Le PS, « à terre », va tenter de sauver les meubles dimanche
"Tout reconstruire du sol au plafond": après la débâcle du premier tour des législatives, c'est un long et douloureux travail de...

Le PS, « à terre », va tenter de sauver les meubles dimanche

"Tout reconstruire du sol au plafond": après la débâcle du premier tour des législatives, c'est un long et douloureux travail de...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

"Tout reconstruire du sol au plafond": après la débâcle du premier tour des législatives, c'est un long et douloureux travail de refondation qui attend le Parti socialiste, mais sa priorité immédiate cette semaine est de tenter de porter le maximum de députés à l'Assemblée dimanche.

Sur les 413 candidats investis par le PS, seuls 65 ont réussi à se qualifier pour le second tour du scrutin. Dimanche, il pourraient n'être que 15 à 25 à être élus, selon des sources parlementaires.

L'existence même d'un groupe PS n'est pas garantie, alors que "14 candidats sont en position très favorables, pour six très serrés, et 10 encore jouables", selon une de ces sources.

"On est à terre, décapité, éclaté", a commenté l'ancien secrétaire d'Etat Thierry Mandon sur RTL, appelant le PS à "bosser" et à "donner les clés à une nouvelle génération".

Lundi matin, il flottait comme une atmosphère de deuil autour du Bureau national du PS. "Vous venez voir mourir la bête ? Elle n'est pas morte. Du moins pas encore !", a ironisé le député européen Emmanuel Maurel à son arrivée rue de Solférino.

"Le pronostic vital du PS est engagé", a de son côté jugé le frondeur Alexis Bachelay, qui s'est attiré les foudres de ses camarades en affirmant à la presse, à propos du premier secrétaire du PS, battu dans sa circonscription de Paris: "On ne va pas demander la tête de Jean-Christophe Cambadélis, elle a déjà roulé hier dans la sciure !"

- Rendez-vous le 24 juin -

Selon un participant, le Bureau national a donné lieu à quelques échanges tendus, certains intervenants pointant notamment la "cacophonie" qui a perduré pendant les législatives sur la ligne du PS.

Mais globalement, selon un autre, les couteaux sont restés aux vestiaires, alors que nombre de poids lourds étaient retenus dans leurs circonscriptions pour la campagne du second tour. "La grande explication à venir ce sera la semaine prochaine", a glissé le premier secrétaire fédéral de Paris, Emmanuel Grégoire.

Le Conseil national (parlement du PS) doit se réunir le 24 juin, avec notamment au menu des discussions un débat sur la séquence électorale qui vient de s'écouler et une mise au point sur le calendrier des mois à venir, selon une des porte-parole du PS, Corinne Narassiguin. D'après les statuts du parti, un Congrès doit normalement se tenir dans les six mois qui suivent les élections présidentielle et législatives.

Entamé durant le quinquennat de François Hollande, le divorce entre la base militante du parti et ses représentants au Parlement pourrait s'accentuer. "Ceux qui vont être élus sont ceux qui n'ont pas eu à affronter de candidat de La République en marche. Cela n'en fait pas les plus crédibles pour prétendre rependre la main pour reconstruire le PS", a souligné Mme Narassiguin.

Mais la clarification sur la ligne du parti pourrait intervenir dès la fin du mois de juin, à l'occasion du vote de la confiance au gouvernement et des lois d'habilitation permettant de modifier le code du travail par ordonnances: "le PS sera au pied du mur", a estimé Emmanuel Maurel, qui souhaiterait que le Conseil national tranche sur ces questions.

Autre chantier en cours, celui des finances du parti, alors que la dotation publique du PS devrait passer de 28 millions d'euros (en 2012) à "un peu moins de dix millions d'euros", selon un responsable du parti. La direction du PS pourrait mettre sur pied un plan de départ des salariés et n'exclut pas de vendre ou d'hypothéquer son siège.

Malgré sa cuisante défaite, la question de la succession de Jean-Christophe Cambadélis pourrait ne pas être ouverte dans l'immédiat. "Pour le moment, ce n'est pas la peine d'ajouter à la confusion. Je ne vois pas qui pour le remplacer", a souligné l'ancienne ministre Laurence Rossignol.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le PS, « à terre », va tenter de sauver les meubles dimanche
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le