Le Sénat adopte à contrecœur le budget de la Défense
Malgré l’abstention des Républicains, des socialistes ou encore des centristes, les crédits de la Défense pour 2018 ont été adoptés par le Sénat jeudi soir.

Le Sénat adopte à contrecœur le budget de la Défense

Malgré l’abstention des Républicains, des socialistes ou encore des centristes, les crédits de la Défense pour 2018 ont été adoptés par le Sénat jeudi soir.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

En début de semaine par la voix de son président, le sénateur LR Christian Cambon,  la commission des affaires étrangères et de la Défense du Sénat s’était « inquiétée de la  sincérité » du budget de la Défense pour 2018. En effet, l’augmentation de 1,8 milliard d’euros du budget des armées pour l’année prochaine, ne peut être dissociée, selon la commission, « des trop nombreuses dépenses non financées, report, suppression, gel de crédits qui rendent bien aléatoire l’effort annoncé » a justifié Christian Cambon devant l’hémicycle.

700 millions de crédits gelés pour 2017

Christian Cambon demande le dégel de 700 millions de crédits du budget de la Défense
02:26

Point central de l’inquiétude des sénateurs : le gel de 700 millions de crédits pour 2017 alloués au programme équipement des forces de la mission Défense. « S’ils ne sortent pas rapidement du congélateur de Bercy, ils finiront par ne plus être consommables. Or, cet argent, nos soldats en ont besoin pour assurer leurs missions et leur propre sécurité (…) Nous nous interrogeons. Quelle est la valeur du vote du Parlement ? Nous avons voté ces crédits ici, il y a un an. Où sont-ils ? Bloqués par des arbitrages gouvernementaux » a rappelé le président de la Commission de la Défense tout en louant « la pugnacité personnelle » de Florence Parly pour obtenir ces crédits. Cet été, l’annonce de l’annulation de 850 millions d'euros de crédits avait provoqué l’ire puis la démission fracassante du chef d’État-major des armées, le général de Villiers.

« Je n’ai jamais rien lâché sur le budget des armées »

Florence Parly « Je n’ai jamais rien lâché sur le budget des armées »
02:24

« Je n’ai jamais rien lâché sur le budget des armées. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer (…) des arbitrages sont en cours (…) Mais ce que je peux vous dire, c’est que ces crédits n’ont pas fait l’objet d’une décision d’annulation. C’est déjà une première étape » a tenté de rassurer la ministre des Armées, Florence Parly. La ministre a rappelé à la tribune les objectifs du quinquennat en matière de Défense : un budget en augmentation de 1,7 milliard chaque année, jusqu’en 2022, pour atteindre 2% du PIB en 2025.

Une approche comptable remise en cause par le rapporteur spécial de la commission des finances, le sénateur LR, Dominique de Legge. « Pour atteindre cet objectif, il faudrait une majoration annuelle régulière de 2,25 milliards par an pendant 8 ans. Or, vous nous proposez 1,8 cette année et 1,7 jusqu’en 2022 pour atteindre 40 milliards à cette date. C’est donc un effort de 2 milliards qui devrait être porté pour les trois années suivantes (…) Je ne puis que déplorer, une fois encore, le renvoi de l’effort à plus tard, soit au prochain quinquennat ».

Pour l’année prochaine, l’ensemble du budget de la Défense s’élève à 34, 2 milliards. Mais au vu des doutes des parlementaires sur sa sincérité, Les Républicains, les socialistes, les centristes et les Indépendants (Constructifs du Sénat) ont, tour à tour, annoncé qu’ils s’abstiendraient. Les communistes ont, eux, voté contre.

Dans un hémicycle déserté, mais grâce aux voix du groupe LREM et RDSE, le Sénat a finalement adopté les crédits de la Défense pour 2018.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
6min

Politique

François Ruffin tenté par la primaire du PS, mais rabroué par Raphaël Glucksmann : que disent les règles de participation à ce scrutin ?

François Ruffin espère participer à la primaire co-organisée par le Parti socialiste, une idée que laisse prospérer Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Présenté comme le favori de cette primaire, Raphaël Glucksmann défend le mode d'organisation actuel, et rappelle que le principe d’un scrutin limité à l’arc social-démocrate a été validé par un vote des militants socialistes.

Le

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le