« Le futur président doit prendre en compte la situation de la Guyane ! »
"Le futur président doit prendre en compte la situation de la Guyane... On n'aura pas fait un mois de conflit pour rien", lance un couple en...

« Le futur président doit prendre en compte la situation de la Guyane ! »

"Le futur président doit prendre en compte la situation de la Guyane... On n'aura pas fait un mois de conflit pour rien", lance un couple en...
Public Sénat

Par Marion BRISWALTER

Temps de lecture :

4 min

Publié le

"Le futur président doit prendre en compte la situation de la Guyane... On n'aura pas fait un mois de conflit pour rien", lance un couple en arrivant samedi voter à Rémire-Montjoly, deuxième commune du département en nombre d'électeurs.

Au lendemain de la signature de l'accord qui met fin à un mois de conflit social dans ce territoire français d'Amérique du sud, les bureaux de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle ont ouvert à 8H00 (13H00 heure de Paris).

En fin de matinée, les 93.000 électeurs ne se pressaient toutefois pas pour voter. Le taux de participation était de 18,93% à 12H00, en recul par rapport à 2012 (20,64%).

Ambiance très calme à l’hôtel de ville de Rémire-Montjoly, ville limitrophe de Cayenne. Les habitants ont pu se déplacer en voiture sans embûches, les barrages routiers ayant été levés. Seuls subsistent au bord des ronds-points, des pneus, des palettes et des détritus abandonnés, vestiges d’un mois de siège.

"Aujourd’hui, certaines personnes avaient l’empressement de venir. Il y en a qui attendaient avant même l’ouverture", raconte Jean-Charles, employé municipal.

Bureau de vote numéro 7 : près de deux heuresaprès l'ouverture du scrutin, une centaine d'électeurs avaient accompli leur devoir, sur 1.170 inscrits. Un déplacement en famille, avec des enfants en bas âge en poussette.

Un couple de Montjoliens d'une cinquantaine d'années fait allusion au tumulte de ces dernières semaines: "le futur président doit prendre en compte la Guyane. On n’aura pas fait un mois de conflit pour rien ! Il faut des réponses sur tous les points: la sécurité, le sanitaire, l’éducation".

A quelques kilomètres de là, l'école élémentaire de Zéphir, dans Cayenne, a été évacuée en urgence il y a deux ans pour des raisons de sécurité dans des préfabriqués installés dans un stade scolaire.

Un bureau de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle de Remire-Montjoly en Guyane, le 22 avril 2017
Un bureau de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle de Remire-Montjoly en Guyane, le 22 avril 2017
AFP

"L’affluence est moins importante qu’en 2012, mais la journée ne fait que commencer", constate Sandra Trochimara, conseillère municipale.

- Le conflit dans toutes les têtes -

Le blocage des services postaux et du fret aérien a engendré des retards dans l’acheminement du matériel de vote, et rendu parfois impossible l’arrivée des procurations, des professions de foi et des affiches. Dans Cayenne et sa périphérie, les affiches n’ont pas été collées, à l’exception de trois à quatre candidats sur les onze.

Mais, promettait vendredi la préfecture, "tous les moyens possibles ont été mobilisés pour acheminer en temps et en heure le matériel dans les 115 bureaux de vote". Des rotations en "avion, hélicoptère, pirogue" et l’aide de la gendarmerie ont notamment été nécessaires.

Malgré tout, "très peu d’électeurs ont reçu leur carte d’électeur. Donc il y a un engorgement au niveau administratif", déplore Roger Arel, assesseur d’un bureau de vote de Cayenne.

Dans les bureaux de vote, le conflit est encore dans toutes les têtes. On débat des besoins structurels pour la Guyane, comme des internats insuffisants et en mauvais état.

"Il faut que le prochain gouvernement ait des mots pour la Guyane. Mais on lui rafraîchira les idées si besoin", assure Michel, jeune retraité d’un quartier balnéaire de Cayenne.

"Il faut qu’il comprenne que ce qu’on a fait, on le fera avec le suivant. Je suis super fier que les Guyanais aient donné l’exemple", ajoute cet homme, qui a participé activement au mouvement.

Il y a cinq ans, en 2012, François Hollande était arrivé en tête du premier tour, avec 42,6% des suffrages, devant Nicolas Sarkozy. En 2007, c'était ce même Nicolas Sarkozy qui avait viré en tête (41,3%) devant Ségolène Royal.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le