"On est surpris, on est déçus, on l'aimait bien." Comme Jeannine, les habitants de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), fief de François Fillon, sont sous...
Le fief de Fillon entre surprise et désenchantement
"On est surpris, on est déçus, on l'aimait bien." Comme Jeannine, les habitants de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), fief de François Fillon, sont sous...
Par Hélène DUVIGNEAU
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
"On est surpris, on est déçus, on l'aimait bien." Comme Jeannine, les habitants de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), fief de François Fillon, sont sous le choc du "Penelopegate", même si beaucoup continuent de soutenir "l'enfant du pays".
C'est jour de marché à Sablé. Malgré la pluie, quelques Saboliens sont sortis faire leurs courses. Dix jours après les premières révélations du Canard enchaîné sur l'emploi présumé fictif de Penelope Fillon, peu acceptent cependant de se confier sur l'ancien maire, dont l'ascension fulgurante a été subitement stoppée.
Penelope Fillon (L) looks at her husband Prime Minister Penelope Fillon et FRançois Fillons à Sablé-sur-Sarthe, le 10 décembre 2010
AFP/Archives
Et pour cause. Si François Fillon aime Sablé, commune dont il fut le premier édile pendant 18 ans et qu'il a choisie pour prononcer son grand discours de rentrée en août, cette dernière le lui rend bien. C'est sans doute dans cette ville tranquille de 12.000 habitants que le candidat à la primaire a réalisé son plus gros score: 92% au premier tour, 96% au second.
Alors que les révélations s'enchaînent, difficile pour les habitants d'encaisser la chute de leur favori.
"On est bousculés, on le considérait comme un personnage intègre. C'est surtout pour cela que ça fait mal, car il se dit chrétien, mais il s'est servi du système encore plus que les autres", témoigne Jeannine, 67 ans, qui a voté Fillon à la primaire.
Comme beaucoup d'autres habitants, elle se dit "très surprise" par les révélations du Canard enchaîné. "On se pose des questions, on se demande si François Fillon n'est pas un personnage à double facette."
François Fillon à Sablé-sur-Sarthe, le 20 mars 2015
AFP/Archives
Près de la mairie, Michel, qui tient le café de l'Europe depuis sept ans, accepte aussi de se confier. Il dit avoir ressenti "une onde de choc" et ne cache pas non plus sa déception. "Nous les commerçants, on a parfois du mal à joindre les deux bouts; alors quand on entend les sommes dont il est question dans cette affaire...", raconte-t-il amèrement sur le seuil de son café.
Pourtant, il ne souhaite pas voir François Fillon se retirer de la course à la présidentielle. "J'ai beaucoup moins confiance, mais peut-être que je le soutiendrais s'il continuait", lâche-t-il.
- "Une femme très, très effacée" -
Face aux révélations, les Saboliens semblent vouloir accorder à François Fillon le bénéfice du doute, et peu imaginent une présidentielle sans lui.
"Cette affaire est surmédiatisée, je pense qu'il a le droit à la présomption d'innocence", tempête Frédéric, qui vend son fromage sur le marché et a aussi voté Fillon à la primaire. Pour lui, ce sont surtout "les médias" qui ont créé l'affaire Fillon.
Annie, 78 ans, qui vit à Sablé depuis 64 ans, considère toujours François Fillon comme "le futur président". "Ça nous a fait un choc, mais je garde confiance en lui, ce qu'il a fait pour Sablé était très très bien", assure-t-elle, avant d'ajouter sans sourciller : "Attendons quinze jours, s'il faut qu'il rende de l'argent, il le rendra, mais il n'est pas responsable. C'est un homme droit et juste."
Certains habitants n'hésitent pas non plus à reprendre à leur compte les accusations lancées par le candidat dans la tourmente à l'encontre de la gauche, responsable selon lui d'un "coup d'État institutionnel".
"C'est un complot. Je ne crois pas aux accusations, on essaie de l'enterrer pour que la gauche gagne l'élection. Mais c'était le seul capable de battre tout le monde", soutient ainsi Aldo, peintre en bâtiment à la retraite.
Quant à l'épouse du candidat, peu souhaitent en parler. "Penelope est une femme très, très, effacée, on la voit faire ses courses. Il se pourrait même qu'elle ne soit pas au courant de tout cela", soupçonne Jeannine.
Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.
La sénatrice centriste Nathalie Goulet demande l’installation d’une commission d’enquête sur les cyberattaques et les fuites de données, qui portent atteinte à la souveraineté numérique du pays. Ces derniers mois, les incidents de ce type se sont accumulés à une fréquence inquiétante.
À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.