Le projet Blanquer sur l’école réussit l’examen du vote à l’Assemblée
Instruction obligatoire dès 3 ans, missions d'enseignement confiées à certains surveillants, mais aussi drapeaux dans les classes et...

Le projet Blanquer sur l’école réussit l’examen du vote à l’Assemblée

Instruction obligatoire dès 3 ans, missions d'enseignement confiées à certains surveillants, mais aussi drapeaux dans les classes et...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

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Instruction obligatoire dès 3 ans, missions d'enseignement confiées à certains surveillants, mais aussi drapeaux dans les classes et homoparentalité: après une semaine de débats souvent vifs, l'Assemblée a adopté largement mardi le projet de loi "sur l'école de la confiance" de Jean-Michel Blanquer.

Ce premier texte du quinquennat sur l'école, qui a crispé certains syndicats enseignants, a été adopté en première lecture par 353 voix contre 171 et 31 abstentions, avec le soutien des élus LREM-MoDem et une partie des UDI-Agir.

Tous les autres groupes ont majoritairement voté contre, comme le RN, tandis que la plupart des députés Libertés et Territoires se sont abstenus.

Pour LR, ce texte apporte "des réponses inadaptées, incomplètes voire contradictoires" sur la prise en charge de la petite enfance, la formation des enseignants ou encore l'évaluation du système scolaire.

A gauche, PS, LFI et PCF ont dénoncé un texte "autoritaire", loin d'une "école bienveillante" et qui va "sanctuariser la casse" de l'Education nationale.

Pris entre ces feux, le ministre de l'Education a défendu sans relâche toute la semaine dernière ses objectifs d'"élévation du niveau général" et de "justice sociale", et s'est montré parfois agacé par la "doxa" des oppositions.

Ce poids lourd de la macronie a notamment peu apprécié les reproches, selon lui "sous-jacents", sur son passé de directeur général de l'enseignement scolaire sous Nicolas Sarkozy. La droite lui a reproché en substance d'avoir changé et la gauche, raillant le "professeur Blanquer", de ne pas avoir changé.

Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer lors d'une visite d'école, le 18 janvier 2019 à Saint-Sozy
Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer lors d'une visite d'école, le 18 janvier 2019 à Saint-Sozy
POOL/AFP/Archives

Pour M. Blanquer, la mesure phare du texte sur le passage de l'instruction obligatoire de 6 à 3 ans est un "marqueur républicain".

Cette mesure qui devrait concerner 26.000 enfants dès la rentrée 2019, a notamment été critiquée à droite au nom de la "liberté de choix des parents", et en raison des conséquences financières pour les communes.

- Ministre consentant -

Mesure inattendue: les députés ont complété et adopté un amendement d'Eric Ciotti (LR) rendant obligatoire la présence dans les classes du drapeau tricolore et du drapeau européen, ainsi que des paroles de l'hymne national.

Des "marcheurs", pour qui les drapeaux au fronton des écoles étaient suffisants, ont été, selon l'un d'eux, "un peu surpris" par cette mesure qui a eu l'aval du ministre. A gauche, des élus ont reproché à la majorité de parler plus de "chiffons" que d'école.

Les drapeaux français et européen sur le fronton d'une école près de Lille en septembre 2014
Les drapeaux français et européen sur le fronton d'une école près de Lille en septembre 2014
AFP/Archives

D'autres amendements venus de la droite, et auxquels M. Blanquer ne s'est pas montré hostile sur le fond, ont en revanche été retoqués, sur le port de l'uniforme, ou du voile par les accompagnateurs scolaires.

Signé à nouveau par Eric Ciotti, l'amendement sur le voile a suscité des tensions, certains "marcheurs" craignant que la majorité ne tombe dans "un piège évident tendu par la droite". Après une discussion au sein de la majorité, le ministre a appelé à voter contre, au nom de "l'efficacité".

Pour Boris Vallaud (PS), avec sa "bienveillance" sur les drapeaux ou le voile, le ministre a donné "à voir ce qui était sa ligne politique". Elsa Faucillon (PCF) a aussi déploré que les sujets d'égalité aient été "déviés" vers l'identitaire, avec "le consentement" du ministre.

Un autre ajout au texte, venu cette fois de LREM, a aussi fait couler beaucoup d'encre: le remplacement des mentions "père" et "mère" par "parent 1" et "parent 2" dans les formulaires scolaires, pour une reconnaissance de l'homoparentalité - un vote contre l'avis du gouvernement. La droite y a vu une mesure "dogmatique" et "discriminatoire".

Le ministre a jugé la formulation "pas idéale" et la corapporteure Anne-Christine Lang (LREM) compte proposer en nouvelle lecture la possibilité d'entourer les bonnes mentions parmi "père, père, mère, mère".

D'autres mesures ont aussi été contestées à gauche, comme les nouvelles écoles internationales ou le pré-recrutement d'enseignants parmi les assistants d'éducation (ex-"pions") qui préparent les concours de recrutement - dispositif "éminemment social" selon M. Blanquer, mais vu comme une "précarisation".

Le regroupement des classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles au sein d'établissements "des savoirs fondamentaux" a aussi suscité des inquiétudes quant au sort des écoles rurales, tandis que le nouveau Conseil d'évaluation de l'école a soulevé des réserves sur son "indépendance".

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