Le PS dépose une motion de censure pour refuser que « le débat politico-médiatique tourne autour des thèses de l’extrême droite »
Invité de la matinale de Public Sénat, Stéphane Troussel, porte-parole du Parti socialiste, est revenu sur le dépôt à venir d’une motion de censure par son parti. Une manière pour les socialistes de réaffirmer leur opposition au gouvernement et à la reprise des « thèses de l’extrême-droite ».
Après avoir renoncé à censurer le gouvernement sur le budget, les socialistes tenteront cette semaine de faire tomber le gouvernement de François Bayrou. Cette motion de censure doit marquer l’opposition des socialistes à l’utilisation du terme de « submersion migratoire » par le Premier ministre et aux discussions sur la remise en cause du droit du sol, notamment à Mayotte. Pour Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis et porte-parole du PS, « il faut dire à quel point cette dérive est insupportable ».
« Je n’imagine pas que les socialistes ne se rassemblent pas pour dire leur opposition aux thèses de l’extrême droite »
« Oui, nous déposons une motion de censure », assure Stéphane Troussel sans préciser la date de dépôt de celle-ci. Si le parti socialiste avait décidé de ne pas censurer le gouvernement sur le budget après avoir obtenu plusieurs concessions de la part de l’exécutif, le parti à la rose rappelle qu’il fait partie de l’opposition et qu’il refuse que « le débat politico-médiatique tourne autour des thèses de l’extrême droite ». Néanmoins, les chances de succès sont faibles puisque le Rassemblement national a annoncé qu’il ne voterait pas la motion de censure. Le principe de la censure fait pourtant débat chez les socialistes. Le député européen, Raphaël Glucksmann, a notamment déclaré qu’il ne fallait pas « jouer avec la survie des gouvernements » affirmant qu’il ne voterait pas la motion de censure s’il était député. « Je n’imagine pas que les socialistes ne se rassemblent pas pour dire leur opposition aux thèses de l’extrême droite », s’étonne le président du département de Seine-Saint-Denis.
Le NFP au bord de la rupture
Une motion de censure qui devrait également permettre aux groupes de gauche de se réunir alors que le Nouveau Front Populaire est au bord de l’implosion. Dans un entretien accordé à la Tribune du dimanche, Jean-Luc Mélenchon qualifie de « toxique » l’alliance avec le Parti socialiste qui n’a pas voté les motions de censure de la France insoumise.
« Alors que les vents réactionnaires gagnent partout en Europe, nous voilà à commenter les coups de sang de Jean-Luc Mélenchon », déplore Stéphane Troussel qui soupçonne le leader de la France insoumise de vouloir s’assurer l’hégémonie à gauche. « Il rêve d’un Parti socialiste qui reviendrait à cette ligne social-libérale de la loi travail », souligne le porte-parole du PS. Les lignes devraient bientôt être tranchées puisqu’un congrès du PS aura lieu en juin a annoncé, hier, Olivier Faure.
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