Bardella voeux

Le RN mise sur les municipales pour « donner du poids à la dynamique » pour 2027

S’il n’a pas d’« objectif chiffré », le RN présente « 650 listes » pour les municipales. Jordan Bardella espère ainsi « préparer le terrain » pour les élections sénatoriales de septembre 2026, puis pour l’élection présidentielle, qui doit ouvrir « une nouvelle ère faite d’ordre et de fierté retrouvée ».
François Vignal

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Télescopage de calendrier. C’est à la veille de l’ouverture du procès en appel de Marine Le Pen que Jordan Bardella, qui reprendra le flambeau en 2027 si la leader du RN ne peut pas concourir, a présenté ses vœux à la presse, ce lundi 12 janvier.

« Soutien total » à Marine Le Pen

Des vœux évidemment marqués par le calendrier judiciaire de son parti. Mais sans surprise, Jordan Bardella s’est montré bon camarade, alors que Marine Le Pen avait pu lui reprocher dans le passé un manque de soutien dans son expression. « Marine Le Pen est présumée innocente et nous allons utiliser ces semaines de procès pour démontrer la totale innocence du RN sur cette affaire » soutient l’eurodéputé RN, qui exprime avec « force (son) soutien total et (son) amitié à Marine Le Pen ».

« Il serait profondément inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d’une candidate à l’élection présidentielle, déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour et aujourd’hui donnée comme favorite incontestée du scrutin », insiste Jordan Bardella.

« Une nouvelle ère faite d’ordre, de fierté retrouvée et de prospérité pour le pays »

Politiquement, avec l’année 2026 s’ouvre toute une séquence électorale, entre « les élections municipales de mars 2026, consulaires de mai, sénatoriales de septembre prochain et, en 2027, la présidentielle et les législatives », a rappelé Jordan Bardella.

Celui qui pourrait briguer les couleurs du RN à la magistrature suprême dit avoir « la conviction » que nous sommes « à l’aube de transformations majeures, celle que le peuple attend et espère ». « Les Français seront bientôt confrontés à un véritable choix de civilisation », qui mènera, espère le président du parti d’extrême droite, à « une nouvelle ère faite d’ordre, de fierté retrouvée et de prospérité pour le pays ».

Mais dans l’immédiat, « l’année qui s’ouvre sera marquée par les municipales ». Avec « près de 650 listes », soit un total de « 25.000 candidats », le président du RN, dont le parti sera « présent dans l’ensemble des agglomérations », se réjouit d’un « nombre inédit de listes ». Il ajoute : « Nous entendons peser comme jamais dans l’ensemble des scrutins locaux ».

« Menton, Toulon, Lens, peut-être Marseille, Nice »

S’il ne se risque pas à avoir un « objectif chiffré », le RN compte sur les municipales pour asseoir son ancrage local, ce qui lui permettrait de « préparer le terrain pour les sénatoriales. Comme nous l’écrivions fin septembre, le RN espère même obtenir pour la première fois un groupe, soit au moins 10 sénateurs, contre 3 aujourd’hui, à la Haute assemblée. Pour cela, il faudra quelques gains significatifs. « On a beaucoup cité dans la presse Menton, Toulon, Lens, peut-être Marseille, Nice avec Eric Ciotti », énumère-t-il, sans oublier les villes déjà détenues, comme Perpignan ou Hénin-Beaumont.

Mais une réussite locale mettrait aussi la fusée RN dans les meilleures conditions pour 2027. « Nous pouvons non seulement remporter un certain nombre de municipalités dans quelques semaines et nous pourrons être le parti qui succédera à Emmanuel Macron dans moins de 15 mois », espère Jordan Bardella, qui ajoute que « le fait de remporter des municipalités à quelques mois de la présidentielle va évidemment donner du poids à la dynamique et à l’enracinement du RN. Et ça va permettre à de nouveau profils d’émerger ».

« Sur les brebis galeuses, il faut redescendre un petit peu »

Des profils plus présentables que ceux souvent apparus dans les scrutins passés, ces « brebis galeuses », contre lesquels le RN a tenté de faire le ménage lors des législatives 2024. Il en a alors pourtant laissé passer. Et visiblement, le ménage n’est pas totalement fini. Pour ces municipales, Mediapart a en effet identifié une « douzaine de candidats » RN « déjà épinglés pour des propos racistes, antisémites ou homophobes ». « Sur les brebis galeuses, il faut redescendre un petit peu », a rétorqué Jordan Bardella, interrogé sur le sujet. « Devient maintenant une brebis galeuse, à vos yeux, quelqu’un qui est opposé à l’immigration massive, […] ce qui va faire en France beaucoup de brebis galeuses, donc un très grand troupeau », a balayé d’un revers de main le président du RN, assurant avoir « toujours été intransigeant à l’égard de personnes qui pouvaient tenir des propos qui ne correspondent ni à nos valeurs, ni à notre ligne. J’ai demandé à la CNI d’être très strict ». Il insiste : « Lorsqu’il y a des cas, qui tiennent des propos pas conformes à la ligne politique, aux valeurs, elles ne sont plus candidates du RN ». Et d’appeler aux mêmes vérifications avec les autres partis politiques.

Reste que ce genre de candidat devrait continuer à venir contredire le discours de dédiabolisation porté maintenant depuis plusieurs années pour le parti. Un discours dont l’objectif est la conquête du pouvoir. « L’alternance, nous nous y préparons, nous y sommes prêts », assure Jordan Bardella. Mais lui, est-il vraiment prêt ? C’est souvent l’accusation qui lui est faite, de manquer de fond ou d’expérience, surtout dans le monde actuel, aux dangers multiples. Le président du RN y voit « un mépris de classe et un mépris social », estimant, dans une forme de pirouette dont il a pris l’habitude, que « ça, ce sont les Français qui jugeront ».

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