Le gouvernement Philippe 2: plus de société civile et moins de MoDem
Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont formé mercredi un gouvernement étoffé, après la cascade de démissions enregistrées depuis lundi, avec 30...

Le gouvernement Philippe 2: plus de société civile et moins de MoDem

Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont formé mercredi un gouvernement étoffé, après la cascade de démissions enregistrées depuis lundi, avec 30...
Public Sénat

Par Hervé ASQUIN et Laurence BENHAMOU

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Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont formé mercredi un gouvernement étoffé, après la cascade de démissions enregistrées depuis lundi, avec 30 membres contre 23 dans l'équipe précédente, une parité stricte (15 hommes/15 femmes) et une majorité de membres (17) venus de la société civile.

Cinq nouveaux ministres ont fait leur entrée dans le gouvernement Philippe 2. Deux sont issues du PS: la juriste et membre du Conseil constitutionnel Nicole Belloubet, nommée à la Justice où elle succède à François Bayrou, et Florence Parly aux Armées pour succéder à Sylvie Goulard.

Composition du gouvernement d'Edouard Philippe
Composition du gouvernement d'Edouard Philippe
AFP

La diplomate Nathalie Loiseau remplace aux Affaires européennes Marielle de Sarnez, Jacqueline Gourault, sénatrice MoDem, occupe un nouveau poste, celui de ministre auprès du ministre de l'Intérieur, et Stéphane Travert (ex-PS tôt rallié à M. Macron) s'empare du portefeuille de l'Agriculture.

Celui-ci était détenu dans le gouvernement Philippe 1 par Jacques Mézard (PRG), nommé à la Cohésion des Territoires en remplacement de Richard Ferrand.

La nouvelle équipe compte également neuf secrétaires d'Etat dont les quatre de l'équipe sortante qui conservent leurs postes.

Les cinq nouveaux venus sont Sébastien Lecornu (LR) et Brune Poirson (REM), nommés auprès du ministre de la Transition écologique, Jean-Baptiste Lemoyne (LR), auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Geneviève Darrieussecq (MoDem), auprès de la ministre des Armées, Julien Denormandie, auprès du ministre de la Cohésion des Territoires, et Benjamin Griveaux, auprès du ministre de l'Economie et des Finances.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont formé mercredi un gouvernement étoffé, après la cascade de démissions enregistrées depuis lundi, avec 30 membres contre 23 dans l'équipe précédente, une parité stricte (15 hommes/15 femmes) et une majorité (17)
Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont formé mercredi un gouvernement étoffé, après la cascade de démissions enregistrées depuis lundi, avec 30 membres contre 23 dans l'équipe précédente, une parité stricte (15 hommes/15 femmes) et une majorité (17) venus de la société civile.
AFP/Archives

Conformément aux souhaits exprimés par le candidat Macron pendant la campagne, certains ministres et secrétaires d'Etat n'ont pas de fonctions précises. "Ils ont vocation à être les adjoints des ministres auprès desquels ils sont nommés", précise-t-on à l'Elysée.

Geneviève Darrieussecq et Jacqueline Gourault restent les deux seules représentantes du MoDem au sein de l'exécutif alors que le parti centriste en comptait trois dans le gouvernement sortant. Sur le plateau du 20 heures de TF1, Edouard Philippe s'est toutefois réjoui que le MoDem reste "un des piliers" de la nouvelle équipe.

Quant à Julien Denormandie et Benjamin Griveaux, il s'agit de deux très proches du chef de l'Etat, le premier étant son ancien directeur de cabinet adjoint à Bercy et le second, le porte-parole de son mouvement, En Marche !

Pour cause de Fête de la musique, le secrétaire général de la présidence, Alexis Kohler, a dérogé à la tradition et a annoncé la composition du gouvernement depuis les jardins de l'Elysée. Avec un peu plus d'une heure et quart de retard sur l'horaire prévu, signe de tractations de dernière minute.

- Remaniement large et très politique -

Mercredi, un nouveau rebondissement avait rebattu les cartes: François Bayrou et Marielle de Sarnez, piliers du MoDem, avaient annoncé leur départ du gouvernement, emportés par les soupçons d'emplois fictifs pesant sur le parti, après Richard Ferrand lundi et Sylvie Goulard mardi.

Le garde des Sceaux sortant, François Bayrou, le 21 juin 2017 à Paris
Le garde des Sceaux sortant, François Bayrou, le 21 juin 2017 à Paris
AFP

Ce remaniement post-législatives, qu'on annonçait "technique" est ainsi devenu large et très politique.

A noter aussi que Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a conservé son poste alors qu'elle pouvait paraître à son tour menacée, au lendemain de perquisitions effectuées dans les locaux de Business France, organisme de promotion de la France auprès des investisseurs étrangers dont elle fut directrice générale. La justice enquête cette fois sur un marché lié à un déplacement en janvier 2016 de M. Macron, alors ministre de l'Économie, à Las Vegas.

Jeudi matin, le nouveau gouvernement se retrouvera pour son premier Conseil des ministres avec, à l'ordre du jour, la loi antiterroriste, censée prendre le relais de l'état d'urgence après sa sixième prolongation.

Dès mardi, Edouard Philippe avait glissé qu'il n'était "pas impossible" que la nouvelle équipe comprenne de nouveaux membres appartenant aux Républicains (LR). De fait avec l'arrivée de Jean-Baptiste Lemoyne, premier parlementaire LR à avoir rallié En Marche !, et de Sébastien Lecornu, proche de Bruno Le Maire.

"Un gouvernement d'action, rajeuni et motivé. Au boulot pour la France !", a immédiatement tweeté le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. De son côté, l'ancien patron du PS Jean-Christophe Cambadélis y a vu la "confirmation du caractère droitier et ENArchique du gouvernement".

Quant à Florian Philippot, vice-président du Front national, il a tweeté: "Remaniement large forcé par les affaires, gouvernement désormais pléthorique: la vieille politique est déjà de retour".

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