Le gouvernement présente lundi sa feuille de route pour développer l'économie circulaire, un système économique visant à préserver les ressources de la planète et l'environnement en encourageant notamment la réparation et le recyclage.
Le Premier ministre, Édouard Philippe, ainsi que la secrétaire d'État à la Transition écologique, Brune Poirson, en dévoileront le contenu à l'occasion d'une visite d'une usine SEB à Mayenne (Mayenne).
Le spécialiste du petit électroménager mise notamment sur des produits pouvant être réparés, un principe clé de l'économie circulaire. Mais outre la réparation, l'économie circulaire s'appuie sur des pratiques telles que le réemploi et le recyclage afin de limiter la consommation de matières premières, d'eau ou d'énergie, ainsi que le rejet de déchets.
La secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, à l'Assemblée nationale à Paris le 10 avril 2018
AFP/Archives
Le gouvernement doit montrer lundi les pistes retenues pour améliorer la gestion du cycle de vie des produits, de leur conception jusqu'à leur traitement lorsqu'ils deviennent déchet.
La France toutefois "n'a pas à rougir" de sa situation actuelle concernant l'économie circulaire, selon Alain Geldron, l'expert en matières premières de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).
Elle est "très dynamique, assez novatrice, par exemple la pénalisation de l'obsolescence programmée est regardée avec beaucoup d'intérêt dans de nombreux pays", a-t-il indiqué à l'AFP.
Cette pénalisation avait été introduite par la loi de transition énergétique de 2015, qui a également fixé une série d'objectifs en matière de tri et de recyclage, tels que la valorisation de 65% des déchets en 2025.
- Au-delà du recyclage -
Pour élaborer sa feuille de route, le gouvernement s'est notamment appuyé sur des synthèses réalisées par des groupes de travail rassemblant des acteurs concernés par le sujet (professionnels, experts, associations).
Des bouteilles et divers emballages plastiques dans un container destiné au tri sélectif des déchets ménagers, à Albi le 02 décembre 2003
AFP/Archives
Plusieurs pistes sont ressorties de ces travaux, notamment simplifier et harmoniser les règles de tri ou encore mettre en place un système de consigne sur certains emballages, comme les bouteilles plastiques, les canettes et les piles, afin d'améliorer leur collecte et leur taux de recyclage.
Pour cela, la France pourrait s'inspirer des systèmes ayant fait leurs preuves dans d'autres pays européens comme l'Allemagne ou le Danemark.
Le gouvernement envisage aussi d'adapter la fiscalité pour rendre l'élimination des déchets plus chère que le recyclage, ce que réclament certaines ONG comme France Nature Environnement.
Mais "il faut faire en sorte que l'économie circulaire ne soit pas simplement cantonnée au recyclage", a précisé à l'AFP Patrick Hervier, référent économie circulaire de France Nature Environnement, soulignant que le tri restait aujourd'hui "la forme la plus visible" de l'économie circulaire.
Avant d'avoir recours au recyclage qui capte, selon lui, une grande partie des soutiens financiers, le monde associatif milite ainsi pour privilégier le réemploi et la réparation. La feuille de route devrait inclure des mesures visant à soutenir ces deux créneaux d'activité, aujourd'hui en difficulté.
Le gouvernement pense notamment à développer des plateformes numériques de mise en relation des réparateurs avec les consommateurs ainsi qu'à des mesures fiscales "pour permettre une baisse effective des prix des services de réparation", selon un document du ministère publié sur internet.
Cette proposition devrait être accueillie favorablement par les ONG de défense de l'environnement et par les acteurs du secteur. Dans une lettre ouverte publiée fin mars, ces derniers suggéraient notamment de baisser la TVA pour les actes de réparation, mais aussi de créer un chèque réparation et d'"imposer aux fabricants une durée minimale (...) de disponibilité des pièces détachées à des prix raisonnables".
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