« Le Média » limoge sa présentatrice
Le Média, la chaîne télévisée sur internet cofondée par deux proches de Jean-Luc Mélenchon, a décidé un mois après sa création de mettre fin à...

« Le Média » limoge sa présentatrice

Le Média, la chaîne télévisée sur internet cofondée par deux proches de Jean-Luc Mélenchon, a décidé un mois après sa création de mettre fin à...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Média, la chaîne télévisée sur internet cofondée par deux proches de Jean-Luc Mélenchon, a décidé un mois après sa création de mettre fin à la période d'essai de la présentatrice du JT Aude Rossigneux, a-t-on appris dimanche auprès de l'un des cofondateurs, Gérard Miller, confirmant une information du site spécialisé Electron libre.

"Hier, l'annonce de mon éviction du journal et de mon licenciement du Média m'a assommée au point que je n'étais pas en mesure de répondre comme je l'aurais voulu", écrit la journaliste dans une lettre publiée samedi par Electron libre.

Contacté par l'AFP, M. Miller a contesté le terme de "licenciement", mais confirmé que Le Média avait souhaité mettre fin à la période d'essai de Mme Rossigneux. Il a expliqué qu'il lui avait été proposé de "continuer l'aventure sous une autre forme", en gérant et animant "deux autres émissions".

"Pourquoi cela ne s'est pas bien passé ? (...) J'ai toujours dit que nous voulions une présentation tournante. Elle s'est installée dans ce rôle de présentatrice, elle n'a pas voulu en démordre", a encore expliqué le psychanalyste et compagnon de route de La France insoumise.

Dénonçant un "traitement d'une violence et d'une brutalité qui (la) laisse dans un état de sidération", la journaliste, qui n'a pas souhaité répondre à l'AFP dimanche, se demande en quoi elle a "démérité" et évoque des troupes "épuisées", "pas loin du burn-out comme le montrent plusieurs arrêts de travail".

Dans un communiqué adressé à l'AFP dimanche soir, les journalistes du Média, "tout en remerciant Aude Rossigneux pour le travail accompli avant et pendant le lancement du titre", affirment ne pas se reconnaître "dans la description qu'elle dresse de la rédaction et du Média".

Sophia Chikirou, Cofondatrice du
Sophia Chikirou, Cofondatrice du "Media", la chaîne télévisée sur internet, le 25 janvier 2017 à Paris
AFP/Archives

"Ils déplorent avoir été instrumentalisés dans un règlement de comptes dont la finalité est d'habiller un départ. (...) Notre souci de travailler ensemble dans le respect de chacun et de rester unis face à l'adversité est plus fort que jamais", peut-on lire dans ce texte adopté par "l'ensemble des journalistes de la rédaction", à l'exception de "deux qui n'ont pu être joints".

Le Média, dont l'équipe rédactionnelle est composée d'une douzaine de journalistes et de chroniqueurs, avait diffusé son premier JT le 15 janvier.

Jeudi, la cofondatrice du Média Sophia Chrikirou, ancienne directrice de la communication de Jean-Luc Mélenchon, se disait fière, dans un point d'étape, "d'avoir doublé (la) communauté sur Youtube" du Média, avec "42.000 abonnés".

Propulsée "rédactrice en chef" en septembre alors qu'elle était la seule journaliste, Aude Rossigneux avait abandonné ce titre à la faveur de l'arrivée de ses collègues, se fondant dans un "fonctionnement horizontal et autogéré".

Dans sa lettre, Mme Rossigneux souligne ne pas avoir "ménagé sa peine", allant défendre le projet auprès de la presse pendant la période de pré-lancement, et mettant sur pied une équipe. "Tout ce travail, je l'ai fait bénévolement, sans recevoir un sou pendant plusieurs mois. Je ne le regrette pas, je demande seulement qu'on s'en souvienne".

Interrogé par l'AFP, l'ancien député Noël Mamère, qui a renoué avec son métier de journaliste en rejoignant la rédaction du Média, a dit s'être "inquiété" auprès de Gérard Miller d'une "éviction (qu'il) trouve effectivement brutale".

"En fonction de ce qui est en train de se passer, je prendrai mes décisions en homme libre", a-t-il dit.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Le Média » limoge sa présentatrice
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

« Le Média » limoge sa présentatrice
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le