Marine Le Pen, qui se voit qualifiée pour le second tour de la présidentielle, a poursuivi dimanche à Bordeaux sa stratégie visant à se...
Le Pen se présente comme « seule alternative » à Macron ou Fillon
Marine Le Pen, qui se voit qualifiée pour le second tour de la présidentielle, a poursuivi dimanche à Bordeaux sa stratégie visant à se...
Par Guillaume DAUDIN
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Marine Le Pen, qui se voit qualifiée pour le second tour de la présidentielle, a poursuivi dimanche à Bordeaux sa stratégie visant à se présenter comme "seule alternative" à Emmanuel Macron ou François Fillon et dénoncé les "flèches venimeuses des médias".
La candidate du FN s'est présentée lors de ce meeting comme la candidate du "peuple" contre le "système", avec l'objectif affiché de transformer le second tour en référendum : "patriotes" contre "mondialistes".
Sous les drapeaux tricolores et les cris "Marine à l’Élysée" ou "On est chez nous", la candidate a "conjuré" ses partisans à une très forte mobilisation et déroulé plusieurs propositions pour les jeunes.
Profitant de l'actualité - soutien mercredi de Manuel Valls à Emmanuel Macron, rencontre samedi entre Emmanuel Macron et Christian Estrosi, patron LR de la région Paca -, Mme Le Pen a tempêté contre des adversaires "coalisés" et leurs "connivences fondamentales" qu'ils ne pourraient s'empêcher de "dissimuler".
Quant au candidat de la droite François Fillon, "rien ne le sépare de M. Macron pour qui, main dans la main avec M. Valls, il appellera à voter pour le second tour, s'il est lui-même disqualifié", a-t-elle jugé, devant quelque 2.000 personnes dans un hall du Parc des Expositions.
"Fillon, Macron, le système veut l'un ou l'autre à l’Élysée (...). L'un ou l'autre arrivera à l’Élysée, pourvu que cela ne soit pas le peuple", a dénoncé la présidente du Front national, jugeant que le candidat de la droite et celui d'En Marche! bénéficient de "l'amplification de la caisse de résonance des patrons de presse".
Sous le coup de révélations judiciaires depuis fin janvier, la dirigeante du FN a attaqué les médias, Le Monde et BFMTV (qui diffusait son meeting en direct) en tête. Le quotidien du soir a dévoilé mercredi une lettre du trésorier du FN Wallerand de Saint-Just qui semble accréditer une volonté du FN de se financer sur le dos du Parlement européen. Mme Le Pen a annoncé une plainte prochaine.
- Message aux "gens de droite" -
Manifestation contre le Front National, à Bordeaux, en marge d'un meeting de Marine Le Pen, le 2 avril 2017
AFP
A trois semaines d'une élection qu'elle présente systématiquement comme un "choix de civilisation", la patronne du FN voit désormais celui qu'elle qualifie de continuateur de la "Hollandie", M. Macron, situé dans les sondages au même niveau qu'elle au premier tour, autour de 25% des intentions de vote.
Il la battrait toujours largement dans cette configuration de second tour qui se consolide depuis fin janvier, avec une vingtaine de points d'avance.
Sur les terres d'Alain Juppé, Mme Le Pen a donc choisi la stratégie frontale pour tenter d'engranger les voix de droite hésitantes envers M. Fillon, son principal réservoir d'après ses partisans.
"Ne vous laissez pas abuser par M. Fillon", a-t-elle ouvertement lancé aux "gens de droite". L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy "n'incarne aucune capacité de rupture, aucun espoir d'alternance", selon la candidate FN, qui affirme disposer seule d'un projet "réellement alternatif".
"A supposer même que M. Fillon soit qualifié puis élu, il serait dans l'incapacité d'appliquer son programme, un programme de sang et de larmes, de privations et de sacrifices que son crédit personnel lui interdit d'exiger des Français", a-t-elle lancé, en référence aux mises en examen du député de Paris et de son épouse dans une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs, ainsi qu'aux révélations sur le train de vie du candidat LR.
Alors que se tenait le meeting, plus d'un millier de personnes, dont le candidat présidentiel du NPA Philippe Poutou, ont manifesté dans le centre-ville de Bordeaux aux cris "Ni au pouvoir, ni dans la rue, ni dans les têtes : ne laissons pas le fascisme s’installer !"
La manifestation a été émaillée de quelques heurts avec les forces de l'ordre, quelques manifestants lançant en fin de parcours boulons et pavés. La police a répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes et procédé à dix interpellations.
Invité de la matinale de Public Sénat, le député européen Bernard Guetta (Renew) a évoqué la situation au Moyen-Orient après les frappes contre des infrastructures énergétiques. Par ailleurs, le député européen détaille les perspectives de sortie du conflit entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël.
Alors que le PS a dû multiplier localement les alliances avec LFI pour espérer conserver ses villes, les socialistes récusent l’idée d’une poussée insoumise, soulignant que le PS restera « la première force de gauche » au niveau local. En même temps, le PS assume les fusions avec les listes LFI. Une stratégie que les opposants à la direction d’Olivier Faure jugent « illisible ».
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.