Le président de l’Inserm, mari de la ministre de la Santé, retire sa candidature
Le président de l'Inserm Yves Lévy, mari de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, a retiré lundi sa candidature à un nouveau...

Le président de l’Inserm, mari de la ministre de la Santé, retire sa candidature

Le président de l'Inserm Yves Lévy, mari de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, a retiré lundi sa candidature à un nouveau...
Public Sénat

Par Hugues HONORÉ

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le président de l'Inserm Yves Lévy, mari de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, a retiré lundi sa candidature à un nouveau mandat à la tête de cet organisme public de recherche médicale, mettant fin à un casse-tête pour le gouvernement.

Reconduire ou pas l'époux d'Agnès Buzyn? L'exécutif avait un choix délicat à faire, entre les états de service satisfaisants de ce haut fonctionnaire et les soupçons de conflits d'intérêt.

Le Pr Lévy, chercheur et médecin, a d'abord tenté de rester, puis préféré partir de lui-même. "Le gouvernement prend acte" de sa décision "de retirer sa candidature à un renouvellement à la présidence de l'Inserm", a indiqué Matignon dans son communiqué.

Ce départ ne sera pas immédiat, puisqu'il reste jusqu'à nouvel ordre "en charge de l'intérim à la tête de l'Inserm", ont souligné les services du Premier ministre. M. Lévy, 60 ans, assure cet intérim depuis l'expiration le 12 juin de son mandat de quatre ans.

"Le processus de recrutement du PDG de l'Inserm sera relancé dans les prochaines semaines", a ajouté Matignon. Il avait déjà commencé, puisque des candidats avaient été entendus le 21 juin à huis clos par une commission ad hoc.

Le nom de ces candidats n'est pas révélé, conformément à la règlementation, pour permettre d'attirer les meilleurs postulants. Seuls deux ont choisi jusqu'ici de rendre publique leur candidature: Jessica Zucman-Rossi (Inserm, université Paris-Descartes) et Philippe Froguel (CNRS, université de Lille et Imperial College de Londres).

Ce dernier s'est étonné que le gouvernement reparte à zéro. "Incroyable: le retrait de la candidature du PDG de l'Inserm à sa propre succession s'accompagne de l'abandon de l'appel à candidature actuel", a-t-il écrit sur Twitter.

- Pointure de la recherche -

Le maintien du Pr Lévy à ce poste prestigieux, après la nomination de Mme Buzyn au gouvernement en 2017, et l'hypothèse de sa reconduction pour un nouveau mandat de quatre ans, ont valu des critiques à la ministre et au gouvernement. En interne, certains estimaient par ailleurs que l'intérim aurait pu échoir à quelqu'un d'autre.

Mme Buzyn ne cessait de le répéter: les critiques lui paraissaient infondées. D'une part, la co-tutelle (avec le ministère de la Recherche) de l'Inserm lui avait été retirée par décret dès mai 2017, au profit du Premier ministre. D'autre part, elle a assuré "ne pas [s]'impliquer dans la carrière de [son] mari", ni en le conseillant, ni en le favorisant.

"Le gouvernement rappelle que l'ensemble des procédures permettant d'éviter tout conflit d'intérêt entre l'Inserm et la ministre des Solidarités et de la Santé ont été mises en œuvre de façon continue depuis mai 2017", ont insisté les services du Premier ministre.

M. Lévy "sera prochainement appelé à d'autres fonctions", selon Matignon.

L'Institut national de la santé et de la recherche médicale a indiqué dans un communiqué que M. Lévy avait "adressé ce jour à l'ensemble des personnels de l'Inserm un message expliquant sa décision", sans en révéler la teneur.

Lui et Mme Buzyn, tous deux médecins, se sont mariés en 1997. Ils ont eu trois enfants.

Né à Casablanca (Maroc) en 1957, arrivé en France à l'adolescence, Yves Lévy est devenu une pointure de la recherche en immunologie après s'être intéressé au sida dans les années 1980, où la maladie faisait des ravages. Il est un expert reconnu dans la compréhension du développement du système immunitaire et du VIH.

Mais il ne s'est pas fait que des amis dans ce milieu de la recherche. En 2014, Le Monde écrivait que "certains scientifiques, qui n'ont pas souhaité s'exprimer publiquement", l'accusaient d'avoir "flatté le tableau de ses états de service" au moment de défendre sa candidature à la direction de l'Inserm.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sophia Chikirou and Jean Luc Melenchon in a meeting for the municipal elections at Mutualite in Paris
6min

Politique

« L'arbitre de la compétition » : aux municipales, LFI veut se rendre indispensable à gauche malgré son isolement

Avec ses centaines de listes indépendantes, La France insoumise (LFI) veut passer un cap à l’échelon local et assume de faire du scrutin des 15 et 22 mars le « premier tour » de l'élection présidentielle. De quoi espérer remporter plusieurs municipalités de banlieue et se mêler à la bataille du second tour dans les grandes villes, où socialistes et écologistes ne pourront se passer des voix insoumises pour l’emporter.

Le

Paris: PY Bournazel reunion publique campagne municipale Paris
7min

Politique

Municipales : faute d’implantation locale, Renaissance contraint de faire profil bas

La formation de Gabriel Attal a fait le choix d’une campagne a minima pour les élections municipales, avec 360 listes menées sur son nom. Faute d’implantation locale, Renaissance a surtout choisi de former des coalitions avec ses partenaires du centre et de droite pour augmenter le nombre de ses conseillers municipaux. Enjamber les municipales pour mieux lancer la campagne présidentielle, c’est le pari de l’ancien Premier ministre.

Le

Marseille: Marine Le Pen and Franck Allisio at the end of their meeting for the municipal elections
9min

Politique

Municipales 2026 : le Rassemblement national joue sa carte présidentielle

Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.

Le