Le Parlement adopte le projet de loi santé avec la fin du « numerus clausus »
Fin du "numerus clausus" pour les étudiants en médecine, hôpitaux de proximité, lutte anti-déserts médicaux: le Parlement a...

Le Parlement adopte le projet de loi santé avec la fin du « numerus clausus »

Fin du "numerus clausus" pour les étudiants en médecine, hôpitaux de proximité, lutte anti-déserts médicaux: le Parlement a...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Fin du "numerus clausus" pour les étudiants en médecine, hôpitaux de proximité, lutte anti-déserts médicaux: le Parlement a adopté définitivement mardi, par un ultime vote du Sénat, le projet de loi sur la santé, qui en a besoin "en urgence", selon le gouvernement.

Les sénateurs ont largement adopté le texte à main levée. Agnès Buzyn y voit un moyen "de nous armer face aux nombreux défis auxquels nous devons faire face et de garantir une offre de soin et de qualité pour tous".

Le projet de loi avait fait l'objet d'un accord entre députés et sénateurs après son adoption en mars à l'Assemblée, puis dans une version différente en juin au Sénat.

Sur fond de crise dans les urgences, la ministre a plaidé au Palais du Luxembourg l'"urgence à réformer notre système de santé", comme elle l'avait fait lors de l'ultime examen du texte à l'Assemblée la semaine dernière.

Traduisant une partie des mesures du plan "Ma Santé 2022" présenté en septembre par Emmanuel Macron, le projet de loi prévoit notamment l'emblématique suppression du "numerus clausus".

Conçue comme un antidote à la pénurie de médecins, cette suppression sera effective à la rentrée 2020, avec l'objectif d'augmenter d'environ 20% le nombre de médecins formés. Mais les effets ne se feront sentir que dans une décennie.

Le texte prévoit aussi la labellisation de 500 à 600 "hôpitaux de proximité" sur les quelque 3.000 hôpitaux et cliniques existants, recentrés sur la médecine générale, la gériatrie et la réadaptation, avec de la chirurgie sur autorisation strictement encadrée.

Le volet numérique du texte rend aussi automatique l'ouverture de "l'espace numérique de santé", un compte personnel en ligne pour accéder notamment au dossier médical partagé (DMP), ainsi qu'à différents services.

Sont aussi prévues une régularisation de certains médecins étrangers ou encore la possibilité pour les pharmaciens de délivrer, sous certaines conditions, des médicaments sous prescription médicale obligatoire (cystites, angines...).

- "Sillon creusé" -

Sur la question délicate de la désertification médicale, un sujet phare du grand débat découlant de la crise des "gilets jaunes", et âprement débattu dans les deux chambres, députés et sénateurs sont parvenus à un "compromis", selon les termes du rapporteur au Sénat Alain Milon (LR).

Les étudiants en dernière année de troisième cycle devront faire un stage d'au moins six mois et seront supervisés par un médecin, pour ceux engagés dans la spécialité de médecine générale. Le dispositif prévoit la possibilité d’étendre ce parcours aux autres spécialités, selon des modalités qui seront prévues par décret.

"Loin des mesures coercitives, le texte oblige les facultés et agences régionales de santé à trouver des terrains de stages en priorité dans les territoires en tension", s'est félicitée Mme Buzyn.

Pour Alain Milon, c'est "une première réponse efficace et pragmatique". Le stage d'au moins six mois permettra "à l'ensemble d'une promotion, c'est-à-dire près de 3.500 étudiants de découvrir l'exercice ambulatoire dans les territoires".

Le sénateur LR juge globalement que le texte "n'est pas parfait", notamment avec un renvoi "bien trop large aux décrets et aux ordonnances". Mais, a-t-il estimé, "à l'heure où la demande d'accès aux soins se fait de plus en plus urgente dans nos territoires et où nous pouvons tous constater la souffrance des personnels hospitaliers, il aurait été dramatique de ne pas nous accorder".

Outre les sénateurs LR qui ont voté en "majorité" pour, le texte a eu le soutien des sénateurs LREM, Indépendants, centristes et RDSE (à majorité radicale).

Laurence Cohen (CRCE, à majorité communiste) a en revanche dit rester persuadée qu'il "ne va absolument pas régler les problèmes" du secteur, reprochant au gouvernement de ne pas entendre "la colère des professsionnels", alors que "205 services des urgences sur 524 sont en grève".

Faisant part de l'abstention de son groupe, Yves Daudigny (PS) a salué un "sillon supplémentaire creusé" dans la lutte contre les déserts médicaux, mais évoqué "des points d'opposition" et "des regrets".

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Parlement adopte le projet de loi santé avec la fin du « numerus clausus »
5min

Politique

Exclu Public Sénat : Le président du Medef critique les « déclarations très guerrières » de la nouvelle présidente du Cese Claire Thoury

Après l’élection, mercredi 20 mai, de la présidente du Mouvement associatif Claire Thoury, à la tête du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Patrick Martin réagit. Le président du Medef met en garde, jeudi 21 mai, contre « un dévoiement » de l’organisation et enjoint sa nouvelle présidente à « ne pas faire de politique ».

Le

Statement by French Outgoing Prime Minister Sebastien Lecornu – Paris
10min

Politique

« 710 millions d’euros d’aides nouvelles » : prime carburant, taxis, pêcheurs, aides à domicile...Retrouvez le détail des annonces du gouvernement pour faire face à la crise

Le premier ministre Sébastien Lecornu a tenu une conférence de presse ce jeudi pour y dévoiler de nouvelles aides ciblées. Accompagné de plusieurs de ses ministres, Sébastien Lecornu qui a affirmé que la guerre en Iran allait durer, a annoncé 710 millions d’aides nouvelles. Retrouvez le détail des aides secteur par secteur, et les temps fort de cette conférence de presse.

Le

Le Parlement adopte le projet de loi santé avec la fin du « numerus clausus »
4min

Politique

Élargissement du corps électoral en Nouvelle-Calédonie : « Le gouvernement s’est appuyé sur mon texte pour aller plus vite », explique le sénateur LR Georges Naturel

Par l’adoption définitive de la proposition de loi du sénateur de Nouvelle-Calédonie, Georges Naturel, le Parlement ouvre la voie à l’élargissement du corps électoral à plus de 10.000 natifs de l’archipel. Mais il regrette que son texte ait été examiné dans la précipitation. « A 40 jours d’une élection, modifier le corps électoral, ce n’est pas tout à fait normal », pointe Georges Naturel.

Le

Le Parlement adopte le projet de loi santé avec la fin du « numerus clausus »
5min

Politique

Pacte européen sur la migration et l’asile : le Sénat habilite le gouvernement à avoir recours aux ordonnances

Mercredi soir, le Sénat a adopté le projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration et l’asile. Un choix nécessité par l’urgence du calendrier. Les Etats membres ont jusqu’au 12 juin pour transposer le Pacte en droit français. A cette date la plupart des dispositions du pacte seront applicables directement à l’ensemble des Etats membres.

Le