Le n° 1 de la fédération PS du Nord lâche Hidalgo : « Une décision incompréhensible et des explications erronées », estime Patrick Kanner
Le Premier secrétaire de la fédération du Parti socialiste du Nord, Benjamin Saint-Huile a annoncé sa démission du parti et son refus de parrainer Anne Hidalgo estimant « sa candidature discréditée par les électeurs de gauche ». « Une petite turbulence » pour le sénateur du Nord, Patrick Kanner dont il est très proche.

Le n° 1 de la fédération PS du Nord lâche Hidalgo : « Une décision incompréhensible et des explications erronées », estime Patrick Kanner

Le Premier secrétaire de la fédération du Parti socialiste du Nord, Benjamin Saint-Huile a annoncé sa démission du parti et son refus de parrainer Anne Hidalgo estimant « sa candidature discréditée par les électeurs de gauche ». « Une petite turbulence » pour le sénateur du Nord, Patrick Kanner dont il est très proche.
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En difficulté dans les sondages, la candidate socialiste à l’élection présidentielle n’avait pas besoin de ce coup d’éclat. A quelques jours de son déplacement à Lille ou Anne Hidalgo doit assister avec Martine Aubry, au match LOSC-PSG, le Premier secrétaire de la fédération PS du Nord, Benjamin Saint-Huile claque la porte du parti et lui refuse son parrainage. Le maire de Jeumont dénonce le « spectacle désolant » offert par la gauche. « Elle semble se faire à l’idée que collectivement, on doive se contenter d’une candidature de témoignage […], déplore-t-il.

Benjamin Saint-Huile : « Les électeurs ne veulent pas de cette candidature »

Selon lui, la Primaire populaire « a montré la volonté de rassemblement à laquelle les partis restent sourds. Et l’information très puissante, je le regrette, c’est que la candidature socialiste d’Anne Hidalgo est clairement discréditée par les électeurs de gauche eux-mêmes. C’est dire à quel point les électeurs que nous voulons représenter, ne veulent pas de cette candidature. Il faut savoir en tenir en compte ».

Le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner connaît bien Benjamin Saint-Huile. « C’est un très proche. Je lui ai laissé ma place pour diriger notre groupe au conseil régional », rappelle-t-il.

Le sénateur du Nord a été prévenu par l’intéressé ce matin. « C’est une décision incompréhensible que je regrette. Ses explications sont totalement erronées. Il met sur le même plan Anne Hidalgo, Christiane Taubira et Yannick Jadot, Alors que seule Anne Hidalgo leur a tendu la main. Yannick Jadot l’a refusée et Christiane Taubira est arrivée à la dernière minute. S’il y avait eu une vraie primaire citoyenne, nous aurions eu un vrai débat politique entre les candidats ».

Car pour Patrick Kanner, c’est aller un peu vite en besogne de considérer la candidature socialiste « discréditée » par la Primaire populaire. « J’ai l’impression que c’est une autre candidature qui est discréditée ». En effet, malgré sa victoire, Christiane Taubira a vécu une entrée en campagne compliquée cette semaine. Son moment de flottement devant la fondation Abbé Pierre alors qu’elle était interrogée sur le mal-logement a été l’objet de nombreuses railleries.

» Lire notre article : « L’OPA de la Primaire populaire sur le PS ne marchera pas », martèle Rémi Féraud

« Ce n’est pas un crash de la fédération qui continuera de faire campagne »

Un proche de la maire de Paris contacté par Public Sénat préfère ne pas commenter la décision du Premier secrétaire de la fédération PS du Nord, la renvoyant à une « affaire locale ». Selon un cadre du parti, Benjamin Saint-Huile aurait du mal à assumer ses mandats et serait en plein « burn-out ». « Il aurait pu partir sur la pointe des pieds. Il a préféré cette argumentation politique ».

Interrogée par l’AFP, la maire de Lille, Martine Aubry juge également que Benjamin Saint-Huile « n’a jamais totalement pris ses fonctions, sans doute car surchargé ». « Cela n’a pas empêché la fédération de travailler », insiste-t-elle.

« Le conseil fédéral du Nord se réunira lundi soir pour désigner un remplaçant. C’est une petite turbulence mais ce n’est pas un crash de la fédération qui continuera de faire campagne », assure Patrick Kanner.

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