Le difficile devoir d’inventaire du Parti socialiste
Les invités d’« On va plus loin » débattent du droit d’inventaire du quinquennat Hollande, voulu par une partie du PS, mené par Olivier Faure et décrié par l’aile hollandaise du parti.

Le difficile devoir d’inventaire du Parti socialiste

Les invités d’« On va plus loin » débattent du droit d’inventaire du quinquennat Hollande, voulu par une partie du PS, mené par Olivier Faure et décrié par l’aile hollandaise du parti.
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Lundi, Olivier Faure a fait l’inventaire du quinquennat Hollande à Ivry-sur-Seine, dans les nouveaux locaux du PS. Il est revenu sur la loi travail et la déchéance de nationalité, qu’il a fortement critiquées. Un inventaire qui est mal passé pour les fidèles de l’ancien président. Sur le plateau d’« On va plus loin », les invités de Rebecca Fitoussi, font eux aussi leur inventaire.

Floran Vadillo, président du think tank l’Hétairie, explique que « le quinquennat de François Hollande a été très compliqué » : « Mais pas uniquement en raison de la politique qui a été conduite (…) Il y a eu aussi de la part du président Hollande un manque d’explications de la ligne qu’il voulait imprimer sur certaines réformes (…) Et puis, il y a eu des changements de pied radicaux (…) On ne peut pas avoir, dans un même quinquennat, la loi Hamon et Duflot en début de quinquennat, puis la loi Macron ; la réforme Taubira sur la contrainte pénale puis le durcissement des aménagements de peines et de la politique carcérale à partir des attentats. »

Et il ajoute : « Il y a eu un errement (…) idéologique et politique. Néanmoins, il faut se défier de reconstruire l’histoire a postériori. »  

Pour Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean Jaurès, qui a publié un inventaire du quinquennat Hollande fin 2018, c’est « la faute à Hollande évidemment » : « François Hollande est président de la République, quand la gauche passe de 2012, d’une situation dans laquelle jamais de toute son histoire, elle n’avait disposé d’autant de pouvoirs locaux et nationaux, à une quasi-disparition en 2017 (…) Le président de la République ne peut pas ne pas être le premier responsable. » Gilles Finchelstein considère que c’est une bonne chose que le parti socialiste ait fait son bilan : « Qu’il y ait un regard aussi lucide que possible sur ce quinquennat, c’est le moins qui puisse être fait, si le parti socialiste, et plus largement la gauche, veut essayer de penser la suite. »

« Le drame c’est que la gauche a oublié d’être de gauche »

Dominique Bertinotti, ancienne ministre déléguée à la Famille sous Hollande et aujourd’hui porte-parole de Génération.s n’est pas plus tendre : « Le drame c’est que la gauche a oublié d’être de gauche (…) C’est un phénomène qui a pris son apogée au moment du quinquennat de François Hollande. Mais il y a une antériorité. Et la responsabilité du parti socialiste à ce titre-là, et de nous, (…) a fait qu’il y a eu un assouplissement idéologique (…) sans voir les mutations et la profondeur des mutations écologiques, démocratiques, sociales…et du coup, on a été conduit de 2012 à 2017, à faire une politique - en particulier économique et sociale - qui n’[était] plus de gauche. Qui est du social-libéralisme. »

Pierre Jacquemain, rédacteur en chef de la revue « Regards », estime, de son côté, que le quinquennat de l’ancien président manquait « de vision » : « Le quinquennat de François Hollande, a aussi pêché de l’absence d’idées (…) de convictions. Et aussi parce qu’il y a eu toute une génération qui a émergé (…) qui sont ce qu’on appelle des technocrates ou des énarques, qui sont souvent assez déconnectés des réalités de ce que veulent aussi les Français (…) qui souffrent d’une précarité rampante. »

 

Vous pouvez voir et revoir ce débat, en intégralité :

OVPL. Débat sur le devoir d’inventaire du parti socialiste (en intégralité)
24:49

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