Le Pen veut retrouver son costume de cheffe du FN et d’opposante à Macron
Discrète depuis sa défaite au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen veut réendosser son costume de cheffe du FN et d...

Le Pen veut retrouver son costume de cheffe du FN et d’opposante à Macron

Discrète depuis sa défaite au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen veut réendosser son costume de cheffe du FN et d...
Public Sénat

Par Guillaume DAUDIN

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Discrète depuis sa défaite au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen veut réendosser son costume de cheffe du FN et d'opposante à Emmanuel Macron en faisant sa rentrée politique à la télévision jeudi soir puis à Brachay (Haute-Marne) samedi.

Depuis sa dernière télévision, le 20 juillet sur France 2, la popularité de son adversaire de second tour devenu président a fortement pâli, Jean-Luc Mélenchon, chef de La France insoumise, s'attache à incarner le rôle d'opposant numéro un tandis que Laurent Wauquiez est en pole position pour la présidence des Républicains, en décembre.

Marine Le Pen, elle, ne s'est pas exprimée publiquement: la présidente du FN a pris de longues vacances après une éprouvante année électorale qui l'a vue caler au second tour de la présidentielle (33,9%) puis devenir députée du Pas-de-Calais avec six autres frontistes et Emmanuelle Ménard.

"Certains sont +En Marche+, nous, on est en panne", concède, doux-amer, un haut responsable frontiste.

Au Palais-Bourbon, "on a bossé, on est classés correctement, c'est donc assez injuste de dire qu'on n'a rien fait. Mais on n'est pas audibles face à Mélenchon l'opposant officiel, l'idiot utile de la première partie du quinquennat. A un moment, Macron, ça va l'agacer", espère un député frontiste.

Ordonnances réformant le Code du travail, baisse des APL mais aussi suppression du RSI -une "mesure de bon sens", selon les termes du FN-... Marine Le Pen ne devrait pas manquer de sujets à évoquer.

- "Confiance rompue" -

Mais le front est au moins autant interne que national: la prestation "ratée", de son propre aveu, durant le débat d'entre-deux-tours le 3 mai, a fait figure d'électrochoc parmi ses troupes.

"La question est de savoir si ce débat est indélébile ou si Marine Le Pen peut rebondir", s'interroge un de ses lieutenants.

A voix haute, pourtant, aucun frontiste n'émet de doute. Robert Ménard, maire de Béziers et allié critique du parti, est le seul à avoir évoqué ce sujet "tabou", fin août, dans une lettre ouverte: "Est-elle aujourd’hui en position de porter le FN au pouvoir ?".

Florian Philippot, vice-président du parti, est toujours officiellement rangé derrière Mme Le Pen. Mais le lancement en mai de son association, "Les Patriotes", critiqué y compris par Marine Le Pen, a été vu comme une tentative d'autonomisation, tout comme le soutien sans faille qu'il a apporté à sa lieutenante Sophie Montel, débarquée de la tête du groupe FN en région Bourgogne-Franche-Comté.

Conséquence: des relations distendues entre celui qui était considéré comme le numéro deux et la patronne du parti. "Confiance rompue", affirment deux sources. "Rafraîchissement passager", tempère une autre.

Lundi, lors d'une réunion interne, Marine Le Pen s'est interrogée auprès de Florian Philippot sur la compatibilité entre la présidence des "Patriotes" et sa vice-présidence du Front national, mais celui-ci n'y a pas vu de problème, ont indiqué deux frontistes à l'AFP, confirmant partiellement une information de L'Opinion.

Fait rare, Florian Philippot sera sur LCI jeudi à 20h au moment même où Marine Le Pen sera sur TF1.

Pour ré-asseoir sa légitimité, cette dernière a ouvert fin juillet le chantier de la "refondation" avec un séminaire qui a modulé, via une synthèse, le programme FN: la sortie de l'euro, qui crispe nombre de frontistes mais aussi l'électorat retraité, est désormais renvoyée à la fin d'un éventuel quinquennat.

Samedi, Brachay, minuscule village de Haute-Marne qui accorde au FN depuis plusieurs années une écrasante majorité de ses suffrages et où Marine Le Pen fait sa rentrée depuis 2014, sera le théâtre de la première de douze étapes d'une tournée de "refondation", qui la verra ensuite s'arrêter à Toulouse le 23 septembre.

Objectif: échanger avec les militants, qui seront sondés par questionnaire à partir de la fin du mois. Avant un congrès, en mars à Lille, où celle qui dirige le FN depuis 2011 devrait être candidate à sa succession.

Alors que Marion Maréchal-Le Pen est en retraite politique temporaire, le même lieutenant concède, un brin fataliste: "Aujourd'hui, Marine Le Pen est la seule à pouvoir diriger le +Front+ pour les prochaines années".

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