Dans l’état-major socialiste, la suite est claire : cap sur les législatives de juin, en appelant les différentes familles de gauche à s’unir. Mais plusieurs cadres épinglent déjà l’attitude de Jean-Luc Mélenchon pour le second tour.
Le PS veut se relever dans une gauche unie
Dans l’état-major socialiste, la suite est claire : cap sur les législatives de juin, en appelant les différentes familles de gauche à s’unir. Mais plusieurs cadres épinglent déjà l’attitude de Jean-Luc Mélenchon pour le second tour.
L’atterrissage est brutal pour le Parti socialiste. Un demi-siècle après sa renaissance au congrès d’Épinay, le parti à la rose, qui a envoyé deux hommes à l’Élysée, est à terre. Sa candidate, Anne Hidalgo, chute au premier tour avec 1,7 %. Le visage défait, le sénateur Rémi Féraud, ancien maire d’arrondissement de la capitale, constate qu’elle paie la petite musique sur le vote utile. « Le résultat annoncé par les sondages se concrétise par des effets autoréalisateurs », réagit-il. « De tels scores n’arriveraient évidemment pas dans une démocratie dont l’esprit serait d’abord parlementaire. »
« C’est la démonstration que le vote a fonctionné à plein ce soir », reconnaît également Patrick Kanner, le président du groupe socialiste au Sénat. « Je ne suis pas bien ce soir, je suis triste pour ma famille politique. »
Appel à un « pacte » des partis de gauche pour les législatives
Entre les murs du Poinçon, le café-restaurant qui accueillait ce soir la soirée électorale du PS, certains visages rappellent la détresse qui s’exprimait un certain 21 avril 2002. Pour la troisième fois en 20 ans, l’extrême droite se qualifie au second tour « Il faut qu’on se réveille, collectivement. » Julie, une militante socialiste, accueille les larmes aux yeux la conclusion de cette campagne présidentielle particulière.
Sonné par la faiblesse historique de son résultat, le PS pense déjà à l’après et vise les élections législatives de juin. « Ce qui est plus frappant, c’est l’ensemble des scores de la gauche. C’est l’ampleur du travail qui nous attend maintenant », se projette la sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie. À quelques kilomètres de là, le premier secrétaire du parti, Olivier Faure, admet que les socialistes devront « ouvrir les yeux », « apprendre » de leurs « échecs ». Mais le député cible également la division, « incompréhensible », de la gauche. Il lance un appel « solennel » au rassemblement, pour construire « un pacte pour la justice sociale et écologique » et un « pôle de résistance aux réformes libérales portées par le président de la République ».
« Il n’y aura pas de rassemblement derrière la France insoumise », prévient Carole Delga
Au-delà de ce rêve d’alliance électorale viendra la phase de la « reconstruction ». Lorsqu’elle définit à quoi ressembleraient les « Etats généraux de la gauche républicaine », Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, évoque la « gauche qui appelle à voter Emmanuel Macron dès le soir du premier tour, qui ne tergiverse pas, la gauche qui lutte contre le communautarisme, qui n’a aucune faiblesse sur la laïcité ». Bref, la présidente de région la mieux réélue l’an dernier ne veut pas voir le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, et ses plus de 22 % de voix, dans l’aventure.
« Bien sûr que non, il n’y aura pas de rassemblement derrière la France insoumise », répète la présidente de région. Les socialistes répètent en chœur qu’Anne Hidalgo a appelé à voter clairement Emmanuel Macron pour empêcher une victoire de Marine Le Pen. « Anne Hidalgo, tout de suite, n’a pas eu de pudeur de gazelle », tient à insister Marie-Pierre de la Gontrie (voir la vidéo de tête). Patrick Kanner, sur les chaînes parlementaires, fait aussi la distinction, entre les « partis de gouvernement », et « les deux extrêmes ».
Un communiqué, cosigné notamment par Carole Delga, Olivier Faure, Valérie Rabault, ou encore Johanna Rolland, appelle en tout cas à bâtir un « nouvel espace pour les idées de la gauche sociale, écologiste et républicaine ».
Comme Carole Delga, le sénateur Rémi Féraud exprime également un ressentiment tenace vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon, et d’un vote utile « totalement inefficace » puisque la porte du second tour lui échappe une fois de plus. « Il n’a rien fait de son score pour reconstruire la gauche et pour fédérer. Il arrive finalement au même résultat que la dernière fois parce qu’il n’a rien construit et qu’il a bénéficié ces dernières semaines d’un vote par défaut. »
Un score de 1,7 % « qui ne traduit pas la réalité de notre poids politique en France »
Les interlocuteurs des socialistes seront plutôt Yannick Jadot (EELV) et Fabien Roussel (PCF). Relégué dans ce premier tour dans le fond du classement des forces de gauche, le PS ménage ses concurrents d’hier. La désunion de ces derniers mois « n’est pas la faute d’un parti en particulier », souligne Rémi Féraud.
La sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie rappelle que ce type d’alliance est payante au niveau local. Les élections départementales et régionales l’ont montré il y a à peine un an. « Ce sont des unités qui tiennent, des alliances qui fonctionnent dans les collectivités locales depuis d’une vingtaine d’années. Donc c’est quelque chose qui marche, et que les électeurs valident, puisqu’ils nous réélisent », défend la sénatrice de Paris.
Anthony, un trentenaire, encarté au PS depuis ses 18 ans, se console avec cette implantation locale, qui caractérise encore son parti. « Heureusement qu’on a des bastions locaux, qui permettent d’être présent sur les territoires. » Mais pour exister au niveau national, il juge qu’il « faut à tout un groupe socialiste à l’Assemblée nationale ».
Patrick Kanner refuse lui aussi de tirer des conséquences sur ce « score très mauvais ». Un score qui « ne traduit pas la réalité de notre poids politique en France », insiste-t-il. Le PS « ne peut pas se limiter à un score d’une soirée électorale. À nous de le prouver dans les élections à venir ».
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