Le préfet de police va interdire une nouvelle manifestation d’ultradroite à Paris ce dimanche, annonce le gouvernement

Le ministre de l’Intérieur a été interpellé, lors des questions d’actualité, par le sénateur David Assouline (PS), après la manifestation d’extrême droite à Paris du 6 mai. La secrétaire d’État chargée de la citoyenneté Sonia Backès a précisé qu’un rassemblement prévu, près de l’Opéra Garnier ce dimanche, en hommage à Jeanne d’Arc, serait interdit.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« Nous avons été stupéfaits que le préfet de police, que des ministres, la première d’entre elles, aient pu justifier ce laisser faire. » Le sénateur socialiste de Paris, David Assouline, ne décolère pas après le défilé de manifestants d’ultra-droite dans le sixième arrondissement de Paris le samedi 6 mai. Des centaines de personnes masquées, exhibant des drapeaux noirs marqués de la croix celtiques, ont manifesté pour célébrer le 29e anniversaire de la mort de Sébastien Deyzieu, un militant d’extrême droite proche de l’ex-GUD (Groupe union défense).

Son ministre de l’Intérieur Gérard Darmanin a dû réagir face à la polémique montante. Il a annoncé, devant les députés, avoir demandé aux préfets d’interdire à l’avenir toutes les manifestations de l’ultradroite. David Assouline l’a alors « remercié » pour avoir « recadré » son propre gouvernement. Le même jour, Élisabeth Borne s’est dite choquée par la manifestation, tout en soulignant qu’il « n’y avait pas de motif pour interdire cette manifestation ».

« Comptez-vous engagez des poursuites pour reconstitution de ligue dissoute ? »

« Choqué » par le maintien samedi dernier de ce rassemblement de militants « appelant explicitement à la haine raciste et antisémite », le parlementaire a demandé ce 10 mai au gouvernement de dissoudre l’organisation néofasciste, qui s’est réactivée en 2022. Et de demander également : « Comptez-vous engagez des poursuites pour reconstitution de ligue dissoute ? »

Prenant la parole pour le compte du ministère de l’Intérieur, la secrétaire d’État chargée de la Citoyenneté Sonia Backès affirme en réponse que la « main du gouvernement, de manière solidaire, ne tremble pas quand il s’agit de combattre l’ultradroite ». Dans la foulée de l’instruction transmise aux préfets, elle a précisé qu’un rassemblement prévu à Paris « dimanche prochain » allait être frappé d’interdiction. « Une manifestation en hommage à Jeanne d’Arc, à Opéra, portée par des groupuscules d’ultradroite, sera interdite par la préfecture de police », a-t-elle annoncée. Ce rendez-vous a notamment été organisé à l’appel du mouvement royaliste Action française.

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions en juillet. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

France Wildfires
6min

Politique

Incendie en Gironde : « Selon la préfecture, on devrait rapidement avoir un retour d’expérience, sûrement d’ici 15 jours », estime la sénatrice Nathalie Delattre

Après l’incendie le plus important que la France ait connu depuis 1949, les habitants de la commune du Porge, durement touchés, ont fait part de leur sentiment d’abandon. Une situation qui suscite la compassion des sénateurs de Gironde. Ils appellent les services de l’Etat à livrer, au plus vite, un retour d’expérience.

Le

La sélection de la rédaction

FR, Ultra-right demonstration, Comite du 9 mai
5min

Politique

Interdictions des manifestations d’ultra-droite : « Une annonce illégale » pour le professeur de droit public Serge Slama

Une manifestation d’ultra-droite dans Paris le 6 mai dernier, autorisée par la préfecture de police de Paris, alors que d’autres rassemblements contre la réforme des retraites sont interdits, a suscité un vif émoi. Gérald Darmanin a donc annoncé, ce 9 mai, devant l’Assemblée nationale, qu’il avait demandé aux préfets d’interdire les manifestations similaires émanant de « militants ou d’associations d’ultra-droite ou d’extrême-droite ». Une « annonce illégale », considère le professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes Serge Slama, qui explique que l’interdiction de manifester doit se considérer au cas par cas.

Le