Olivier Dussopt, ministre des Comptes publics, était auditionné devant la commission des affaires sociales sur la situation et les perspectives des comptes sociaux.
Le déficit de la Sécurité sociale devrait rester à un niveau « préoccupant » en 2021
Olivier Dussopt, ministre des Comptes publics, était auditionné devant la commission des affaires sociales sur la situation et les perspectives des comptes sociaux.
Le trou béant, qui s’est ouvert dans les comptes de la Sécurité sociale sous l’effet de la crise pandémique, devrait perdurer en 2021. Deux semaines après la sortie du rapport de la commission des comptes de la Sécurité sociale, Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des comptes publics l’a confirmé aux sénateurs de la commission des affaires sociales ce 6 juillet. Cette année, le déficit global du régime global et du fonds de solidarité vieillesse est attendu à 38,4 milliards d’euros, soit 2,6 milliards d’euros de plus que la prévision calculée au moment de la loi de financement de la Sécurité sociale, adoptée le 30 novembre. En 2020, le déficit avait atteint 38,7 milliards, soit 33 de plus que ce qui était anticipé avant que la pandémie n’éclate. C’est un « chiffre qui donne le vertige », a commenté Olivier Dussopt. Les deux tiers de cette dégradation s’expliquaient par la chute des rentrées de cotisations, provoquée par l’activité partielle.
Cette année, les rentrées s’améliorent avec la reprise économique. « Les recettes devraient progresser de 4,6 % du fait de l’augmentation de la masse salariale du secteur privé », a observé Olivier Dussopt. Bercy est capable de suivre chaque mois l’évolution des revenus, grâce au prélèvement à la source. Depuis le début de l’année, le niveau des revenus « a augmenté de 8 % » par rapport à la même période l’an dernier.
Le coût des vaccins et des tests atteint quasiment 10 milliards d’euros
Du côté des dépenses exceptionnelles, Olivier Dussopt a livré une estimation actualisée du coût de la campagne vaccinale et des tests remboursés par l’Assurance maladie. La première a jusqu’ici coûté 4,6 milliards d’euros, un niveau bien supérieur à la provision de 1,5 milliard d’euros inscrite en loi de financement. Sur la vaccination, le « quoiqu’il en coûte » sera appliqué à la lettre. « Si cette campagne devait coûter sept ou huit milliards d’euros, je serais devant vous de la même manière en considérant que la vaccination est le meilleur investissement possible pour la santé des Français et pour la reprise économique », a expliqué le ministre. Quant aux tests, la facture s’élève jusqu’à présent à 5 milliards d’euros.
Si la situation globale est jugée « préoccupante », le ministre a répété que la priorité restait à « la sortie de crise ». Ce qui n’a pas empêché le ministre des Comptes publics d’appeler les esprits à se préparer à la sortie du « quoiqu’il en coûte », décidé par Emmanuel Macron en mars 2020. « On ne peut pas durablement accepter que la trajectoire soit ainsi dégradée », a exposé le ministre. Et d’annoncer que le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale « doit être l’occasion encore plus de prioriser nos dépenses ».
Réformes des retraites : « Le calendrier sera tranché par le président de la République »
René-Paul Savary, le président (LR) de la mission d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss) a d’emblée demandé si ce projet de loi allait comporter une modification de l’âge légal de départ à la retraite. « Vous pouvez répondre par oui ou non », a-t-il résumé. « Peut-être », s’est contenté de réponse le ministre, alors que les partenaires sociaux venaient d’être reçus en parallèle à l’Elysée. « L’idée qu’il faille ou qu’il ne faille pas une réforme des retraites est à nos yeux une idée tranchée. La question est celle du calendrier. Ce calendrier sera tranché par le président de la République », a simplement indiqué Olivier Dussopt. Les sénateurs n’en sauront pas plus.
Face au coût cumulé de la campagne vaccinale et des tests avoisinant les 10 milliards d’euros, le sénateur (LR) Alain Milon a demandé au gouvernement si l’effort allait peser sur les seules épaules de l’Assurance maladie ou si les mutuelles et organismes complémentaires allaient être mis à contribution dans le budget 2022. En novembre, les sénateurs avaient voulu relever le niveau de contribution exceptionnelle pesant sur ce secteur. Elle s’était élevée à un milliard d’euros en 2020, contre 500 millions pour 2021. Selon Olivier Dussopt, des « discussions » sont en cours avec le ministère des Solidarités et de la Santé pour savoir s’il faut « maintenir » cette taxation ou introduire un « prélèvement supplémentaire ». « Cela dépendra des discussions mais j’ai le sentiment, à vous écouter, que vous nous y encouragez. Si ça devait prospérer, je ne manquerais pas de vous demander de l’aide pour argumenter et affronter ce débat avec eux. »
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.