Le Président de la République « va probablement chercher une personnalité extérieure » pour nommer un Premier ministre, affirme Roger Karoutchi

Quel avenir pour le groupe les Républicains à l’Assemblée nationale ? Le groupe a obtenu une cinquantaine de députés à l’issue des élections législatives. Pourrait-il s’allier avec le camp présidentiel ou avec les socialistes et les écologistes ? Le sénateur estime ne pas pouvoir gouverner avec Olivier Faure et Marine Tondelier, et écarte toute compromission.
Camille Gasnier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Vers une Assemblée nationale ingouvernable ?

Roger Karoutchi considère que l’Assemblée nationale est « moins [gouvernable] qu’avant la dissolution », estimant qu’« il n’y a plus de majorité relative ». Pour le sénateur des Hauts-de-Seine, le Nouveau Front populaire ne pourra pas gouverner. Il pense que le Président de la République « va probablement chercher une personnalité extérieure » pour la nommer Premier ministre, comme il l’avait déjà fait en désignant Jean Castex, le 3 juillet 2020. Le but ? « Essayer de rassembler son ex-majorité relative avec Les Républicains et les socialistes non affiliés à La France Insoumise ».

« Quand j’entends Olivier Faure ou Marine Tondelier, je me dis que l’on ne peut pas gouverner avec eux ».

Dans les faits, le sénateur Les Républicains ne pourrait pas gouverner avec les socialistes ou les écologistes, au sein de ce qu’il appelle « un gouvernement de concentration républicaine » : « Il faut que l’on soit d’accord sur un certain nombre de lignes politiques, de projets, de réalités. Quand j’entends Olivier Faure ou Marine Tondelier, je me dis que l’on ne peut pas gouverner avec eux ».

Roger Karoutchi prédit qu’une telle coalition assurerait la victoire de Marine Le Pen aux élections présidentielles de 2027 : « Les Français vont se dire qu’on leur vole leurs élections. Si Emmanuel Macron redissout dans un an, tous ceux qui ont été dans un gouvernement dans des conditions pareilles seront balayés. La présidentielle de 2027, c’est champ libre pour Marine Le Pen. Il n’y aura pas de désistements, s’il y a un deuxième tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen sera élue présidente de la République ».

Une coalition des Républicains avec le camp présidentiel ?

Laurent Wauquiez, président du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes et député élu en Haute-Loire a assuré hier que Les Républicains ne participeraient à aucune coalition. Le sénateur des Hauts-de-Seine a réaffirmé la capacité de son groupe à discuter avec les autres forces politiques : « Les Républicains n’ont jamais fait d’opposition systématique, on a toujours voté, y compris avec Emmanuel Macron, un certain nombre de textes quand ils nous paraissaient bons sur le fond, on est prêt à discuter, est-ce qu’on est prêt à des compromissions ? Non. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration of the  Cour des Comptes in Paris
7min

Politique

Nouvel impôt sur la fortune, taxe sur les holdings, révision du Pacte Dutreil : les pistes de la Cour des comptes accueillies froidement par la majorité sénatoriale

Dans une note destinée à nourrir le débat public, la Cour des comptes préconise une légère hausse de la fiscalité du patrimoine via la création d'un nouvel impôt sur la fortune personnelle, une taxe sur les holdings ou encore la révision du Pacte Dutreil. Ces pistes sont destinées à répondre « au sentiment d'injustice, qui altère le consentement à l'impôt », mais vont à rebours de la position de la majorité sénatoriale pour qui le redressement de l'économie passe au contraire par un allégement de charges et la facilitation des transmissions des biens professionnels.

Le

Le Président de la République « va probablement chercher une personnalité extérieure » pour nommer un Premier ministre, affirme Roger Karoutchi
2min

Politique

Primaire du PS : Boris Vallaud se dit « peiné et consterné du ton que prend cette campagne »

Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud a regretté les propos de Ségolène Royal concernant Raphaël Glucksmann. En attendant le premier tour le 9 octobre, le dialogue pourrait encore se tendre entre les cinq candidats, parmi lesquels figurent Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann.

Le