Le PS menace de censure François Bayrou : « Il faut que chacun fasse un pas », enjoint Hervé Marseille

Alors que les socialistes continuent de réclamer des engagements supplémentaires de la part de François Bayrou sur une éventuelle remise en chantier de la réforme des retraites, Hervé Marseille, le patron des sénateurs centristes, appelle à la fois les oppositions et le gouvernement à trouver des « compromis » au nom de la stabilité.
Romain David

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Les socialistes vont-ils voter ou non la censure du gouvernement Bayrou ? Le parti à la rose a jusqu’à jeudi, date de l’examen de la motion de censure déposée par La France insoumise, pour dégager une ligne de conduite alors que le discours de politique générale du Premier ministre, a été jugé décevant par la plupart des élus. Initialement, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, exigeait une suspension de la réforme des retraites. Sans l’évoquer directement, le chef du gouvernement s’est engagé à ouvrir avec les organisations patronales et syndicales un « conclave » de trois mois sur ce sujet, « sans tabou », notamment sur l’âge de départ. Si aucun accord n’est trouvé, le dispositif adopté au forceps en 2023 continuera de s’appliquer.

Mais le patron des socialistes réclame désormais « une réponse claire » sur le fait de soumettre au Parlement une nouvelle réforme, quelle que soit l’issue des discussions entre les partenaires sociaux et le patronat. « Ce que je demande au Premier ministre, c’est qu’il soit clair et qu’il dise que, qu’il y ait accord ou pas accord, le Parlement sera saisi de la question des retraites sur la base des propositions qui auront été faites par les uns et par les autres », a-t-il expliqué sur TF1.

Interrogé par Public Sénat, le président de l’UDI, Hervé Marseille, également chef de file des centristes du Sénat et soutien de François Bayrou, se veut plutôt confiant. « Ce qu’il faut, c’est trouver un point d’accord avec la gauche républicaine, celle qui a tendu la main et qui attendait des réponses concernant les retraites. Je crois que ce qui a été engagé est de nature à permettre un dialogue et surtout à permettre au gouvernement de pouvoir gouverner », estime l’élu des Hauts-de-Seine. « Chacun doit prendre sa part de responsabilité. Chacun ne peut pas rester sur sa ligne en disant il faut venir sur ma ligne, sinon ça ne va pas le faire. Il faut que chacun fasse un pas, fasse un compromis et qu’encore une fois, on essaie de retrouver de la stabilité », enjoint-il.

Une réforme « perfectible »

« À l’Assemblée, il y a trois blocs qui sont inconciliables. Si l’on ne veut pas dépendre du Rassemblement national, il faut trouver un accord avec la gauche républicaine. Je gage, j’espère, que cette proposition du Premier ministre sera entendue et qu’il n’y aura pas de motion de censure et que le gouvernement va pouvoir dépasser le stade budgétaire et pouvoir gouverner », explique Hervé Marseille.

« La réforme des retraites a été adoptée par le Parlement (après déclenchement du 49.3, ndlr) et tout le monde s’accorde à dire qu’elle est perfectible. Il y a une espèce de frustration à n’avoir pas pu prolonger la discussion concernant les carrières longues, la pénibilité et les seniors », concède Hervé Marseille. « Ce que propose le Premier ministre, c’est de rouvrir le chantier, d’aller vers les partenaires sociaux, ce qui n’avait pas été fait durant les années passées. Et là, c’était peut-être une erreur. »

Pour le reste, le sénateur estime que la feuille de route esquissée au Palais Bourbon par le Premier ministre – qui se pliera de nouveau à cet exercice devant le Sénat ce mercredi 15 janvier – « répond à [ses] attentes ». Il salue notamment les engagements pris sur les finances des collectivités territoriales, avec une réduction des économies initialement demandées. « Le prélèvement attendu sur les collectivités est au niveau de ce que le Sénat avait proposé, soit autour de 2 milliards, avec une volonté de décentralisation qui, évidemment, ne m’a pas étonné de la part de François Bayrou », se félicite Hervé Marseille.

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