Le MoDem en congrès, entre loyauté au gouvernement et singularité
Le chef du gouvernement et trois ministres: en invitant le crème du pouvoir macronien pour son congrès, samedi et dimanche à...

Le MoDem en congrès, entre loyauté au gouvernement et singularité

Le chef du gouvernement et trois ministres: en invitant le crème du pouvoir macronien pour son congrès, samedi et dimanche à...
Public Sénat

Par Paul AUBRIAT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le chef du gouvernement et trois ministres: en invitant le crème du pouvoir macronien pour son congrès, samedi et dimanche à Paris, le MoDem de François Bayrou entend démontrer sa loyauté à l'endroit de l'exécutif, tout en jouant sa propre partition face au risque de dilution.

Avec 47 députés et deux membres du gouvernement issu de ses rangs, le parti centriste ne s'est certes jamais aussi bien porté. Mais, en fidèle partenaire de la majorité et solide soutien du gouvernement, sa voix peine parfois à porter, étouffée par la tonitruante et hégémonique République en marche.

"On a une identité propre dans cette majorité. Nous avons une histoire et des structures", insiste le porte-parole Yann Wehrling, également secrétaire général du mouvement. Un autre responsable se fait plus précis: "Nous avons un appareil, un réseau, des élus, un maillage du territoire. Ce que LREM n'a pas...", fait-il observer, en se voulant indispensable au parti présidentiel, quitte à imaginer à terme "une maison commune".

"Nous sommes aussi particulièrement soudés, parce que nous avons connu les épreuves et les traversées du désert", rappelle François Bayrou. Sa réélection à la tête du mouvement sera annoncée lors du congrès, après que les adhérents ont été appelés à se prononcer sur internet du 4 au 14 décembre. Aucun suspense: il est seul candidat à sa succession. "Tout le monde reconnaît sa très grande légitimité", dit M. Wehrling pour anticiper toute critique. "Et il a mis le mouvement là où il est aujourd'hui: au pouvoir."

Le congrès entend ainsi célébrer cette glorieuse conquête. Des groupes de travail doivent rendre leurs travaux, devant des "grands témoins" prestigieux: Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires (le Radical Jacques Mézard) est invité à s'exprimer à l'issue de l'exposé "développement économique", alors que le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer doit conclure celui consacré à l'éducation et à la culture.

Le commissaire européen français Pierre Moscovici (PS), s'exprimera dimanche matin sur les questions européennes, et la navigatrice Catherine Chabaud sur le développement durable et l'alimentation.

Point d'orgue de ce congrès: la présence du Premier ministre Édouard Philippe, annoncé samedi en fin d'après-midi, ainsi que celle de Christophe Castaner, secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement et depuis peu délégué général de LREM.

- Fibre sociale -

Ce dernier rend ainsi la pareille: lors de son intronisation à la tête de LREM, le 18 novembre à Lyon, François Bayrou avait ouvert le bal des orateurs.

Le patron du MoDem avait alors réaffirmé un soutien sans faille au président de la République, dont il loue régulièrement "l'audace", "le style" et "le rythme qu'il impose", tout en revendiquant avec lui "une relation très franche".

Sur le fond, François Bayrou avait surtout rappelé "l'impérieuse nécessité de l'affirmation d'un nouveau modèle social pour la France", un thème qu'il ne cesse depuis de décliner pour mieux se singulariser par rapport au parti présidentiel, quitte à apparaître comme son aile gauche.

"Je pense que la France, comme histoire, comme inconscient collectif, ne peut pas vivre sans un projet social affirmé, y compris s'il faut s’opposer à la marche du monde", explique-t-il, estimant qu'il incarne précisément "ce défenseur de l'exigence sociale".

"Nous avons une fibre sociale", abonde Yann Wehrling, qui place également les questions écologiques parmi les priorités, manière là-encore de se distinguer de LREM, d'autant qu'il fut, avant de rejoindre le MoDem, secrétaire national des Verts dans les années 2000.

Sur les 12.000 militants que revendique le parti de François Bayrou, 600 à 800 devraient être présents au congrès. Le nouveau conseil national -parlement du parti- y sera annoncé: il est composé de 300 membres, 180 élus par les adhérents et 120 par les élus départementaux, eux-même renouvelés le mois dernier.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le MoDem en congrès, entre loyauté au gouvernement et singularité
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Le MoDem en congrès, entre loyauté au gouvernement et singularité
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le