Le gouvernement retrouve les partenaires sociaux pour évoquer les dossiers chauds de la rentrée
Le Premier ministre, entouré de plusieurs ministres, va recevoir sur trois jours les organisations syndicales et patronales pour un « retour de terrain » sur les principaux sujets sociaux du moment. L’occasion pour les principaux concernés de réaffirmer leurs positions sur les réformes des retraites et de l’assurance chômage.

Le gouvernement retrouve les partenaires sociaux pour évoquer les dossiers chauds de la rentrée

Le Premier ministre, entouré de plusieurs ministres, va recevoir sur trois jours les organisations syndicales et patronales pour un « retour de terrain » sur les principaux sujets sociaux du moment. L’occasion pour les principaux concernés de réaffirmer leurs positions sur les réformes des retraites et de l’assurance chômage.
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La rentrée sociale est bel et bien lancée. Matignon entre dans le vif du sujet ce 1er septembre en ouvrant une série de rencontres bilatérales sur trois jours avec les partenaires sociaux. Les consultations en tête à tête commencent ce mercredi en fin d’après-midi, Jean Castex s’entretiendra notamment avec le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger et celui de Force ouvrière Jean Veyrier. Toutes les organisations syndicales et patronales représentatives vont défiler à l’hôtel de Matignon, mais aussi d’autres centrales comme l’Unsa ou la FSU. Le chef du gouvernement ne sera pas le seul à la table, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, celle du Travail Élisabeth Borne et le secrétaire d’Etat aux Retraites Laurent Pietraszewski sont aussi conviés.

Les sujets d’actualité à balayer sont nombreux, et certains sont épineux comme la réforme des retraites, en sommeil depuis le printemps 2020, ou la réforme de l’assurance chômage. Selon Matignon, le Premier ministre aborde la série d’entretiens « dans une posture d’écoute » et souhaite avoir un « retour de terrain ».

Retraites : le gouvernement veut « un échange sur la méthode »

Après avoir rencontré les partenaires sociaux au début de l’été, Emmanuel Macron avait chargé son gouvernement de poursuivre les échanges avec ces derniers à la rentrée. Il avait précisé que le chantier des retraites ne serait pas repris « tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée ». En juin, il avait aussi concédé que la réforme ne pouvait « être reprise en l’état ».

Hier dans un entretien au Monde, le numéro un de la CFDT Laurent Berger a réaffirmé son opposition à ce projet, dans le contexte actuel. « D’ici à 2022, ce serait de la folie de relancer un projet sur ce dossier, compte tenu du climat difficile dans lequel le pays se trouve. » Les positions des uns et des autres n’ont pas évolué au cours de l’été, rien de nouveau à attendre pour le gouvernement. Alors pourquoi mettre le sujet à l’ordre du jour ? « A ce stade, ce n’est pas l’annonce d’une réforme, c’est un échange sur la méthode qu’on souhaite mettre en place collectivement », explique-t-on dans l’entourage du Premier ministre.

Mi-juillet, le président du Sénat Gérard Larcher, rompu au dialogue avec les syndicats et les organisations patronales, appelait à cesser la « fuite en avant » sur ce dossier. « Cela devait être une mesure phare du quinquennat. Toute relance de cette réforme est conditionnée par un retour au dialogue avec les partenaires sociaux », martelait le troisième personnage de l’Etat.

La réforme de l’assurance chômage relancée dans un mois

Un autre point au menu sera probablement plus difficile, étant donné l’imminence de la question : la réforme de l’assurance chômage. Suspendue en référé par le Conseil d’Etat en juin, qui a estimé que le contexte économique était incertain donc inopportun, pour la mettre en œuvre, la réforme reste plus que jamais sur les rails. « La réforme de l’assurance chômage sera pleinement mise en œuvre dès le 1er octobre », a prévenu Emmanuel Macron le 12 juillet. Un nouveau décret est en préparation au ministère du Travail, malgré l’attente de la décision du Conseil d’Etat sur le fond de l’affaire.

Plusieurs syndicats veulent instaurer un rapport de force. Une intersyndicale composée de la CGT, Force ouvrière, la FSU, Solidaires et de plusieurs organisations de jeunesse appelle à une journée de mobilisation le 5 octobre, pour la défense des salaires et pour un arrêt de la réforme des retraites et de l’assurance chômage. « Il faut abandonner définitivement cette réforme de l’assurance chômage scandaleuse, qui détruit les droits et affaiblit les jeunes souvent touchés par la précarité », demande ainsi Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT. Le gouvernement estime à l’inverse que le timing est le bon pour mettre en œuvre les nouvelles modalités de calcul de l’allocation-chômage, avec la reprise de l’économie.

Les différents échanges entre le Premier ministre et les partenaires sociaux devraient aussi aborder la question de la formation professionnelle et des réponses à apporter aux tensions de recrutement dans plusieurs secteurs d’activité. Le gouvernement souhaiterait mettre en place un « plan global », notamment à destination des chômeurs de longue durée. Les ministres attendent également un tour de table sur le futur plan d’investissement dans les filières d’avenir, comme l’a demandé l’Elysée en juillet.

La situation des jeunes sans emploi ni formation sera abordée au cours des échanges, avec comme perspective le « revenu d’engagement », le dispositif promis par Emmanuel Macron mais dont les contours restent encore flous. Les aspects sociaux de la crise sanitaire – passe sanitaire, vaccination obligatoire ou évolution du travail – constituent l’un des autres points qui devraient animer les discussions. L’agenda s’annonce chargé.

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