouchera sur rien", avait tancé jeudi Alexis Corbière (LFI).

"Pensez-vous que cette loi, si elle est adoptée, puisse être mise entre toutes les mains et demeurer éternellement inoffensive ? Nous ne jouerons pas les apprentis sorciers à vos côtés", a affirmé Hervé Saulignac (PS).

Marine Le Pen (RN, ex-FN), a elle qualifié cette initiative de "liberticide".

Les deux propositions de loi - ordinaire, et organique pour la présidentielle - visent à permettre à un candidat ou parti de saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de "fausses informations" durant les trois mois précédant un scrutin national. Elles imposent aux plateformes (Facebook, Twitter, etc) des obligations de transparence lorsqu'elles diffusent des contenus contre rémunération.

Mais les débats dans l'hémicycle n'ont pas permis de trancher définitivement le cœur du texte, à savoir la définition même d'une "fausse information". Si tard dans la nuit la rapporteure LREM Naïma Moutchou a fait voter l'acception "toute allégation ou imputation d’un fait, inexacte ou trompeuse", la ministre Françoise Nyssen a jugé sa portée trop générale et espéré une définition "plus satisfaisante" lors de l'examen du texte au Sénat.

Cette navette parlementaire paraît pour l'instant lointaine puisqu'il reste 157 amendements à examiner à l'Assemblée à une date indéterminée, peut-être en juillet.

- "Sparadrap sur plaie ouverte" -

"Premier camouflet de la majorité En Marche", s'est félicité Sébastien Chenu (RN), appelant à "renoncer à légiférer sur les +fake news+".

Et les réticences au texte ne se limitent pas au champ politique.

"Plutôt que de promouvoir l'éducation, la culture, la distance, le silence, le discernement, tout ce qui permet de penser et donc de déjouer les +fake news+, le projet de loi veut faire appel au juge", déplore un éditorial du Figaro, où il est relevé que "le journalisme et les vérités officielles n'ont jamais fait bon ménage".

"Ce texte il est là pour protéger les journalistes, qui font un travail sourcé, vérifié", a défendu Bruno Studer (LREM) sur LCP. "C'est une loi qui vient combler un certain nombre de manques dans notre arsenal législatif", a-t-il soutenu.

"Les obligations de transparence demandée aux plateformes, ça oui, c'est une très bonne idée", mais "dans l'esprit de la loi, si le juge décide que l'information est fausse, il va l'enlever d'internet et les gens vont arrêter de la partager? C'est illusoire", estime Alexandre Alaphilippe, de l'ONG Disinfolab, spécialiste des mécanismes de déformation de l'information.

"Sur la partie concernant les autorisations d'émettre des médias étrangers il y a beaucoup de bonnes idées, mais la question de la judiciarisation, tant qu'on ne connaît pas les mécanismes de propagation des fake news, c'est un sparadrap sur une plaie ouverte".

sac-parl-sr/ct

Partager cet article

Dans la même thématique

Le pape Léon XIV, le cardinal Jean-Marc Aveline et le président Emmanuel Macron lors de la réunion ‘Aux racines de l’Europe: pour la paix et l’unité’ au centre de conférences Robert Schuman à Metz
5min

Politique

À Metz, Léon XIV place l’Europe face à son histoire et à sa responsabilité pour la paix

La visite apostolique du Pape Léon XIV en France s’achève ce lundi 28 septembre à Metz. Pour son dernier jour en France, lundi 28 septembre, le pape Léon XIV a choisi Metz plutôt que Strasbourg ou Bruxelles pour prononcer un discours consacré à l’avenir de l’Europe. Sur les terres de Robert Schuman, le souverain pontife a appelé les Européens à renouer avec l’esprit de dialogue, le droit international et la construction patiente de la paix.

Le

La Seyne-sur-Mer RN party’s President Jordan Bardella
6min

Politique

RN au Sénat : le groupe va-t-il dépasser les 15 sénateurs grâce à des ralliements en provenance de la droite ?

C'est l'un des grands enseignements des élections sénatoriales. Avec neuf sénateurs élus dimanche soir, qui viendront rejoindre les trois sénateurs élus en 2023, le Rassemblement national dépasse à lui seul la barre des 10 élus et aura un groupe. Un groupe qui accueillera également deux sénateurs ciottistes élus dans les Alpes-Maritimes et Sylvie Goy-Chavent, qui siégeait jusqu'ici au groupe LR. Avec au minimum 15 sénateurs, le groupe RN sera représenté au bureau de la chambre haute.

Le

La Seyne-sur-Mer RN party’s President Jordan Bardella
3min

Politique

Écrits antisémites : Jordan Bardella conteste « formellement » les accusations, Marine Le Pen évoque « un faux dont Mediapart a le secret »

Mis en cause par Mediapart pour des écrits antisémites datant de 2013, le président du RN, Jordan Bardella « conteste formellement » les accusations. La candidate à la présidentielle du RN, Marine Le Pen affirme pour sa part que « ça ne peut être qu’un faux, qu’une barbouzerie dont Mediapart a le secret ».

Le