Le Pen défend « ruralité » et « oubliés » face aux banlieues et aux étrangers
Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle, s'est posée jeudi soir lors d'une réunion publique en Haute-Vienne en défenseur...

Le Pen défend « ruralité » et « oubliés » face aux banlieues et aux étrangers

Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle, s'est posée jeudi soir lors d'une réunion publique en Haute-Vienne en défenseur...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle, s'est posée jeudi soir lors d'une réunion publique en Haute-Vienne en défenseur de la "ruralité", des "abandonnés" et "oubliés" face aux banlieues et aux étrangers qui bénéficieraient de trop d'argent public.

"Je veux réorienter les crédits de la coûteuse politique de la ville, ces milliards qu'on déverse dans les banlieues années après années avec efficacité zéro, toujours autant de chômage, d'insécurité, de trafics de drogue. On va les réorienter vers les zones rurales pour les revivifier, vers les campagnes, parce qu'elles en ont besoin" a affirmé Mme Le Pen.

Elle s'exprimait dans la commune rurale de Pageas, au sud de Limoges, devant près d'un demi-millier de personnes dans la cour de la ferme des parents d'un sympathisant FN, Christophe Lechevallier, ex-candidat aux législatives sous couleur MoDem et ancien candidat de l'émission M6 "L'Amour est dans le Pré".

Pour Marine Le Pen, "seule" sa politique "permettra de recréer du service public et des emplois en nombre, en redynamisant ces territoires oubliés".

"Vous êtes la France des silencieux, eh bien je vais vous faire entendre! Vous êtes la France des oubliés, je vais vous mettre en pleine lumière ! La France qui se lève tôt, qui ne brûle pas de voiture, qui paie ses amendes, elle n'en peut plus de rester dans l'ombre!" a-t-elle lancé.

Mme Le Pen a défendu "l'acte de survie" que serait son principe de "priorité nationale", qu'elle veut inscrire dans la Constitution, via un référendum. "Il ne s'agit en aucun cas d'une priorité fondée sur je ne sais quelle origine. Il s'agit bien d'attribuer prioritairement les aides, les allocations, les emplois, aux détenteurs d'une carte d'identité française."

Et l'eurodéputée de prendre en exemple: "Trouvez-vous normal qu'un étranger qui n'a jamais cotisé une seule journée de sa vie en France puisse toucher davantage qu'un agriculteur qui s'est échiné pendant des décennies à travailler le sol pour ce pays, pour le nourrir ?"

Elle a aussi pris l'exemple du camp de Grande-Synthe (Nord), incendié lundi soir : "On crée un village provisoire, on monte des bungalows, ça a coûté 3M€, ils se sont battus, blessés entre eux, ont brûlé le village. Aujourd'hui on nous explique qu'il faut trouver des logements d'urgence ? Encore ? Ces mêmes logements qu'on n'a pas trouvés pour les SDF ?"

L'eurodéputée s'en est prise au "délire austéritaire" de ses principaux adversaires dans les sondages Emmanuel Macron et François Fillon, mais aussi, ce qu'elle ne faisait pas en réunion publique jusque-là, à "l'égalité version Mélenchon".

Le candidat de La France insoumise, qu'elle accuse de vouloir créer "100 milliards d'euros d'impôts", est en dynamique dans les sondages et a rejoint, dans certains sondages, M. Fillon.

"L'heure vient", a-t-elle répété en clôturant son discours et alors que les sondages sont en baisse pour elle, passés de 27-28% il y a quelques semaines à 23-24% à dix jours du premier tour de la présidentielle, rattrapée sur la première marche du podium sondagier par Emmanuel Macron.

Elle a demandé à ses partisans de "porter le message d'espérance, de frapper à toutes les portes, d'essaimer pour porter (son) projet qui est (leur) projet, de parler en (son) nom partout comme demain (elle) parlera en votre nom à l'Elysée, au nom du peuple!"

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
6min

Politique

Affaire Lyhanna : que proposent les partis face aux « dysfonctionnements » de la justice ?

Les ratés judiciaires entourant le meurtre de la jeune Lyhanna n’en finissent plus de susciter l’indignation de tout le pays. Dès lors, la classe politique est amenée à se positionner. Alors que Sébastien Lecornu a présenté ses premières mesures, la gauche fustige le manque de moyens de la Justice et la droite épingle le laxisme des magistrats. Tour d’horizons des différentes propositions du gouvernement et des partis politiques.

Le

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu
8min

Politique

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu 

Après avoir rendu compte aux partis politiques des ingérences numériques étrangères durant les élections municipales, le Premier ministre a tiré le bilan des investigations et des moyens d’y répondre au cours d’une conférence de presse. Il commence à consulter les forces politiques en vue d’un projet de loi qui pourrait être débattu à l’automne.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
8min

Politique

Avec le retrait du plaider-coupable en matière criminel, « Gérald Darmanin fait de la politique sur le dos des victimes », regrette la rapporteure du texte au Sénat

Suite au rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi, Gérald Darmanin a annoncé le retrait complet du « plaider-coupable » criminel, l’un des dispositifs les plus polémiques de son texte. Une « déception » pour les rapporteurs du texte au Sénat.

Le

Le Sénat rejette le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en nouvelle lecture
9min

Politique

Protection de l’enfance examinée au Sénat en octobre : « Le texte aurait mérité d’être inscrit avant », pointe la sénatrice centriste Dominique Vérien

Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.

Le