Le gouvernement insiste sur la carte verte
Place à "une écologie souriante" qui ne serait pas qu'un "truc de bobo": Edouard Philippe a teinté de vert sa rentrée politique,...

Le gouvernement insiste sur la carte verte

Place à "une écologie souriante" qui ne serait pas qu'un "truc de bobo": Edouard Philippe a teinté de vert sa rentrée politique,...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Place à "une écologie souriante" qui ne serait pas qu'un "truc de bobo": Edouard Philippe a teinté de vert sa rentrée politique, comme promis pour l'acte II du quinquennat, en réservant son premier déplacement à Roubaix, terrain d'une expérimentation zéro déchet.

Mi-perplexe, mi-amusé, le Premier ministre observe une pincée de poudre de coquille d'oeuf versée dans le creux de sa paume et l'étale avec son pouce. "Eh bien, j'ai appris quelque chose", souffle-t-il en s'adressant à Magdalene Deleporte, habitante de Roubaix, qui vient d'expliquer avoir récuré efficacement et à peu de frais le fond de son compotier grâce à cette astuce.

A l'heure où l'exécutif a choisi d'insister sur la thématique environnementale, cette visite dans la ville du Nord, frappée d'un important taux de pauvreté (44,3% en 2016 selon l'Insee), doit illustrer la possibilité d'une écologie du quotidien bénéfique à la population. "Une écologie souriante", lance même Edouard Philippe, reprenant à son compte une expression du maire (DVD) Guillaume Delbar.

"Ce qui nous a intéressés, c'est d'essayer de battre en brèche une idée un peu agaçante selon laquelle tout ce qui est économie circulaire, réemploi, recyclage, ce serait un truc de bobo", développe Edouard Philippe

"C'est bon économiquement et bon écologiquement", témoigne-t-il encore devant la presse, en prenant pour preuve les calculs de Mme Deleporte, qui fait partie des 500 familles zéro déchet de la ville: 1500 euros épargnés par an en fabriquant soi-même lessive, shampoing ou éponges, soit "deux semaines de vacances" avec son mari et ses deux filles.

"Il ne s'agit pas de dire que tout le monde doit vivre comme cela, mais il s'agit de dire que c'est possible et que nous pouvons, avec un certain nombre de textes, avec un certain nombre d'incitations de la part du gouvernement, favoriser ceux qui font ce choix", plaide-t-il encore.

Accompagné de la nouvelle ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, de la secrétaire d'Etat Brune Poirson, ou encore du patron de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'Energie (Ademe) Arnaud Leroy, le Premier ministre a longuement écouté des entrepreneurs roubaisiens spécialisés dans l'économie circulaire. Il en est ressorti avec "beaucoup de pêche" et la conviction que le projet de loi anti-gaspillage, dont l'examen va débuter au Parlement fin septembre, "va dans le bon sens".

- "Que les choses bougent" -

Lui qui ne prétend "pas du tout être le plus vertueux ni le plus exemplaire" en la matière l'assure: "j'ai compris que le sujet est important". Au fond de la cuisine de Mme Deleporte, il embraye: "ce que je retiens à l'issue du Grand débat, c'est que les Français veulent qu'il se passe quelque chose. Pas une taxe, mais que les choses bougent".

L'exécutif a donc saisi la balle au bond, à l'image de l'activisme vert d'Emmanuel Macron durant le G7, prompt à défendre l'Amazonie et à dénoncer l'accord de libre-échange UE-Mercosur. "J'ai changé ces derniers mois, très profondément", martèle le chef de l'Etat.

Idem au gouvernement où "on veut montrer qu'on ne lâche pas la balle, qu'on a compris le problème et que ce n'est pas qu'un sujet pré-élection européenne", prévient un proche du Premier ministre.

A ceux qui corrèlent cette accélération au score important obtenu par la liste des Verts aux européennes (13,5%), Edouard Philippe rétorque que cette volonté "de s'engager davantage" en matière d'écologie n'est "pas un choix de circonstance".

"J'observe qu'il y a quelque temps, ils nous disaient qu'on ne faisait pas assez et maintenant j'entends qu'ils disent qu'on en fait trop", grince-t-il, en rappelant qu'Emmanuel Macron avait "placé ce thème au coeur de l'acte II" du quinquennat.

Il n'en reste pas moins que le redressement progressif de la cote de popularité de l'exécutif après la crise des "gilets jaunes" semble être en partie dû au succès enregistré auprès des électeurs Europe Ecologie Les Verts: 41% de satisfaits en août, +14 points par rapport à juillet selon un sondage Ifop pour le JDD. Une donnée non négligeable à sept mois des municipales.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le