Après un plan contre la radicalisation jihadiste l'an dernier, une initiative pour mieux s'attaquer aux racines de la délinquance en général en...
Le gouvernement veut s’attaquer à la « porosité » entre délinquance et radicalisation
Après un plan contre la radicalisation jihadiste l'an dernier, une initiative pour mieux s'attaquer aux racines de la délinquance en général en...
Par Gregory DANEL, Marc PRÉEL
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Après un plan contre la radicalisation jihadiste l'an dernier, une initiative pour mieux s'attaquer aux racines de la délinquance en général en 2019 : Edouard Philippe a affiché jeudi sa volonté de s'attaquer de front aux deux sujets, en pointant leur "porosité".
Au terme d'une concertation qui doit durer d'ici l'été, le gouvernement va mettre en place "une nouvelle stratégie" de prévention de la délinquance. Il s'agira notamment d'intervenir de façon "plus précoce", là où la précédente stratégie ciblait les 12-25 ans, a expliqué le chef du gouvernement lors d'un comité interministériel organisé à Strasbourg.
"Je ne dis pas que la délinquance conduise nécessairement au terrorisme", mais il s'agit "d'être lucide sur la porosité qui peut conduire de l'un à l'autre". "Il peut exister un continuum entre la délinquance, la radicalisation et le terrorisme", a-t-il plaidé.
Le choix de la capitale alsacienne pour présenter sa stratégie ne tient pas au hasard, quatre mois jour pour jour après l'attentat qui a endeuillé le marché de Noël, faisant cinq morts.
Pour le gouvernement, l'auteur de la tuerie jihadiste est une illustration d'une "dérive dans la délinquance, qui se transforme en dérive dans la radicalisation". Elève très tôt violent - signalé par l'Education nationale dès huit ans - délinquant précoce, Chérif Chekatt, tué par la police après deux jours de traque, a multiplié les condamnations et les séjours en prison avant de verser dans la violence jihadiste.
C'est dans le quartier réputé sensible du Neuhof qu'Edouard Philippe et plusieurs membres du gouvernement, dont Christophe Castaner (Intérieur) et Nicole Belloubet (Justice), ont visité une association qui lutte contre la délinquance et la radicalisation. Puis ils ont fait une promenade dans le marché voisin, avant de tenir leur réunion gouvernementale dans un gymnase scolaire.
Pour Edouard Philippe, le constat est simple : "Nous devons intervenir plus tôt et plus vite", quitte à élargir la prévention de la délinquance à des enfants de moins de 12 ans. Et être présent "là où les jeunes se trouvent" : sur internet et les réseaux sociaux, dans la rue ou les salles de sport.
S'il a assuré, là aussi, de sa volonté de mettre l'éducatif avant le répressif, le gouvernement a déjà mis sur la table une révision, d'ici l'été, de l'ordonnance pénale des mineurs, sujet politiquement explosif.
Ces dernières années, les infractions commises par des mineurs se sont orientées à la baisse, mais les experts s'inquiètent d'une tendance à l'aggravation des infractions commises et au rajeunissement de leurs auteurs, selon un récent rapport parlementaire.
- Fermetures pour proximité avec des radicaux -
La nouvelle stratégie visera également à donner aux "acteurs locaux" (maires, associations...) les "moyens d'intervenir auprès de ces jeunes et de leurs familles", a promis Edouard Philippe.
Les résultats de la concertation sont prévus avant l'été 2019, avec à la clé de premières expérimentations.
Edouard Philippe à Strasbourg le 11 avril pour le comité interministériel consacré à la lutte contre la radicalisation
AFP
Plus d'un an après la présentation à Lille, en février 2018, d'un premier plan axé sur la lutte contre la radicalisation (en prison, à l'école...), Edouard Philippe en a profité pour donner quelques chiffres sur la lutte contre l'islamisme radical.
Depuis février 2018, quatre écoles musulmanes hors contrat, sept lieux de culte, huit établissements culturels et 89 petits commerces ont été fermés, du fait leur proximité avec la mouvance radicale.
Quant à la récente loi Gatel, qui durcit depuis avril 2018 le régime d'ouverture des établissements scolaires hors contrat, la procédure d'opposition à l'ouverture a déjà été engagée à 15 reprises.
Enfin, depuis avril 2018, "près de 300" étrangers en situation irrégulière inscrits dans le fichier de signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) ont été expulsés "ou ont quitté volontairement le territoire national", a-t-il ajouté.
Début avril, plus de 20.900 individus faisaient l'objet d'une telle fiche, selon un nouveau pointage.
Dans les prisons, cinq "quartiers d'évaluation de la radicalisation" permettent de placer les détenus dans des quartiers "étanches", ou dans une détention classique mais suivie par des équipes spécialisées, dont font partie par exemple des aumôniers musulmans. Le renseignement pénitentiaire a été renforcé, avec des effectifs de 240 agents qui doivent grimper à 320 début 2020.
L'attaque au couteau de Condé-sur-Sarthe (Orne), commise début mars sur des gardiens par un détenu radicalisé et sa compagne, a toutefois prouvé la permanence du problème.
« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.
Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.
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