Marine Le Pen s'en est prise avec virulence à la "folle politique immigrationniste" de l'UE lors de sa rentrée dimanche à Fréjus (Var), creusant...
Le Pen fustige la « déferlante » migratoire à l’unisson de Salvini
Marine Le Pen s'en est prise avec virulence à la "folle politique immigrationniste" de l'UE lors de sa rentrée dimanche à Fréjus (Var), creusant...
Par Anne RENAUT
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Marine Le Pen s'en est prise avec virulence à la "folle politique immigrationniste" de l'UE lors de sa rentrée dimanche à Fréjus (Var), creusant le sillon partagé avec ses alliés nationalistes qui ont le vent en poupe en Europe.
"Aujourd'hui les préfets n'ont plus qu'une seule activité, l'implantation des migrants", a affirmé la présidente du Rassemblement national devant quelque 800 militants réunis dans le théâtre de Fréjus.
"Pour cette folle politique, qui exaspère une majorité de Français, l'argent coule à flots", alors qu'il "n'y a jamais eu d'argent pour les SDF", a-t-elle fustigé.
La finaliste de la présidentielle en 2017 s'en est prise aussi à Emmanuel Macron, soumis à cette politique selon elle, et qui "ne marche pas mais rame".
Le président, qui a endossé le rôle de premier adversaire des "nationalistes" en Europe, apparaît au coude à coude avec le RN dans un sondage Odoxa sur les élections européennes paru jeudi (21,5% pour LREM contre 21% pour le RN).
Un score semblable à celui de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle salué par les militants réunis à Fréjus.
- FPÖ et Ligue représentés -
Le matin, les élus ont entendu, "ravis", l'essayiste Hervé Juvin, inconnu du grand public, proche de la Nouvelle droite, leur parler d'écologie, un thème que le RN voudrait développer pour séduire les classes moyennes et supérieures.
M. Juvin, cité pour conduire la liste du RN, a été mentionné plusieurs fois par Mme Le Pen dans son discours.
Malgré l'affaire des emplois fictifs au Parlement européen, pour laquelle Marine Le Pen est à nouveau convoquée par les juges en octobre, Caroline André, conseillère municipale de Cagnes-sur-Mer (Alpes maritimes) "n'est pas inquiète" pour la cheffe du RN.
Cette enquête a plombé les finances du parti, déjà très endetté. Les juges ont ordonné fin juin la saisie de 2 millions d'euros d'aide publique due au RN, craignant que le parti n'utilise cet argent pour rembourser ses dettes au lieu de payer d'éventuels dommages.
Le RN risque en outre un nouveau procès sur le financement de ses campagnes en 2014 et 2015.
"Ce sont des persécutions", selon les dirigeants du RN.
L'homme politique italien Flavio di Muro pose avec une affiche montrant Marine Le Pen et le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, le 16 septembre 2018 à Fréjus
AFP
Bien qu'à court d'argent, le RN a présenté plusieurs tracts à Fréjus, dont l'un montre Marine Le Pen à côté de son allié italien devenu ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini.
"Avec nous, l'Aquarius (bateau humanitaire interdit de venir en Italie, NDLR) n'accostera plus sur les côtes françaises", a promis Marine Le Pen, en référence à une décision controversée de M. Salvini, et en présence de représentants de la Ligue italienne et du FPÖ autrichien.
Longtemps son inspiratrice, Marine Le Pen entend profiter de l'expérience de son ami au pouvoir depuis mai.
Maximilian Krauss, représentant des jeunes du FPÖ, a dénoncé à Fréjus "l'islamisation (du) continent", et plaidé pour "une renaissance des cultures". "Oui à l'Europe des peuples, non à l'Europe des technocrates et des spéculateurs", a déclaré le député de la Ligue Flavio di Muro.
- Prudence sur l'euro -
Mme Le Pen doit encore convaincre qu'elle peut se rapprocher d'autres formations de droite plus traditionnelles pour accéder au pouvoir, comme l'ont fait ses alliés en Autriche et en Italie, et alors que LR exclut toute alliance.
A défaut d'avoir persuadé le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan de s'associer à elle, Marine Le Pen promet une liste "de rassemblement".
Dimanche à Fréjus, Marine Le Pen n'a en revanche pas abordé la question de la sortie de l'euro, qui divise ses électeurs et n'est plus la priorité du RN.
Son ancien bras droit Florian Philippot, qui a quitté le parti après la présidentielle, l'éreinte à ce sujet dans un livre à paraître mercredi.
Il explique ainsi par un "renoncement à la victoire" le retour de Mme Le Pen à des thèses plus identitaires, sous l'influence selon lui des anciens mégrétistes, dont son conseiller Philippe Olivier.
Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.
Dans la poursuite de leurs travaux sur les jeux vidéo, la délégation aux droits des femmes du Sénat auditionnait, ce jeudi, les représentants du géant Français, Ubisoft. Une entreprise marquée par la vague Metoo en 2020 avec des révélations sur des comportements toxiques au plus haut niveau. Depuis, de nombreuses mesures ont été prises pour faire de la lutte contre le harcèlement « une priorité fondamentale » de l’entreprise, assure Cécile Russeil, vice-présidente exécutive.
Avec 36 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030, l’actualisation de la LPM portera la hausse du budget des armées à 449 milliards d’euros sur la période 2024/2030. « Ça va dans le bon sens, car c’est une nécessité absolue dans la période qu’on traverse », salue le président LR de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, Cédric Perrin. Mais il juge l’effort « frustrant », car « on n’augmente pas notre capacité ».
A la Une de Paris Match, le président du RN, Jordan Bardella a officialisé sa relation amoureuse avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, une figure de la Jet-Set européenne. Pour Philippe Moreau Chevrolet, expert en communication politique et enseignant à Sciences Po Paris, le patron du Rassemblement national signe, avec cette couverture, « son entrée en campagne » pour la présidentielle de 2027. Mais l’opération de com n’est pas sans risque pour son image. Interview.