La remise en cause très probable du calendrier de réalisation du métro du Grand Paris met le gouvernement sous pression, alors que ses coûts...
Le gouvernement attendu sur le nouveau calendrier du métro du Grand Paris
La remise en cause très probable du calendrier de réalisation du métro du Grand Paris met le gouvernement sous pression, alors que ses coûts...
Par Jean LIOU
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La remise en cause très probable du calendrier de réalisation du métro du Grand Paris met le gouvernement sous pression, alors que ses coûts explosent et qu'approche l'échéance des jeux Olympiques de 2024.
Le Premier ministre Edouard Philippe doit dévoiler dans la semaine, a-t-on indiqué à Matignon, les arbitrages de l'exécutif sur cet immense chantier de 200 km de lignes et 68 stations.
Le Grand Paris Express, lancé sous Nicolas Sarkozy et affiné sous François Hollande, comprend quatre lignes nouvelles de métro automatique, numérotées de 15 à 18, ainsi que des prolongements de la ligne 14. S'articulant autour d'une ligne circulaire, plusieurs branches doivent relier les aéroports d'Orly et Roissy-Charles de Gaulle, le pôle scientifique de Saclay et des quartiers sensibles de Seine-Saint-Denis, comme à Clichy-sous-Bois et Montfermeil.
Pour construire l'essentiel de ce nouveau réseau présenté comme "le plus grand projet urbain en Europe", l'Etat a créé à cet effet un établissement public doté de recettes propres, la Société du Grand Paris (SGP).
Les premiers travaux ont commencé au nord-ouest et au sud de Paris. L'ensemble doit théoriquement ouvrir par étapes entre 2019 et 2030. Une bonne partie est normalement prévue pour les JO de 2024, d'autant que Manuel Valls a avancé le calendrier quand il était Premier ministre.
Mais tout ne sera pas fini à temps: le chantier a pris du retard pour cause d'inondation au nord-ouest, tandis que la ligne 15, au sud, pourrait n'être achevée qu'en 2024 au lieu de la date de 2022 officiellement annoncée. Que dire des autres tronçons où les travaux n'ont pas encore commencé?
"Le schéma d'ensemble n'est pas remis en cause", a assuré à plusieurs reprises, et encore mardi au Sénat, la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Pas d'abandons de lignes, donc.
Le président de la Société du Grand Paris (SGP), Philippe Yvin, le 15 septembre 2015 à Paris
AFP/Archives
Mais le gouvernement a demandé en septembre au préfet de l'Ile-de-France de réfléchir à un échéancier du projet. Le Premier ministre devrait donner cette semaine "le calendrier recalé sur des bases réalistes", selon les mots de Mme Borne.
- JO et exposition universelle -
Critiquant sévèrement le manque d'expertise technique et financière de la Société du Grand Paris, la Cour des Comptes a déjà demandé "une révision du périmètre du projet et de son phasage", car la facture s'est envolée.
Chiffré à 19 milliards d'euros lors du débat public en 2010, le super-métro devrait finalement coûter 35,08 milliards. La note atteint même 38,48 milliards si l'on ajoute la contribution demandée à la SGP pour financer d'autres projets, comme le RER E. S'inquiétant d'une "trajectoire financière non maîtrisée", la Cour des Comptes craint que sa dette ne devienne incontrôlable.
La présidente (LR) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a dans la foulée du rapport demandé "un plan de redressement" du chantier.
Dans ce contexte, le président de la SGP, Philippe Yvin, devrait prendre la porte, selon des sources concordantes.
Avant même les annonces gouvernementales, des voix s'élèvent déjà qui s'inquiètent pour tel ou tel tronçon jugé menacé.
Le patron de l'organisation des jeux Olympiques de Paris 2024, Tony Estanguet, s'est publiquement inquiété pour la ligne 17 qui doit notamment relier le village olympique de Saint-Denis Pleyel, le centre de presse du Bourget et Roissy, à travers la Seine-Saint-Denis.
Autre source de préoccupation: la desserte de Saclay (Essonne), coeur du futur grand pôle scientifique et technologique Paris-Saclay. La ligne 18 doit théoriquement arriver en 2024 mais le chantier pourrait prendre un ou deux ans de plus. Pétitions et lettres ouvertes se multiplient, avec le soutien d'influents députés LREM de l'Essonne comme Cédric Villani et Amélie de Montchalin, et la mobilisation de la communauté universitaire et étudiante de ce secteur.
Saclay avait également été désigné pour accueillir l'Exposition universelle de 2025, mais la France a finalement renoncé à poser sa candidature.
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