Le projet de loi mobilités au Sénat: une « boîte à outils » pour améliorer les déplacements
Le Sénat entame mardi l'examen en première lecture de la Loi d'orientation des mobilités (LOM), censée répondre au double défi de...

Le projet de loi mobilités au Sénat: une « boîte à outils » pour améliorer les déplacements

Le Sénat entame mardi l'examen en première lecture de la Loi d'orientation des mobilités (LOM), censée répondre au double défi de...
Public Sénat

Par Véronique MARTINACHE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le Sénat entame mardi l'examen en première lecture de la Loi d'orientation des mobilités (LOM), censée répondre au double défi de la réduction de la fracture territoriale en matière de transports et de l'urgence environnementale, sur fond de crise des "gilets jaunes".

Le vote sur l'ensemble du texte aura lieu le 2 avril, puis le projet de loi ira à l'Assemblée nationale avant une adoption prévue en juillet.

Voici les principales mesures du texte présenté par le gouvernement comme "une boîte à outils" à disposition des élus et opérateurs de transports, amendé en commission par les sénateurs qui font de la question des moyens financiers une priorité.

- Programmation sans financement ? -

La LOM défendue par la ministre des Transports Elisabeth Borne "n'est pas financée", s'est insurgé le président de la commission de l'Aménagement du territoire, Hervé Maurey (centriste).

Symboliquement, la commission a déplacé au début du texte l'article 30, consacré à la programmation des investissements de l'Etat dans les transports pour les dix prochaines années, marquée par la priorité donnée aux transports du quotidien et à l'entretien des réseaux existants.

Les sénateurs ont inscrit "le principe d'une sanctuarisation" des ressources de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf) et lui ont affecté "l'intégralité du produit de la taxe sur les carburants décidée en 2014", à hauteur de 1,2 milliard d'euros.

- Compétences des collectivités -

Tout le territoire sera couvert par des "autorités organisatrices de la mobilité", communautés de communes ou régions, qui auront pour mission de coordonner les modes de déplacements sur leur territoire.

Ces autorités pourront subventionner les offres de covoiturage et réserver l'usage de certaines voies de circulation au covoiturage ou aux véhicules les moins polluants.

Elles pourront mettre en oeuvre des services de mobilité à caractère social ou verser des aides individuelles pour des publics ciblés (jeunes, seniors, chômeurs...)

Les régions devront veiller à ce que les usagers disposent d'un service d'information sur l'ensemble des modes de déplacements sur leur territoire.

- Forfait "mobilités durables" -

Un forfait "mobilités durables", d'un montant maximum de 400 euros, est créé pour que les employeurs qui le souhaitent puissent encourager les déplacements domicile-travail à vélo ou en covoiturage.

En commission, les sénateurs ont permis le cumul de ce forfait avec le remboursement des frais de transports en commun, et, pour le covoiturage, l'ont ouvert aux conducteurs.

- Plan vélo -

Pour lutter contre le vols des vélos, le texte prévoit un marquage obligatoire et la création d'un fichier national. Il impose à la SNCF et à la RATP la réalisation de stationnements vélos sécurisés avant le 1er janvier 2024.

- Voitures électriques -

Pour favoriser les voitures électriques, le texte rend obligatoire le pré-équipement de bornes de recharge dans tous les parkings de plus de 10 places des bâtiments neufs ou rénovés, et l'équipement de tous les parkings de plus de 20 places des bâtiments non résidentiels d'ici à 2025. Le "droit à la prise" (droit d'équiper une place de stationnement d'une installation dédiée à la recharge d'un véhicule électrique) est étendu.

- Lutte contre la pollution -

Les agglomérations de plus de 100.000 habitants pourront mettre en place des "zones à faible émission" (ZFE) interdisant la circulation de certains véhicules polluants dans certaines zones et à certaines heures.

- Nouvelles mobilités -

Les autorités organisatrices pourront réguler les nouveaux services de déplacement (trottinettes, vélos, gyropodes...). La commission a introduit la possibilité pour les collectivités de les soumettre à un régime d'autorisation préalable.

- Véhicules autonomes -

Le texte habilite le gouvernement à légiférer par ordonnance pour encadrer l'essor des véhicules autonomes. Les sénateurs ont réduit en commission le délai d'habilitation de 24 à 12 mois.

- Sécurité des passages à niveau -

La commission a introduit dans le texte des mesures visant à renforcer la sécurité des passages à niveau.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le projet de loi mobilités au Sénat: une « boîte à outils » pour améliorer les déplacements
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Le projet de loi mobilités au Sénat: une « boîte à outils » pour améliorer les déplacements
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Le projet de loi mobilités au Sénat: une « boîte à outils » pour améliorer les déplacements
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le