Paris : session of questions to the government at the Senate
Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement. Crédits : JEANNE ACCORSINI/SIPA

Le gouvernement transmettra au Sénat les amendements votés sur le budget : « Les engagements pris seront tenus », assure Laurent Panifous

Alors que les députés entament l’examen en séance du budget de la Sécu, mettant en pause les travaux sur le budget 2026, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, assure que le gouvernement transmettra au Sénat « tous les amendements votés ». « C’est une formule qui nous va bien », réagit le président de la commission des finances du Sénat, Claude Raynal.
François Vignal

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Quoi qu’il arrive, les travaux de l’Assemblée nationale sur le budget ne passeront pas par pertes et profits. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a annoncé, ce mardi matin sur France 2, que « le premier ministre, et tout le gouvernement s’engagent » à « transmettre au Sénat » « tous les amendements votés […], selon les configurations politiques qui le permettront ». « C’est important, car ce qu’on fait, ce n’est pas une mascarade, ce n’est pas du théâtre », ajoute la ministre de Bercy.

Au gouvernement, qui recherche des compromis avec les socialistes, on entend montrer ainsi sa bonne volonté pour tenter d’arracher à la fin un budget, même si les chances sont pour le moins minces. « Ce que dit Amélie de Montchalin est très important. Les engagements pris seront tenus. La parole du gouvernement sera tenue. Le premier ministre est de bonne foi », soutient auprès de publicsenat.fr Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement. « Ce qui aura été le fruit d’un compromis ira au bout », affirme encore l’ancien député du groupe Liot, qui insiste :

 Quoi qu’il arrive, il y aura un chemin pour porter les engagements. 

Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement.

En réalité, le gouvernement reprendra les amendements de son choix. « Si on arrive au bout du délai, le gouvernement peut panacher et prendre dans les amendements votés », explique une source au sein de la majorité.

« Cela nous permet de nous préparer »

Au Sénat, on accueille favorablement l’annonce gouvernementale. « C’est une formule qui nous va bien, car cela nous permet de nous préparer et d’être prêt à reprendre le texte », réagit le président PS de la commission des finances de la Haute assemblée, Claude Raynal, qui n’estime « pas illogique » l’annonce faite par la ministre. Il y voit une volonté de « faire confiance au Parlement dans son ensemble. C’est un respect du Parlement ».

Le sénateur PS de Haute-Garonne expose les différentes hypothèses : « Soit l’Assemblée vote la première partie du budget sur les recettes, mais ne termine pas l’examen au bout des 40 jours limites, et le couperet tombe. Et le gouvernement transmet le texte avec les amendements retenus », « soit il n’y a pas de vote de la première partie, et le gouvernement peut transmettre en gardant les amendements. Soit il y a un vote de la première partie, et dans ce cas les amendements sont de fait votés ».

Possibilité accordée par l’article 47 de la Constitution

L’exécutif utiliserait ainsi l’une des multiples armes que lui offre la Constitution. « Ce qu’annonce Amélie de Montchalin, c’est en réalité que le gouvernement compte faire usage de la possibilité que lui accorde l’article 47 de la Constitution de faire passer le texte sans vote de l’Assemblée au Sénat si le texte n’a pas fini d’être examiné au bout de 40 jours. Ce n’est pas une obligation faite au gouvernement, juste une possibilité offerte », confirme sur X le constitutionnaliste Benjamin Morel.

Le maître de conférences en droit public de Paris Panthéon-Assas « note toutefois que, prise sous cette forme, la marge de manœuvre du gouvernement est aussi importante en première lecture que s’il utilisait le 49.3… et ce sans même que le Parlement n’ait à voter… » Le gouvernement sera en effet seul juge pour décider des amendements qu’il estime devoir être retenus, ou pas, au nom du compromis recherché, le nouveau graal politique.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Pope Leo XIV Welcomed by Emmanuel and Brigitte Macron in Paris
5min

Politique

Visite du pape en France :  Léon XIV est arrivé à Paris, demandez le programme

Top départ ce vendredi pour une visite de quatre jours du pape Léon XIV en France. Accueilli par Emmanuel Macron, ce vendredi matin, le souverain pontife va déambuler au cœur de Paris aujourd’hui, Il célébrera une messe géante place de la Concorde, samedi, avant de se rendre à Lourdes et Metz, dimanche et lundi. Un séjour durant lequel il abordera de multiples thèmes, dont l’intelligence artificielle, la question migratoire ou la lutte contre les violences sexuelles.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
10min

Politique

Sénatoriales : RN, LR, Horizons, PS, LFI… On vous résume les enjeux du scrutin

La moitié des sièges du Sénat sont remis en jeu dimanche. Recul des LR, rapports de force au sein de la majorité sénatoriale, possible groupe RN, PS et écologistes qui veulent limiter la casse et recomposition après 2027… Les enjeux sont multiples pour le dernier scrutin avant la présidentielle.

Le

Prix des carburants records, budget, menace russe, guerre en Iran : les points à retenir de l’interview d’Emmanuel Macron
9min

Politique

Prix des carburants records, budget, menace russe, guerre en Iran : les points à retenir de l’interview d’Emmanuel Macron

« On ne laissera pas les prix s'envoler pour les Français », s’est engagé le président de la République ce soir, lors d’une interview réalisée par TF1 et France 2. Durant quarante minutes, le chef de l’Etat s’est exprimé sur les grands sujets d’inquiétude du moment, dominés par la géopolitique et les conséquences sociales très dures dans le pays.

Le

Denmark Election
4min

Politique

Sondage présidentielle 2027 : Marine Le Pen largement en tête, suivi de Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe à égalité

Politico publie ce jeudi 24 septembre un sondage de Cluster 17 sur les intentions de vote du premier tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen reste largement en tête du premier tour avec 30% des voix. Jean-Luc Mélenchon se situe désormais à 19%, tout comme Édouard Philippe, loin devant Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann.

Le