« Le gouvernement fait l’amalgame entre les black blocs et La France Insoumise », selon Christophe Bourseiller

Alors que les mouvements sociaux semblaient perdre de l’ampleur depuis la promulgation de la loi contre la réforme des retraites, le 1er mai a été marqué par une mobilisation historique des Français. La CGT a recensé plus de deux millions de manifestants à travers l’Hexagone. Mais si la fête du Travail a été l’occasion pour le peuple d’exprimer pacifiquement son ras-le-bol, elle a également été ternie par de nombreux débordements et violences.
Antoine Ogier

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Un contexte social tendu

 

Si la plupart des manifestations se sont tenues dans le calme, les black blocs sont venus gâcher la fête : incendies, jets de pavés, affrontements avec les forces de l’ordre, plus de 400 policiers et gendarmes ont été blessés et plusieurs centaines d’individus ont été placés en garde à vue. Des arrestations qui pour autant ne débouchent que très rarement sur des poursuites pénales : d’après le parquet de Paris, sur les centaines de personnes placées en garde à vue, les trois quarts ont été relâchées. Interrogé sur le plateau d’ « Et Maintenant ! », l’écrivain et historien Christophe Bourseiller considère que les violences dans les cortèges relèvent d’une organisation quasi paramilitaire, qui agit groupée et obéit à des chefs.

Depuis les années 2010 on est face à des ligues paramilitaires […] il y a une évolution qui va de pair avec une hiérarchisation

406 policiers et gendarmes blessés

Alors que la gauche accuse le gouvernement de jouer l’escalade sécuritaire, la droite fustige l’extrême gauche, qui chercherait, selon elle, à multiplier les invectives dans le but de soulever le peuple contre la République. Interrogé sur ces questions, notre invité Christophe Bourseiller souligne là une erreur d’appréciation de la part du gouvernement qui selon lui « fait l’amalgame entre les black blocs et la France insoumise ».

Violences : A qui la faute ?

Pour ces prises de parole virulentes à l’encontre du pouvoir, Jean-Luc Mélenchon est régulièrement pointé du doigt par l’exécutif comme étant responsable de l’escalade de la violence, mais pour Christophe Bourseiller « Jean-Luc Mélenchon n’a jamais appelé à s’en prendre à la police ».

Les black blocs et la France insoumise sont deux choses complétement différentes

Une violence envers l’autorité qui inquiète et qui interroge par son changement de nature et de forme, mais qui n’empêche pas l’intersyndicale et la Nupes de demander aux Français de poursuivre le combat. Appel à manifester le 6 juin, perturbation pour la fête nationale le 14 juillet, boycott et menace sur les JO de Paris 2024, l’opposition fait savoir qu’elle ne lâchera rien et que c’est par la rue qu’elle pourra se faire entendre. 

 

Retrouver l’émission en intégralité ici

Partager cet article

Dans la même thématique

« Le gouvernement fait l’amalgame entre les black blocs et La France Insoumise », selon Christophe Bourseiller
5min

Politique

Après les violences urbaines et les pillages du 17 octobre, « le président de la République n'a apporté aucune solution, aucun cap », déplore Hervé Marseille

Au micro de Public Sénat, le président du groupe centriste au Sénat, constate avec sévérité l’impuissance et l’inertie du gouvernement face aux violences du week-end. S’il réfute toute volonté de pourrissement du mouvement de la part de l’exécutif, il estime cependant que les revendications portées depuis plus d’un mois par les lycéens ont été laissées « en jachère », dans un contexte social d’autant plus tendu que les crises s’enchaînent.

Le

Sebastion Lecornu press conference in Merignac
5min

Politique

 « Défaut de renseignement », « sous-estimation » de la colère sociale, « stratégie de pourrissement » : le gouvernement a-t-il failli samedi dernier ?  

Face aux pillages et dégradations lors des manifestations de ce samedi 17 octobre, le gouvernement est vivement critiqué pour sa doctrine de maintien de l’ordre. Alors que circulaient depuis plus d’un mois des appels à manifester ce samedi 17 octobre et que les lycéens et étudiants sont dans la rue depuis trois semaines, le gouvernement semble avoir sous-estimé la colère et les débordements possibles ce samedi.

Le

Clashes During Paris Austerity Protests
6min

Politique

Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?

Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.

Le

La sélection de la rédaction

« Le gouvernement fait l’amalgame entre les black blocs et La France Insoumise », selon Christophe Bourseiller
3min

Institutions

Violences dans les manifestations : « une commission d’enquête est  nécessaire », défend Violette Spillebout

L’Assemblée nationale pourrait mettre en place une commission d’enquête parlementaire sur les violences qui ont émaillé les dernières manifestations en France. Invitée de Public Sénat et LCP, la députée Renaissance Violette Spillebout répond aux critiques de la gauche, qui reproche à la majorité de laisser de côté les violences policières.

Le