Un vaste débat national sur le bien-manger et le bien-produire s'est engagé jeudi à Paris entre gouvernement, agriculteurs, industrie et ONG,...
Le gouvernement ouvre un débat national sur l’alimentation
Un vaste débat national sur le bien-manger et le bien-produire s'est engagé jeudi à Paris entre gouvernement, agriculteurs, industrie et ONG,...
Par Emmanuelle TRECOLLE et Isabel MALSANG
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Un vaste débat national sur le bien-manger et le bien-produire s'est engagé jeudi à Paris entre gouvernement, agriculteurs, industrie et ONG, afin d'essayer d'ici la fin de l'année de sortir de la crise agricole tout en amorçant la transition écologique.
Devant 500 personnes, et en l'absence du président Macron et de deux des ministres annoncés, Agnès Buzyn (Santé) et Bruno Le Maire (Economie), la question du revenu des agriculteurs et du partage de la valeur ajoutée a vite pris le dessus des débats, montrant des avis très opposés mais dans une ambiance policée.
Soulignant la "détresse" de certains paysans qui n'arrivent plus à vivre de leur travail, le Premier ministre Edouard Philippe a demandé aux participants de répondre à plusieurs questions: "pourquoi une partie de la valeur ne redescend pas de la distribution vers la production?" et "pourquoi certains producteurs se font mieux entendre que d'autres dans le cadre de leurs négociations commerciales?"
Les Etats généraux de l'alimentation s'ouvrent sans Emmanuel Macron
AFP
L'industrie mais surtout la grande distribution font figure d'accusés aux yeux des agriculteurs, dont la moitié gagnent moins de 350 euros par mois.
Pour le ministre Stéphane Travert, ces Etats généraux seront l'occasion de "trouver des accords gagnant-gagnant-gagnant, et de renforcer le triptyque producteurs, transformateurs, distributeurs".
"Depuis trop longtemps, en France, nous sommes soumis à une forme de négociation sous contrainte qui se finit toujours quand un des acteurs se retrouve broyé par l'autre. Aujourd'hui, je souhaite qu'on soit dans une culture de compromis. Comme l'a dit Emmanuel Macron durant sa campagne: il faut faire travailler les progressistes des deux rives, c'est ce que nous faisons ici dans ces états généraux", a clamé le ministre.
Cet unanimisme inquiète tout de même certains. "J'espère que ces Etats généraux ne vont pas être une opération pour justifier une vaste augmentation des prix", s'est exclamé Alain Bazot, le patron de l'UFC-Que Choisir.
"J'espère qu'aujourd'hui est le début de quelque chose de magnifique", a pour sa part rassuré le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot.
Le Premier ministre Edouard Philippe s'exprime à l'ouverture des Etats généraux de l'alimentation à Paris, le 20 juillet 2017
AFP
Il serait "dommage" d'avoir "de petites ambitions sur ces Etats généraux (...) car il y a un alignement de planètes qui, si l'on ne mijote pas nos petits préjugés comme si on avait l'éternité devant nous, peut faire rentrer l'agriculture dans le 21e siècle".
Malgré la confiance de Nicolas Hulot, la présidente de la Fondation pour la nature et pour l'homme (ex-fondation Hulot), Audrey Pulvar, a exprimé des réserves, s'inquiétant notamment de l'absence du président de la République et sur les ambitions réelles de ces états généraux.
"Que restera-t-il de cette ambition s'il ne reste qu'un +agenda des solutions+, ça nous semble une toute petite ambition", a-t-elle déclaré demandant au nom d'une quarantaine d'associations et ONG une "troisième phase, plus politique" qui permette un "engagement sur le temps long".
Emmanuel Macron interviendra dans les débats cet automne, a promis M. Travert, en soulignant qu'il y aurait "une décision politique" à l'issue des travaux, "on est là pour ça".
- Malbouffe contre bio -
Les débats ont opposé beaucoup d'autres arguments: malbouffe industrielle contre impératifs de santé publique à l'heure où 17% de la population est en surpoids ou obèse, agriculture industrielle exportatrice contre production vivrière locale de qualité, bio ou pas.
Les Etats généraux de l'alimentation s'ouvrent sans Emmanuel Macron
AFP/Archives
Comme gage de bonne volonté, des associations d'industriels, des organismes agricoles et la Fédération du commerce et de la distribution ont établi conjointement en amont de la rencontre un "diagnostic de la filière alimentaire", distribué aux participants.
"On n'aurait pas fait ça il y a un an", a commenté un des signataires, le président de l'Ilec (représentant les plus gros industriels) Richard Panquiault.
Les travaux continueront jusqu'à mi-novembre au travers de quatorze ateliers rassemblant chacun une quarantaine de personnes de tous les horizons.
Au sommet de la pyramide, un atelier transversal sera férocement discuté: celui qui doit discuter de la répartition des cinq milliards d'euros du plan de modernisation de l'agriculture promis durant la campagne.
Par ailleurs, une consultation sur internet s'est ouverte à tous jeudi (egalimentation.gouv.fr). Elle a reçu 450 contributions dès le premier jour, sans que l'on sache encore exactement comment elles seront intégrées à "l'agenda des solutions" promis par M. Travert.
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