Le PS en Congrès ce week-end: « renaissance » ou ultimes convulsions?
Première étape de la "renaissance" souhaitée par son nouveau premier secrétaire Olivier Faure, ou dernières convulsions d'un...

Le PS en Congrès ce week-end: « renaissance » ou ultimes convulsions?

Première étape de la "renaissance" souhaitée par son nouveau premier secrétaire Olivier Faure, ou dernières convulsions d'un...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

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4 min

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Première étape de la "renaissance" souhaitée par son nouveau premier secrétaire Olivier Faure, ou dernières convulsions d'un parti agonisant ? Un peu moins d'un an après la Bérézina du printemps 2017, le PS tient samedi et dimanche son 78e Congrès.

Point d'enjeu électoral à ce rassemblement, qui devrait réunir environ 1.000 personnes aux Docks d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis): les scrutins militants des 15 et 29 mars, qui se sont déroulés sans incident majeur, ont consacré la large victoire d'Olivier Faure et de ses partisans à la tête du PS et dans les fédérations.

Mais la réunion devrait donner un avant-goût de ce que sera le nouveau PS, selon l'entourage de M. Faure.

Ainsi la journée de samedi sera-t-elle marquée par une séquence européenne ouverte par le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol, Pedro Sanchez. Olivier Faure, qui fait de la question européenne le premier chantier du parti, a voulu "inviter cette gauche progressiste qui se relève à travers toute l'Europe", a-t-on expliqué.

Dimanche, plusieurs tables rondes ouvertes à la société civile se tiendront sur les thèmes des réfugiés, de l'écologie et des services publics.

- Des questions à trancher -

Mais le point culminant du week-end sera le discours de clôture du député de Seine-et-Marne, dimanche à 11H45, qui sera scruté tant sur le fond que sur la forme.

"Il va falloir qu'Olivier Faure emballe la salle, et qu'il donne une direction", souligne Emmanuel Maurel, représentant de l'aile gauche du PS, pour qui les intentions du nouveau premier secrétaire "restent peu claires".

S'il s'est efforcé durant sa campagne de repositionner le PS "au coeur de la gauche", M. Faure a aussi fait le choix de ne pas trancher d'emblée nombre de débats qui traversent le parti, préférant proposer à ses camarades d'organiser durant les deux ou trois prochaines années une série de chantiers thématiques, qui se concluront par des votes ouverts aux militants et aux sympathisants, moyennant un euro.

Le président du groupe Nouvelle Gauche se sait attendu au tournant. Lucide sur l'état de délabrement du PS, et sur son absence de notoriété personnelle, il est néanmoins convaincu que "le PS n'a pas été remplacé" et veut croire qu'il peut encore "surprendre" les Français.

"Comme vos prédécesseurs l'ont écrit après Epinay (le congrès fondateur du PS, en 1971, NDLR), décrivant ce congrès comme un théâtre d'ombres, vous écrirez sans doute que nous sommes à nouveau un théâtre d'ombres; mais vous verrez que ces ombres vont continuer à avancer, et dans l'ombre de ceux qui nous ont précédés, nous allons demain trouver à nouveau des raisons de vous faire espérer", a-t-il lancé, lyrique, à la presse la semaine dernière.

- Frémissement-

Un sondage Ifop-Fiducial paru cette semaine montre d'ailleurs un frémissement favorable au PS dans l'opinion. 13% des Français pensent désormais qu'il incarne le mieux l'opposition au président Emmanuel Macron, contre 8% en février.

Mais la bataille va être rude pour les socialistes, concurrencés sur leur gauche par Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, et sur leur droite par la République en marche.

"Je pense (...) que le Parti socialiste va demeurer un parti d'appoint", qu'il "va stagner entre 5 et 10%", a ainsi estimé jeudi sur Public Sénat l'ancien sénateur PS François Patriat, un des premiers à avoir rejoint Emmanuel Macron.

M. Faure ambitionne pour sa part de remettre le PS, contraint de vendre son siège historique pour assainir ses finances, au centre du jeu à gauche d'ici 2020 ou 2021. Quant à 2022, c'est un horizon encore lointain. Pourrait-il être candidat à la présidentielle ? "Ce n'est pas dans cet état d'esprit qu'il est premier secrétaire. Personne ne l'a choisi comme tel", tranche auprès de l'AFP l'ancien ministre Michel Sapin, resté très proche de François Hollande.

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