Le Parlement valide deux ordonnances sur la santé, malgré des inquiétudes
Le Parlement a validé jeudi, par un ultime vote de l'Assemblée (38 voix contre 10), deux ordonnances sur la santé, visant...

Le Parlement valide deux ordonnances sur la santé, malgré des inquiétudes

Le Parlement a validé jeudi, par un ultime vote de l'Assemblée (38 voix contre 10), deux ordonnances sur la santé, visant...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le Parlement a validé jeudi, par un ultime vote de l'Assemblée (38 voix contre 10), deux ordonnances sur la santé, visant notamment à permettre à certains professionnels d'autres Etats européens de pouvoir exercer en France.

La secrétaire d'Etat pour l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a rappelé que les ordonnances prises en application de la loi Santé de janvier 2016 visent notamment à transposer une directive européenne de 2013, qui prévoit entre autres cet "accès partiel" pour certains professionnels de santé.

"Nous le savons, c'est la création de la procédure d'accès partiel qui a suscité des inquiétudes chez les professionnels de santé et aussi, il faut le dire, chez certains membres de la représentation nationale", a-t-elle ajouté, relevant néanmoins que la France est "sous la menace d'une procédure en manquement".

La directive européenne aurait dû être transposée "au plus tard le 18 janvier 2016", avait ainsi relevé en juillet la ministre de la Santé Agnès Buzyn, ajoutant que, depuis cette date, la France s'était exposée à deux avis européens pour défaut de transposition.

Mme Schiappa a insisté sur le fait que "le gouvernement sera particulièrement attentif à garantir (..) la qualité et la sécurité des soins dispensés dans notre système de santé".

Elle a souligné que -comme Mme Buzyn s'y était engagée-, la Commission européenne a été "sollicitée pour élaborer une cartographie des professions de santé au sein de l'UE" pour identifier "les périmètres d'exercice des professionnels" sollicitant un accès partiel.

La rapporteure Elisabeth Toutut-Picard (LREM), ancienne gestionnaire d'hôpitaux, a aussi rappelé que l'accès partiel "pourra toujours être refusé pour des raisons impérieuses d'intérêt général".

Mais, à l'instar d'une coalition de syndicats médicaux qui ont récemment dit craindre l'arrivée de praticiens européens "low cost", des députés ont encore formulé des inquiétudes.

"Cela risque de porter atteinte à la qualité et à la sécurité des soins", a notamment jugé Paul Christophe (UDI-Agir-Indépendants), tandis que la communiste Elsa Faucillon a prédit "la mise en place d'une médecine à deux vitesses" et le LR Gilles Lurton craint que cela mette "à mal la sécurité des patients".

La seconde ordonnance, plus consensuelle, reconnaît les physiciens médicaux comme professionnels de santé, ce qui n'était pas le cas jusque là. Ils sont environ 600 en France, et travaillent en majorité dans les services de radiothérapie, malgré un niveau très élevé de qualification (bac +7 minimum).

Partager cet article

Dans la même thématique

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le

Le Parlement valide deux ordonnances sur la santé, malgré des inquiétudes
4min

Politique

Aide à mourir : le Sénat rejette le texte, la gauche dénonce un « sabordage »

Après avoir supprimé lundi, l’article 2, clé de voûte de la proposition de loi sur l’aide à mourir, le Sénat a rejeté l’ensemble du texte, en adoptant des amendements de suppression sur l’ensemble des articles. A gauche comme à droite, chacun s’est renvoyé la responsabilité de ce « sabordage ».

Le

Le Parlement valide deux ordonnances sur la santé, malgré des inquiétudes
3min

Politique

« François Hollande veut l’union des centres, nous voulons l’union de la gauche », estime Clémentine Autain

Invitée de notre matinale, Clémentine Autain a lancé un ultimatum au Parti socialiste, et appelle le PS à « trancher » sur sa participation ou non à la primaire de la gauche « non-mélenchoniste. » Si la primaire ne se tient pas, la cofondatrice du parti l’Après n’entend pas être « la candidate de la division » et n’exclut « aucune hypothèse », même un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

Le

Debate on France’s role in preventing international political crises
9min

Politique

« J’ai assez honte que mon parti se tabasse toute la journée » : la crise interne continue au PS sur la stratégie pour 2027

En quittant la direction du PS, Boris Vallaud espère créer un « sursaut ». Le président du groupe PS de l’Assemblée veut mettre « la nouvelle gauche plurielle », soit toutes les forces de gauche, hors LFI, autour de la même table pour trouver « un contrat de gouvernement », avant l’incarnation. « On ne comprend absolument pas le sens de sa démarche, si ce n’est exister », rétorque un lieutenant d’Olivier Faure, qui entend rester premier secrétaire.

Le