« Le gouvernement nommé hier pouvait apparaître comme une provocation pour les Français », juge le sénateur Les Indépendants Pierre-Jean Verzelen

Le sénateur Les Indépendants de l’Aisne Pierre-Jean Verzelen a réagi au micro de Public Sénat à la démission de Sébastien Lecornu. Il juge sévèrement le Président de la République, qu’il enjoint de « laisser le pouvoir ». Il souhaite la nomination d’un Premier ministre disposant de larges marges de manœuvre et ne craint pas une dissolution, voire une démission d’Emmanuel Macron.
Mathilde Nutarelli

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Le sénateur Les Indépendants de l’Aisne Pierre-Jean Verzelen, membre du bloc central, était l’invité de Public Sénat ce midi. Il est revenu sur le coup de théâtre de ce matin, la démission surprise de Sébastien Lecornu.

« Lors de la dissolution l’an dernier, les Français ont mis un stop au Président de la République »

Selon lui, elle est le résultat d’une situation institutionnelle et politique inédite. « La Ve République a résisté à tout : la cohabitation, la majorité relative et, depuis 2024, pas de majorité du tout. On est arrivés au bout », a-t-il expliqué. Mais pour le sénateur, c’est également la faute d’Emmanuel Macron : « Lors de la dissolution l’an dernier, les Français ont mis un stop au Président de la République en disant ‘ce n’est plus à vous de gouverner maintenant’. Visiblement, le Président n’en a pas tenu compte, le gouvernement nommé hier pouvait apparaître comme une provocation pour les Français et pour les mouvements qui faisaient partie du socle commun ».

« Il faudrait deux choses : [que le Président] préside et qu’il comprenne qu’il n’a plus le pouvoir »

Pour sortir de l’ornière, le sénateur ne se montre pas plus tendre avec le chef de l’Etat. « Il faudrait deux choses : [que le Président] préside et qu’il comprenne qu’il n’a plus le pouvoir », assène-t-il. Trois solutions s’offrent à lui, d’après Pierre-Jean Verzelen : « Soit Emmanuel Macron décide de se délester du pouvoir et de nommer un nouveau Premier ministre en lui donnant les coudées franches pour nommer un gouvernement de rupture, ou bien il a la solution de la dissolution, ou peut-être à un moment, s’il n’y a aucune solution possible, d’envisager le fait qu’il démissionne ».

« Si c’est un Premier ministre de gauche, le truc ne marchera pas »

Cette éventualité ne fait pas peur à l’élu, qui l’assure, si les Premiers ministres continuent de tomber les uns après les autres, « la question va se poser ». D’ici là, il appelle à la nomination à Matignon d’une personne relativement neuve dans l’arène politique, mais il doute de la faisabilité d’un Premier ministre de gauche. « Vu la composition de l’Assemblée nationale si c’est un Premier ministre de gauche, le truc ne marchera pas et on se retrouvera avec les mêmes problèmes que depuis quelques heures », anticipe-t-il.

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