Le gouvernement cherche à donner une touche plus sociale à son action
Accusés de prendre des mesures « pour les riches », les ministres se sont réunis en séminaire dimanche, afin de renforcer leur cohésion et leur argumentaire. Mais aussi pour préparer les chantiers à venir.

Le gouvernement cherche à donner une touche plus sociale à son action

Accusés de prendre des mesures « pour les riches », les ministres se sont réunis en séminaire dimanche, afin de renforcer leur cohésion et leur argumentaire. Mais aussi pour préparer les chantiers à venir.
Public Sénat

Par Guillaume Jacquot (Sujet vidéo : Sandra Cerqueira)

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4 min

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La mécanique est maintenant bien rodée : ambiance de travail, et en même temps, détendue. Le gouvernement s’est réuni pour son troisième séminaire, dimanche à Matignon. Après une rentrée marquée par la mise en place des ordonnances réformant le Code du Travail et la présentation du budget 2018, le gouvernement cherche à resserrer les rangs et à accorder ses violons.

C’est le Premier ministre lui-même, en tenue décontractée, qui a filé la métaphore musicale à son arrivée. « Un gouvernement, c’est un orchestre : pour qu’un orchestre joue bien, il faut que chacun joue sa partition, mais aussi que chacun sache quelle partition joue l’autre ».

En d’autres termes, le gouvernement cherche à éviter le moindre couac, dans une période où l’exécutif est accusé à gauche de mener une politique « pour les riches ». Le sénateur Rachid Temal, coordinateur du PS, dénonce même ce matin un budget qui « organise la chasse aux pauvres ».

Le champ médiatique labouré

Émission politique sur France 2 le 28 septembre, entretien fleuve à Libération le 3 octobre, interview dans la matinale d’Europe 1 ce lundi : Édouard Philippe multiplie les rendez-vous médiatiques pour faire le service après vente des réformes engagées et tenter de faire taire les critiques d’une politique « de droite ». « Derrière cette idée que le budget serait déséquilibré, il y a soit de l’incompréhension, soit de la mauvaise foi », assène Édouard Philippe.

Le chef du gouvernement défend au contraire ce matin « énormément de mesures destinées à améliorer la situation des plus fragiles », citant notamment la revalorisation de certains minima sociaux (allocation adulte handicapé, minimum vieillesse), la hausse de la prime d’activité ou encore les baisses de cotisations pour les salariés du privé.  D’autres parlementaires de la majorité ont eux aussi insisté sur la « vision globale » du budget 2018 ces derniers jours.

À notre micro, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent affirme qu’il ne s’agit que d’une « espèce de vernis social », un « cache-misère », destiné à masquer un « budget de profonde injustice ».

Pierre Laurent raille le « vernis social » du budget 2018
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Images : Public Sénat / Sandra Cerqueira

Juger les « résultats »

Car ces hausses en question sont éclipsées depuis plusieurs semaines par les sujets polémiques du moment : la réforme de l’ISF, et son manque à gagner pour l’État de plus de trois milliards d’euros, et la baisse des APL. À Bercy, Bruno Le Maire, qui demande à être jugé sur les « résultats », assume et se dit ce lundi « prêt à une évaluation des choix fiscaux » d’ici deux ans. Le dispositif comprendrait l’Insee, la direction du Trésor, la Cour des comptes, mais aussi des parlementaires.

Désireux de mettre davantage l’accent sur des mesures sociales, le gouvernement s’attelle déjà aux futurs chantiers. Au cours du séminaire, les ministres sont briefés sur le calendrier des prochaines réformes, afin d’avoir une « vision globale de l’action gouvernementale ».

Des gestes pour les étudiants

Sur la feuille de route, il y a notamment le deuxième grand chantier social du début du quinquennat : la réforme sensible de l’assurance chômage, de l’apprentissage et de la formation professionnelle. Les consultations sociales doivent démarrer jeudi à l’Élysée.

Il est aussi question des étudiants. Les deux principales organisations, la Fage et l’Unef, sont reçues ce lundi à Matignon dans le cadre du « plan étudiant », en cours de préparation. Il y est notamment question de mettre en place des « contrats de réussite », mais aussi de prendre des mesures en faveur du pouvoir d’achat, notamment à travers la sécurité sociale.

L’Unef appelle d’ailleurs les étudiants à défiler ce mardi, « pour l’amélioration des conditions d’études », le même jour que la journée d’action des fonctionnaires (lire notre article). C’est la première fois en dix ans que les neuf organisations syndicales de la fonction publique affichent un front uni.

C’est ce climat social qui explique sans doute pourquoi une éventuelle réforme de la politique familiale n’est pour l’heure pas à l’agenda. La fin de l’universalité des allocations familiales est une piste politiquement risquée.

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». 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