Le parlement du PS adopte l’accord historique avec LFI
Les socialistes, réunis en Conseil national, ont adopté dans la nuit de jeudi à vendredi, par 167 voix contre 101, et 24 abstentions, l’accord qui a été conclu avec La France insoumise en vue des élections législatives. Mais pour certains ténors, ce rapprochement marque une rupture dans l’histoire du parti.

Le parlement du PS adopte l’accord historique avec LFI

Les socialistes, réunis en Conseil national, ont adopté dans la nuit de jeudi à vendredi, par 167 voix contre 101, et 24 abstentions, l’accord qui a été conclu avec La France insoumise en vue des élections législatives. Mais pour certains ténors, ce rapprochement marque une rupture dans l’histoire du parti.
Public Sénat

Par Public Sénat avec AFP

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le Conseil national du PS a adopté à 62 % jeudi soir l’accord avec LFI pour les élections législatives de juin, un changement d’orientation historique, au terme de débats parfois tendus qui ont en partie prolongé la fronde déjà engagée de figures du parti. L’accord a été adopté par 167 voix pour, 101 contre, et 24 absentions. Les débats ont duré quatre heures et ont fait alterner partisans et opposants de l’alliance LFI, EELV et PCF pour les législatives des 12 et 19 juin. « C’est un moment de clarification, ce vote dit à quel espace politique nous appartenons », « à gauche » et pas avec Emmanuel Macron, a conclu le premier secrétaire Olivier Faure depuis le siège d’Ivry-sur-Seine.

Plusieurs dizaines des 303 membres du Conseil national étaient présents, les autres ont participé en visioconférence. « Mitterrand, c’était ça la radicalité, et pourtant nous l’avons fait », s’est exclamé Olivier Faure. « A force de dire que nous sommes un parti de gouvernement, nous pouvons oublier nos propres racines, qui sont en partie dans la radicalité ». Le porte-parole Pierre Jouvet a rapporté la façon dont se sont déroulées les tractations qu’il a menées avec LFI, et a justifié les compromis passés : « Il n’est pas forcément évident pour les derniers rentrants (le PS) de ne pas accepter le cadre proposé » sur les circonscriptions, le programme et la stratégie.

L’accord « nous remet dans la gauche, nous en étions sortis »

La maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, cheffe du courant minoritaire, s’est insurgée : « L’accord que vous avez négocié demande de nous excuser, de faire repentance, de nier une partie de notre histoire ». Le sénateur du Val-d’Oise Rachid Temal, aussi opposé à l’accord, a tonné à propos de certains candidats dissidents qui ne manqueront pas de se déclarer après le vote : « Il va falloir que Jean-Luc Mélenchon accepte l’insoumission. Soyez candidats si vous le souhaitez, c’est ça l’insoumission ». La députée Christine Pirès-Beaune a confié être « triste ce soir. On n’a pas pu imposer un accord meilleur que celui-là mais elle est où l’alternative ? C’est le cœur serré que je vous dis que je voterai cet accord. »

Une autre sénatrice, Laurence Rossignol, a soutenu l’accord, arguant : « Il nous remet dans la gauche, nous en étions sortis. Nous n’étions plus fréquentables ». Avant de tenter de rassurer : « LFI n’est pas la force centrale de la gauche, elle est temporairement dominante, c’est un moment à passer ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le

Marseille: Riots and Protests in Marseille
6min

Politique

« En droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel  

Les arrêtés préfectoraux interdisant les manifestations et rassemblements se multiplient dans plusieurs villes avant la journée de mobilisation du 24 octobre et les couvre-feux sont également prolongés dans certains quartiers jusque lundi. Mais quel est le cadre législatif pour interdire des manifestations et imposer des couvre-feux ?

Le